Revue de presse: "La tyrannie des minorités"
Quand les minorités interrogent le "mainstream": en France comme ailleurs, les revendications identitaires sont l'objet d'âpres débats dans l'espace public. Revue de presse hebdomadaire.
La semaine dernière, on pouvait apercevoir un peu partout dans les kiosques, ainsi qu'à travers des spots de publicité à la télévision, une bien drôle de une du magazine Marianne (05/04/08): "La tyrannie des minorités", titrait, d'une manière péremptoire l'hebdomadaire fondé par Jean-François Kahn. Venait ensuite une liste –ou plutôt un agrégat– quelque peu surprenante. En effet, on y trouvait: "les riches défiscalisés", "les caïds des banlieues", "les éléveurs de porcs bretons" et… "les ayatollahs gays"! " La forme primitive et tragique du terrorisme sanglant " Mais qu'est-ce que la rédaction de Marianne peut-elle bien entendre par là ? Un journaliste évoque "l'érosion du fait majoritaire" qui s'ajouterait "au déclin de la globalité politique: la notion "d'intérêt national", ou même de "bien commun", tend à s'effacer". Pour Marianne, cette situation s'explique par le poids grandissant des minorités. Rien de moins! Et l'hebdo ne fait pas dans la nuance: "Si, dans la majeure partie du monde, la tyrannie des minorités continue de prendre la forme primitive et tragique du terrorisme sanglant, elle s'impose dans l'Hexagone par des méthodes de plus en plus pacifiques grâce à deux alliés principaux: le droit et les médias. À défaut de rassembler assez pour peser arithmétiquement, les intérêts minoritaires jouent de la "gonflette", en se cachant derrière le paravent d'associations qui savent pallier l'absence de membres par la collecte de subventions publiques que les élus n'osent pas leur refuser." Bien sûr, dans cet article, on n'apprendra pas pourquoi, aujourd'hui, toute mobilisation politique a bien du mal à peser arithmétiquement… "Un groupuscule de robespierristes gays" Et dans un article annexe intitulé "Un groupuscule de robespierristes gays", un autre journaliste dresse un portrait paniqué de l'association Act Up: "Qui n'était pas d'accord avec Act Up était contre Act Up. Autant dire homophobe puisque très vite l'association s'est enracinée dans une identité "pédé séropositif" (…) une logique paranoïaque qui a justifié une agit-prop sans nuance dont le caractère "spectaculaire" ne pouvait que séduire les gogos toujours prompts à s'enticher des dernières "modes" (…) depuis quelque temps l'association préfère se recentrer exclusivement sur une imaginaire "communauté homosexuelle" dont elle prétend incarner tous les malheurs, les aspirations, les revendications." Ce journaliste aurait pu au moins mettre à jour ses fiches! Car Act Up-Paris vient d'élire à sa tête une femme séropositive, Marjolaine Degremont, 50 ans, qui explique au magazine Regards: "Au sein de l'association, mon implication s'est notamment focalisée sur les enjeux des femmes dans l'épidémie de sida, la prévention en direction des hétérosexuels et la nécessité d'une parole publique des femmes séropositives. Mon élection s'inscrit dès lors dans la continuité du travail que poursuit depuis de nombreuses années notre association sur la place des femmes dans l'épidémie. Une orientation qui s'est récemment concrétisée à travers le colloque "Femmes et VIH, où en sommes-nous 10 ans après" et le mot d'ordre de notre manifestation à la veille du 1er décembre 2007." CQFD… Revues de presse précédentes.











