Revue de presse: "Pas de pitié pour les propos homophobes, au PSG ou ailleurs"
Quand les minorités interrogent le "mainstream": en France comme ailleurs, les revendications identitaires sont l'objet d'âpres débats dans l'espace public.
Suite aux banderoles déployées, le 21 février, par les supporters bastiais "On n'est pas raciste, la preuve, on t'encule" à l'encontre du joueur Boubacar Kébé de l'équipe de foot de Libourne, peu de médias ont noté le caractère homophobe d'une telle insulte… Alors même que les jours précédents, l'ensemble de la presse se mobilisait contre le racisme. Dès le lendemain pourtant, le directeur de la Ligue professionnelle de football (LFP) Jean-Pierre Hugues dénonçait le "caractère raciste, homophobe" d'une telle insulte. Quelques jours après, Bertrand Delanoë fut interrogé sur le chat de Métro par un lecteur du quotidien gratuit (26/02/2008): "Compte tenu des pratiques racistes et homophobes dans les stades de foot, et des mauvaises performances du PSG, pensez-vous maintenir leur subvention annuelle?" Réponse: "Je suis solidaire du PSG, c'est une grande équipe de foot et je ne peux doser cette solidarité avec les résultats sportifs même si je les souhaite meilleurs. En revanche, pas de pitié pour les propos ou comportements racistes ou homophobes, au PSG comme ailleurs." "L'homosexualité est davantage assumée par les sportives de haut niveau que par les hommes" En décembre 2003, Le Monde expliquait dans un long article pourquoi "l'homosexualité est davantage assumée par les sportives de haut niveau que par les hommes". En effet, dans un ouvrage collectif qui venait alors de paraître Le Sport en question, plusieurs chercheurs consacraient un chapitre au thème de l'homosexualité dans le sport de haut niveau. Avec un constat: alors que des hommes politiques ont fait leur coming out, que des joueuses de tennis, comme Martina Navratilova ou Amélie Mauresmo, des handballeuses ou des judokas assument pleinement leur préférence sexuelle pour les femmes, rares sont les sportifs masculins à reconnaître leur homosexualité... à l'exception notoire d'un Greg Louganis, quadruple champion olympique du plongeon et militant de la cause gay et lesbienne. Pourquoi ? "Une équation simpliste dans le sport consiste à assimiler sportifs, efforts, masculinité, virilité, hétérosexualité, affirment les chercheurs. Par crainte de perdre ce statut de héros qu'ils ont du mal à se forger, les sportifs gays préfèrent donc taire leur homosexualité. "Sortir du placard" leur semble impensable et inenvisageable". Mais il existe une explication plus prosaïque: Parmi les sportifs gays interrogés, "certains évoquent les recommandations de sponsors leur conseillant de "donner le change", en s'affichant par exemple de temps en temps avec des femmes. Et ceux qui n'ont pas reçu de telles directives ressentent d'eux-mêmes la nécessité de rester cachés, par crainte de perdre leurs contrats". "L'irrésistible progression des minorités aux Etats-Unis" C'est pourquoi, quand on lutte contre les discriminations, on ne devrait pas oublier les rapports de force qui existent dans notre société… En tout cas aux Etats-Unis, une révolution silencieuse est en train de se dérouler. Récemment, le quotidien économique Les Échos (18/02/2008), titrait : "L'irrésistible progression des minorités aux Etats-Unis". Dans cet article très documenté, on apprenait: "si l'on en croit les projections du Pew Research Center, les "blancs" qui font aujourd'hui les élections en raison de leur poids démographique ne vont plus dominer très longtemps l'Amérique. Dès 2050, les " purs Yankees " seront en effet minoritaires aux Etats-Unis. Certes, avec 47 % de la population contre 67 % aujourd'hui ils seront encore de loin le premier groupe ethnique du pays, mais ils seront une force descendante ". Plus de 80 % de la croissance démographique américaine dans les quatre prochaines décennies sera le fait des immigrés et de leurs descendants, estime le Pew Research Center. D'ici à 2050, à moins d'une fermeture brutale des frontières, ce sont, selon ce cabinet de recherche, 67 millions d'immigrés susceptibles de donner naissance à 50 millions d'enfants et de petits-enfants qui s'installeront sur le sol américain. Et notamment, des "Latinos". Conséquence : "Pour devenir président en Amérique demain, parler espagnol sera sans doute indispensable, explique le journaliste, Les Etats-Unis vont pratiquer de plus en plus la langue de Cervantes et seront de plus en plus attentifs aux problèmes des immigrés qui représentaient 12 % de la population en 2005 et représenteront près d'un Américain sur cinq en 2050". Ça s'appelle la realpolitik, non ?











