Suite des réactions à l'affaire Frédéric Minvielle
L'histoire de Frédéric Minvielle continue de faire réagir, et ce dans de nombreux pays.
En France, Homosexualités et socialisme (HES), proche du PS, en a profité pour rappeler que "la France doit reconnaître les unions juridiquement valides dans d'autres États". L'association "prend acte de la dénonciation du chapitre I de la Convention de Strasbourg par le gouvernement français, qui sera de nature à éviter qu'une situation identique à celle de Frédéric Minvielle ne se reproduise. Néanmoins, HES estime qu'il appartient aux gouvernements et à l'Union européenne de proposer des dispositions nouvelles", pour que les mariages homos à l'étranger soient pris en compte en tant que tels par l'ensemble des autres États de l'Union: "Une condition nécessaire pour que la libre circulation des citoyens européens, principe fondamental du droit communautaire, soit pleinement appliquée." De son côté, l'association des homos de l'UMP, GayLib juge la situation "inutilement blessante, humiliante et discriminante". "Frédéric Minvielle aurait pu conserver sa nationalité française sans être considéré d'office comme célibataire". Et le groupe homo de l'UMP d'annoncer avoir trouvé la solution pour lui permettre de retrouver la nationalité française: "Mettre en œuvre l'Union présentée aux Français dans le programme de Nicolas Sarkozy et que de nombreux citoyens réclament légitimement", estime l'association. Et "pour que ne subsiste aucune ambiguïté sur l'absence de motivation homophobe de la France" dans cette affaire, "GayLib recommande fortement au gouvernement de procéder à la reconnaissance officielle de la Journée mondiale contre l'homophobie, le 17 mai". À l'étranger, la presse n'est pas tendre pour la façon dont la France a traité Frédéric Minvielle. Le magazine Time et CNN se moquent d'un gouvernement qui essaye à tout prix de ne pas aborder la question de l'accès des couples de même sexe au mariage, "alors que la fierté, l'histoire de progrès social du pays qui a donné naissance à la Déclaration universelle des droits de l'homme ont été oubliées, au profit de nations comme l'Espagne, la Belgique et les Pays-Bas qui ont voté des lois progressistes sur les droits des gays. Les Français ont pris du retard", écrit Time. Même son de cloche en Allemagne au Süddeutsche Zeitung et au Tageszeitung. Les réactions aux Pays-Bas ne sont pas plus tendres. La presse se gausse d'une France, vue comme réactionnaire et arriérée. Même le très conservateur Telegraaf est choqué. Frank van Dalen, président de la principale association gay néerlandaise, le COC, demande au gouvernement de renégocier avec la France tous les traités bilatéraux et de préciser que les mariages sont "sexuellement neutres", ce qui pousserait la France à enfin reconnaître les mariages célébrés aux Pays-Bas, dont ceux entre personnes de même sexe. "Ainsi la France n'a pas à mettre en place un mariage ouvert aux gays chez elle, mais au moins peut-on éviter que de tels problèmes se reproduisent." Van Dale rappelle que de nombreux couples néerlandais résidant en France sont toujours considérés comme célibataires, et que cela entraîne de nombreuses discriminations concrètes pour ces personnes. En Espagne, où le mariage des couples homos est également permis, l'affaire Minvielle a aussi été largement reprise par les médias. La Felgt, fédération d'associations, considère elle qu'il est urgent que l'on prenne des mesures pour éviter que les lesbiennes et gays ne se retrouvent sans protection, et que l'on reconnaisse les mariages homosexuels dans l'espace européen. "L'union européenne doit se saisir de ce dossier pour que les mariages homosexuels soient reconnus partout dans l'Union. Il faut que l'Europe mette fin à cette discrimination: notre citoyenneté n'est pas complètement reconnue au plan international."











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