Revue de presse: Le prix du baril de pétrole augmente...comme l'égalité des droits?
Quand les minorités interrogent le "mainstream": en France comme ailleurs, les revendications identitaires sont l'objet d'âpres débats dans l'espace public. Revue de presse hebdomadaire.
150? 200 dollars? Le prix du baril de brut n'a pas fini d'augmenter… En plein troisième choc pétrolier, l'égalité des droits continuent pourtant d'avancer. Malgré les embûches: comme en Californie, où après que la cour suprême de l'État a statué pour le mariage ouvert aux homos, les conservateurs, en recueillant 1,1 million de signatures, ont finalement réussi à obtenir l'organisation d'un référendum en novembre prochain afin d'inscrire dans la Constitution la définition du mariage comme l'union d'une femme et d'un homme… "Les choses ont changé de façon spectaculaire en Californie" La Californie compte aujourd'hui, comme le rappelle le Los Angeles Times (03.06.08), 100 000 couples homosexuels, dont un quart avec des enfants… "Les choses ont changé de façon spectaculaire en Californie, assure de son côté David Codell, représentant d'une coalition d'organisations de défense des droits homosexuels, les Californiens ont vu depuis des années que les couples de même sexe sont en mesure de participer pleinement à la société." Espérons… Changement de décor: au Brésil, dernièrement, on assista à une triste scène: l'arrestation d'un militaire gay sur un plateau de télé. Faut dire, il avait eu la mauvaise idée de s'épancher dans le magazine brésilien Época, qui avait consacré un long dossier sur la question de l'homosexualité dans l'armée brésilienne (30.05.08). Depuis, les télés brésiliennes ont largement rapporté l'événement comme le montre ces deux vidéos trouvé sur YouTube : Sargento gay do Exército diz temer ser morto et militares gays sao presos apos super pop 2 parte. Comme quoi, un retour de bâton est toujours possible… "Un homme global à l'heure de la globalisation" En tout cas, il y en a un pour qui l'heure est maintenant venue: Barack Obama. Depuis la semaine dernière, le jeune sénateur de 46 ans est enfin le candidat officiel des Démocrates dans la course à la Maison Blanche. L'occasion pour Le Figaro (04.06.08) de consacrer un long portrait au candidat démocrate, intitulé "Obama, l'homme pressé qui a détrôné Hillary". On y apprend que ses conseillers le présentent comme "un homme global à l'heure de la globalisation". En somme, un super-héros. Mais qui ne vient pas de nulle part: "Chicago connue pour ses mœurs politiques brutales, constitue le creuset où le jeune homme qui se faisait appeler Barry a trouvé son identité. Il y a débuté modestement dans les années 1980 comme "organisateur communautaire" dans des quartiers déshérités, mais déjà mu par de hautes ambitions politiques." Et pour le journaliste du Figaro, l'erreur d'Hillary Clinton est de ne pas avoir su voir "l'armée de volontaires se soulever dans le pays. Le jeune sénateur ne l'a pas battue à la télévision ni dans de grands meetings: il l'a écrasée sur le terrain, en levant plus d'argent qu'elle auprès d'un million et demi de sympathisants…" Ce qui fait dire au journaliste qu'Obama avait un réel "enracinement". Et ce qui devrait montrer à certains que les médias ne peuvent pas tout dans la lutte pour l'égalité des droits… "Le nombre de lesbiennes sur le campus" Rien à voir, mais qui savait que la sénatrice Hillary Rodham Clinton a poursuivi ses études dans une université de filles? C'est ce que l'on apprend grâce au New York Times qui consacra le jour même de la victoire d'Obama (03.06.08) un article très sérieux sur l'ouverture des "collèges" de filles américains à l'égard du Moyen-Orient. Étudiante à l'école de Mount Holyoke, à Weerasingag, une jeune Sri-Lankaise qui a grandi à Dubaï, reconnaît ainsi que "le nombre de lesbiennes sur le campus a été le seul aspect de la culture qui a pu me choquer. (…) C'était très ouvert, notamment dans les marques d'affection. Au début, parfois j'ouvrais les yeux et je disais OK je suis à Mount Holyoke c'est différent, mais maintenant j'ai beaucoup d'amis qui sont ouvertement gays et ça ne fait aucune différence." On est rassuré... "La société grecque face à un tabou" Justement en Grèce, suite aux célébrations "illégales" de deux mariages (entre deux hommes, et deux femmes), le débat fait rage, comme le souligne Le Courrier International (04.06.08). Le quotidien To Ethnos, s'interroge : "Il est évident que la société grecque fait face à un tabou. D'un côté, la gay pride d'Athènes, qui se tiendra samedi 7 juin et qui devrait connaître une participation importante, le festival itinérant du film gay, qui parcourt la Grèce pour la première fois, des expositions, des réunions, bref une véritable sensibilisation du public, et, de l'autre, des mouvements qui s'opposent à tout cela, notamment ces habitants de l'île de Lesbos qui ont assigné en justice l'Union grecque des homosexuels et lesbiennes et qui passeront devant le juge le 10 juin prochain pour obtenir que les homosexuelles choisissent un autre nom que celui des habitantes de Lesbos!" Deux jours après la gay pride à Athènes, Le Monde (09.06.08) souligne dans un article que "l'Italie et la Grèce résistent à la reconnaissance des couples gays". Mais de son côté, The International Herald Tribune (04.06.08) souligne qu'on vient de très loin, en rappelant qu'en 1993, la télévision privée grecque Mega Channel avait été condamnée à payer 116.000 dollars par le Conseil national de radio télévision pour avoir montré deux hommes s'embrasser…Eh oui, si les médias ne peuvent pas tout pour les gays et les lesbiennes, il est tout de même difficile d'avancer sans eux…











