ONU: Paris défend son texte sur l'homosexualité
La France a défendu son projet de déclaration de l'ONU sur la dépénalisation universelle de l'homosexualité, critiqué par le Vatican.
La France a défendu mardi son projet de déclaration de l'ONU sur la dépénalisation universelle de l'homosexualité, vivement critiqué par le Vatican (lire article de ce jour) qui y voit un risque d'étendre le mariage gay.
"L'idée, ce n'est pas de créer une nouvelle règle de droit, mais à partir des textes existant, de créer une dynamique en faveur de la dépénalisation" de l'homosexualité, a déclaré à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier.
M. Chevallier a rappelé que 90 pays environ avaient une législation réprimant l'homosexualité, dont une "petite dizaine" où elle est passible de la peine de mort. Plaider pour la dépénalisation "est une démarche que nous pensons totalement en respect avec le droit actuel, et qui nous paraît juste sur le plan éthique et humain", a-t-il ajouté.
M. Chevallier a insisté sur le fait que le projet de déclaration se faisait "à droit international constant, sans proposer de création de norme juridique nouvelle, additionnelle ou évolutive".
Ce projet de "déclaration sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre", annoncé en mai par la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme Rama Yade (lire Têtu n°135), est parrainé par plusieurs "coauteurs" (Argentine, Brésil, Gabon, Japon, Norvège, Croatie, Ukraine, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas), et d'autres pays sont en discussion pour s'y associer, a-t-il ajouté.
M. Chevallier était interrogé sur des déclarations du porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, voyant dans ce texte un atout pour les partisans du mariage homosexuel.
"Il s'agit non seulement de "dépénaliser l'homosexualité", comme cela a été écrit, mais aussi d'introduire une déclaration à valeur politique qui (...) peut clairement devenir un instrument de pression ou de discrimination à l'égard de ceux qui (...) considèrent le mariage entre un homme et une femme comme la forme fondamentale et originelle de la vie sociale", a déclaré le père Lombardi sur Radio Vatican.
Le porte-parole du Vatican a toutefois rappelé l'hostilité de l'église catholique à "toutes les législations pénales violentes ou discriminatoires à l'égard des homosexuels". "Personne ne veut évidemment défendre la peine de mort pour les homosexuels, comme certains voudraient le faire croire", a-t-il ajouté.
Photo: Onu











