Paroles de trans
À l'occasion de la Marche des transsexuels, ils sont quatre à prendre la parole pour expliquer leurs préoccupations.
La Marche des transidentités, qui s'est tenue en France et en Espagne les 6 et 7 octobre, est fédératrice: les luttes convergent contre la psychiatrisation des transidentités et la dépathologisation des intersexes. À cette occasion, ils sont quatre à prendre la parole pour expliquer leurs préoccupations dans cette lutte qui concerne leur vie quotidienne.
Contre la stigmatisation des transidentités: "Ce qui fait souffrir, ce n'est pas d'être trans mais plutôt d'être stigmatisé socialement en tant que trans. Nous sommes sans-papiers puisque notre apparence ne correspond pas au genre indiqué sur nos papiers officiels. Or, cela revient aux équipes médicales officielles de prendre des décisions sur nos situations sans connaître la réalité de notre quotidien. Pour suivre le parcours officiel et changer de genre, on doit prétendre "souffrir de dysphorie de genre". Il faut arrêter de nous victimiser à travers ce statut: c'est une stigmatisation que l'on refuse." Ali, 26 ans, Lyon.
Sida et discriminations: "30% des femmes transsexuelles seraient séropositives, pourtant il n'y a ni dénombrement, ni étude épidémiologique sur les conséquences des rétroviraux qui obligent à réajuster le traitement hormonal. En plus de cette invisibilité, il y a des discriminations dans la communauté LGBT elle-même, avec des répercussions sur les prises de risques face au sida: les trans homos ne sont pas acceptés par les autres homos. Souvent les personnes discriminées adorent discriminer les autres... C'est tristement humain." Hélène Hazera, Paris.
Discrimination légitimée par l'État: "La pire des discriminations, c'est celle qui est reconnue par l'État. On en a assez de la dysphorie de genre qui est légitimée par l'État. Il faut traiter le mal par la racine: les discriminations sont à la base même des systèmes médicaux et politiques. Maintenant, c'est aux médecins et politiques de se positionner contre cette injustice. C'était la première manifestation des transidentités en Espagne, les gens commencent à comprendre que cette lutte ne touche pas uniquement les trans." Miguel, 20 ans, Barcelone.
Un mouvement international: "Le mouvement contre la psychiatrisation des trans devient européen. C'est le moment de commencer le combat, car en Espagne, on se sent seul: depuis l'acceptation de la loi de mars 2007, les activistes trans se sont endormis. Certains sont satisfaits, nous non! Beaucoup d'Espagnols sont surpris d'apprendre que la transsexualité est encore considérée comme une maladie. Ils sont solidaires et nous soutiennent dans notre combat contre la dysphorie de genre." Laia, 23 ans, Barcelone. Pour accéder au dossier sur la Marche des Transidentités contre la psychiatrisation, cliquez ici. Photos Charlotte Bourgeois.

















