Polémiques autour du projet de loi sur le mariage des couples gay et lesbiens
Un texte prévoyant non pas l'ouverture du mariage mais une union différente pour les homos est considéré par certains comme un "apartheid".
Mercredi 6 septembre, le comité des affaires internes du Parlement a commencé à établir la base d'un texte de loi pour le mariage des couples homosexuels, qui doit bientôt être présentée aux députés. Le projet de loi ne fait pas l'unanimité, car le gouvernement ne propose pas d'amender la loi sur le mariage de 1961, mais de créer une "union" spécifique pour les gays et les lesbiennes, explique le site d'infos homo sud-africain Mamba Online. Ce Civil Unions Bill prévoit par ailleurs que ceux qui célèbrent les mariages pourront refuser d'unir deux personnes du même sexe, si cela leur pose un problème de conscience. Ces dispositions ne figuraient pas dans le jugement de la Cour constitutionnelle, qui a donné au Parlement jusqu'au 1er décembre pour adopter cette loi. La commission des lois du Conseil d'État n'a pas certifié le Civil Unions Bill -étape qui conditionne sa soumission au Parlement-, mais la ministre de l'Intérieur a expliqué que cette décision n'entraverait pas la présentation du projet de loi aux parlementaires. Nosiviwe Mapisa-Nqakula a indiqué que, s'il était trop tard pour repartir à zéro, les audiences publiques prévues seraient l'occasion de soulever les inquiétudes et éventuellement d'amender le texte. L'association Out a appelé la communauté homo à envoyer rapidement des lettres à la presse et a lancé une pétition, car elle souhaite une "nouvelle loi sur le mariage neutre en genre" et non des "civil partnerships [qui] n'unissent pas les Sud-Africains mais nous classent encore plus dans des groupes marqués par les inégalités, les infériorités et les supériorités". Fikile Vilakasi, auteur du plaidoyer d'Out, ajoute que "cela fait penser que les gays et les lesbiennes sont des citoyens de seconde zone. L'option du civil partnership devrait être prévue en plus du mariage, pas en remplacement". "Avoir une loi différente pour les mariages de couples homosexuels est […] un apartheid. Si nous ne sommes pas différents, pourquoi devrions-nous faire l'objet d'une loi différente?" interroge Melanie Judge, directrice des programmes de Joint Working Group, qui rassemble des associations LGBT sud-africaines. Sur le plan religieux, la coalition d'Églises conservatrices Marriage Alliance entend organiser le 16 septembre des manifestations massives simultanées dans tout le pays pour obtenir un amendement bannissant le mariage des couples du même sexe.











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