Têtu : le magazine des gay et lesbiennes

Plutôt filles ?

Rejoignez Têtu et profitez d’infos personnalisées

Connectez-vous ou inscrivez-vous
Mot de passe oublié ?
» Inscrivez-vous
» Inscrivez-vous
 
fermer
GarconsGarçons
Fillesou Filles
Têtu/Têtue : personnalisez votre version
  • T
  • Actus
  • TÊTU TV
    NEW
  • Agenda
  • Clubbing
  • Associations
  • Cover boys
  • Têtu+
  • Le Mag
  • Webzone
    NEW
  • Shopping
  • À ne pas manquer
  • Les blogs TÊTUE
  • Les blogs TÊTU
  • Découvrez l'équipe TÊTUE !
  • International
  • France
  • Santé
  • Culture
  • Média
  • People
  • Télévision
  • Élysée 2012
  • Le plus commenté : Comment exterminer les homos? (...)
  • Spectacles
  • Concerts
  • Festivals
  • Expos
  • Colloques
  • Prochainement : Le Maxi Monster Music Show à Bellac, Limousin, (...)
  • Trouver un événement
  • Voir les galeries photos des soirées
  • Prochainement : Lz Girlz: top girly, cannes, le 08 juin
  • Trouver une association
  • Les rendez-vous associatifs
  • Le prochain événement associatif : Pride Jura 2012, Delémont, Suisse, (...)
  • Tout nouveau : Ave César!
  • Le plus maté : Jared, braise anatomy
  • Il fait réagir : Dis-moi oui, Charlie!
  • Têtu + édition 2010/11
  • Toutes les infos santé
  • Têtu + c'est le Guide d’information gratuit sur le VIH. Portraits, prévention... news santé
  • Sommaire du dernier numéro
  • Archives
  • Abonnement
  • Olivier Giroud en couv': «Je n’ai pas de tabou» - Enquête sur les sex-addicts (...)
  • Accueil
  • Camarades de shopping
numéro précédent
International
Revue de presse: "Les minorités entrent maintenant dans la danse"
numéro suivant
International
"Ma sœur jumelle ne voulait pas que je devienne homo comme elle"
 

"Nicolas, 25 ans, rescapé des Témoins de Jéhovah"

Par Habibou Bangré lundi 28 janvier 2008, à 00h00 | 2254 vues
Plus de:

Partager :

|

Dans son livre, Nicolas raconte comment son orientation sexuelle et ses croyances d'alors l'ont rendu quasiment schizophrène.

D'un côté, il joue au parfait petit prêcheur homophobe. De l'autre, il s'informe sur la sexualité gay avec des revues pornos gays et rêve d'amour avec un homme. Au final, son désir pour les garçons est si fort et sa crainte du châtiment divin si puissante que ses fantasmes en sont altérés. Dans un entretien accordé à Têtu le 15 janvier, Nicolas Jacquette (photo) revient sur ses douleurs du passé et explique sa vision de la religion aujourd'hui.Quel est le premier sentiment que vous avez eu lorsque vous avez compris que vous étiez gay? J'ai eu la trouille. J'ai eu vraiment très peur parce que j'ai compris que ça allait me poser de gros problèmes par rapport au milieu dans lequel je vivais, avec les témoins de Jéhovah. Et de plus je me suis aperçu que je n'allais pas pouvoir trouver d'assistance ou d'accueil dans le monde extérieur parce qu'au collège, j'ai très vite compris qu'être "pédé" c'était une insulte. Donc je me suis dit: "C'est le début des ennuis."À cause de cette pression, on a le sentiment dans votre livre que vous étiez quasiment schizophrène... Ce n'est pas "quasiment": c'était un dédoublement de personnalité total. Je vivais sur deux tableaux en permanence. Au départ, on se sent vraiment perdu. L'être humain, heureusement, ne manque pas de ressources lorsqu'il s'agit de gérer les situations difficiles. Et, en fait, au bout d'un moment, une dissociation très claire entre mes deux personnalités s'est faite et de même qu'un processus d'oubli de l'"acte" fait dans les quelques heures qui suivaient. En oubliant les choses au fur et à mesure comme ça, en les reléguant à l'état de rêve, elles n'avaient pas de véritable valeur, elles n'étaient plus palpables et donc je ne pouvais plus culpabiliser pour ces choses-là, puisque pour moi elles n'avaient pas existé. Ce système d'autodéfense m'évitait de craquer, mais j'ai eu beaucoup de mal après à reprendre possession de mes souvenirs ayant été des choses réelles.Mais vous avez eu des réactions physiques et morales violentes, comme les nausées et des idées suicidaires… Physiquement, je détestais mon corps. A l'époque, je n'avais pas le recul pour me dire que les témoins de Jéhovah étaient le problème dans ma vie. Je me disais que c'était mes penchants homosexuels, dont on me persuadait qu'ils étaient nés d'une influence diabolique à laquelle j'avais été exposé. Le problème aussi était ce sexe qui me donnait des envies, des désirs. Je me dégoûtais profondément alors je me donnais des coups, je m'auto-flagellais, j'avais envie de vomir et souvent même je vomissais. On m'avait appris à me dégoûter en m'apprenant pendant une dizaine d'années que l'homosexualité c'était mal, que c'était détesté par Dieu, que j'étais promis à une destruction future et qu'en étant comme ça je risquais de priver mes parents de la vie éternelle aussi… Ça faisait beaucoup à supporter pour un adolescent qui subissait déjà l'enfer à l'école, à la maison et en plus se faisait subir l'enfer à lui-même. On comprend mieux l'état suicidaire dans ces circonstances-là parce qu'à un moment l'esprit n'en peut plus. D'où la schizophrénie, qui est la seule façon de s'en sortir sans aller jusqu'au drame.Vous êtes sorti des témoins de Jéhovah grâce à l'aide d'un couple homo... C'était un sacré boulot! Peu de gens sont prêts à donner cet investissement de temps, d'énergie, de ressources et d'amitié. C'était vraiment extraordinaire. Quand j'en ai pris conscience, quand ils me l'ont dit six mois après en même temps qu'à d'autres à une réunion à l'ADFI (Association de défense des familles et de l'lndividu victimes de sectes, ndlr), ça a été un choc. C'était formidable, j'étais très ému. Ce couple m'a sauvé parce qu'il représentait aussi quelque chose auquel je rêvais et que je ne pensais pas possible: le fait de pouvoir vivre en couple avec un garçon et que ça dure, que ça fonctionne. Lorsque je les avais rencontrés, ça faisait huit ou neuf ans qu'ils étaient ensemble. Ils étaient heureux, stables, épanouis, amoureux... Ils étaient connus de leurs familles respectives, tous leurs amis le savaient et tout se passait formidablement bien. Ce bonheur qu'ils vivaient j'avais envie de le vivre aussi. Je me projetais dans leur vie de couple en ayant envie de vivre la même chose. Ça m'a suffisamment attiré vers eux pour que je puisse leur faire confiance et qu'ils puissent m'aider.Aujourd'hui croyiez-vous en Dieu ou en une force supérieure? Comme on dit: "Chat échaudé craint l'eau froide". (Rires.) Disons que je suis maintenant totalement hermétique aux croyances générales, les croyances de groupes, où il y a une sorte d'élite ou une personne qui dit aux autres comment on doit croire. J'ai une spiritualité qui m'appartient, qui est personnelle. Et, vu mon expérience, j'estime maintenant que la spiritualité doit être quelque chose d'aussi intime que la sexualité, et même qu'elle ne doit pas être partagée avec qui que ce soit, qu'elle nous appartient. On a tous notre façon unique de pouvoir la montrer, l'exprimer, etc. À partir du moment où on commence à essayer de la partager c'est le début de la dérive sectaire.Avez-vous le sentiment que ce que vous avez vécu en tant que témoin de Jéhovah et homosexuel peut être vécu par tout autre homosexuel qui a grandi dans un foyer où la religion (chrétienne, musulmane, juive…) est appliquée strictement? Je ne ferai pas de généralités parce qu'on tombe vite dans les propos galvaudés qui peuvent blesser les sensibilités. Je dirai que dans la plupart des grandes religions à l'heure actuelle il y a une certaine permissivité tant que ça ne se sait pas, même si les textes à la base de ces religions condamnent l'homosexualité. On peut avoir l'impression d'une certaine ouverture, un certain laxisme et certains homosexuels peuvent sembler réussir à vivre leur sexualité vivre dans un milieu éducatif religieux ou connoté religieusement. Ce sont vraiment des cas particuliers où il y a un véritable extrémisme familial qui fait que l'enfant peut être abandonné, rejeté, renvoyé de la maison, honni, déshérité...Pensez-vous que l'on puisse être croyant et homosexuel? Je pense que c'est possible, mais pas facile. J'ai discuté avec des catholiques qui sont conscients du fait que le pape ou les instances religieuses catholiques refusent l'homosexualité. Pareil avec des musulmans, des juifs ou d'autres confessions. J'ai du mal à comprendre comment ils arrivent à faire l'impasse sur ces interdictions, sur cette homophobie affichée, enseignée, imposée et à suivre ces mouvements. Certains sont dans ces mouvements par tradition familiale, habitude, confort… Mais je pense que derrière tout ça, malheureusement, soit ils ne vivent pas bien leur sexualité, soit ils ne vivent pas bien leur religion. Il y a forcément un problème quelque part du fait qu'il y a une ambiguïté, ou en tout cas un antagonisme, entre ce qu'ils vivent et ce qu'on leur impose de vivre. Les religions leur imposent un modèle hétérosexuel, auquel ils dérogent, et leur disent que Dieu n'aime pas ce qu'ils sont. C'est un peu difficile à vivre, non ? Est-il possible de concilier les deux? Soit les gays ont suffisamment de recul pour adapter la croyance générale à leur façon de vivre –ce qui est peut-être la meilleure des solutions– soit ils créent leur propre spiritualité, ou alors ils vivent cachés. Je connais des homos catholiques, juifs, musulmans qui vivent en couple mais, pour leur famille et pour les autres, ils sont avec un colocataire. Ils sont aussi dans un état schizophrène, finalement. Ce qu'ils vivent n'est ni naturel, ni agréable à vivre au quotidien. Parce qu'on n'aime pas, à terme, vivre sur deux tableaux. On a envie de pouvoir vivre librement ce qu'on est et ce qu'on aime. Je crois, malheureusement, qu'il y a une tendance générale des grandes religions à vouloir contrôler l'être humain. Et la sexualité, c'est finalement le niveau ultime pour contrôler les masses parce que si quelqu'un accepte de suivre des conseils pour vivre son intimité,  ceux qui ont réussi à lui imposer ces règles ont acquis le contrôle total de cette personne. Cette volonté affichée de beaucoup de mouvements,  de beaucoup de sectes, de beaucoup de religions de contrôler et de régenter la sexualité est aussi ce qui fait que je rejette les religions de masse. A priori, la religion devrait être pour se sentir mieux, pas pour se sentir mal.Avez-vous eu des retours de témoins de Jéhovah homos sur votre livre? J'ai eu des messages de gays qui ont lu le livre et qui m'ont envoyé des e-mails et des lettres. J'ai reçu une très longue lettre d'un gay de province qui avait vécu la même chose et s'était totalement reconnu dans mon livre. Il n'avait pas fait le travail de "déconstruction" mais la lecture du livre lui avait permis de mettre le doigt sur des choses qu'il n'avait pas comprises, pas réussi à "déconstruire" ou à réaliser. Je dois bientôt rencontrer quelqu'un qui est amoureux d'un témoin de Jéhovah qui a vécu avec lui pendant certaines périodes mais il a culpabilisé et il est reparti dans le mouvement… C'est très compliqué, il souffre beaucoup et il veut me demander des conseils pour savoir ce qui appartient à la personnalité de ce témoin de Jéhovah et ce qui tient de l'endoctrinement. Plus généralement, les réactions à ce livre sont très positives. Je ne suis pas un cas isolé. Vraiment pas.Les témoins de Jéhovah vous ont attaqué pour diffamation. Où en êtes-vous avec vos procédures judiciaires? Les Témoins de Jéhovah ont été déboutés de leur plainte devant le Conseil d'État. (NDLR : à la suite de la parution du livre, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) citait l'ouvrage en question sur son site internet. Les témoins de Jéhovah ont saisi la justice administrative pour obtenir le retrait de la publication sur son site; le Conseil d'Etat a débouté l'association). On craignait aussi de recevoir une plainte des Témoins de Jéhovah contre le livre pour diffamation puisqu'ils avaient menacé de procès ses éditeurs, avant même la sortie du livre. Mais les délais de prescription sont passés et je pense que c'est la décision du Conseil d'État qui les a dissuadés de porter plainte. Étant donné qu'on a prouvé que mon livre n'était pas diffamatoire, et que c'était à ce motif qu'ils voulaient porter plainte, ça aurait été un peu difficile pour eux d'assumer un procès. Quant à la plainte en diffamation suite à mon témoignage devant la commission d'enquête parlementaire, elle est en cours de jugement donc je ne vais pas donner de détails sur la procédure. Mais les Témoins de Jéhovah ont déjà admis devant le Conseil d'État que mon témoignage est honorable.Quels rapports entretenez-vous avec votre famille aujourd'hui? Je n'ai absolument aucun rapport avec eux. C'est moi qui prends l'initiative. Je leur envoie des lettres, j'essaye de leur téléphoner de manière régulière parce que la règle du mouvement c'est: "Plus de contact." D'une part, parce que d'après le mouvement je suis passé du côté du diable et que je risque d'affaiblir leur spiritualité. Et, d'autre part, parce que connaissant ce qu'ils appellent la "Vérité" et l'ayant rejetée, je me condamne à la mort. Et donc, puisque je suis comme déjà mort, ça ne sert à rien d'avoir des liens avec moi. Surtout que j'ai largement signé mon retrait définitif des Témoins de Jéhovah par ce que j'ai dit devant la commission d'enquête parlementaire, à la télévision et maintenant dans le bouquin. Seulement, je ne tiens pas à accepter la rupture de contacts alors je continue à garder le contact avec eux pour leur dire: "Je suis là, je vous aime, vous me manquez." Je n'ai pas de réponse et ce n'est pas agréable, mais je crois que ce serait très douloureux si je ne connaissais pas la raison pour laquelle ils agissent de cette façon-là. Or, venant des Témoins de Jéhovah, je sais qu'ils sont les premières victimes cette manipulation. Je ne peux pas leur en vouloir. Je n'ai qu'une seule envie, c'est de les retrouver et qu'on puisse vivre une vie de famille libre. Je sais que ça reviendra un jour, mais ça prendra du temps. Mais je suis patient, le tout, c'est de ne pas lâcher. (Sourire.)"Nicolas, 25 ans, rescapé des Témoins de Jéhovah", éditions Balland, 248p., 18,90€.

Partager :

|

Et aussi...

International

Le Parlement européen dénonce la censure des LGBT dans trois pays

International

Comment exterminer les homos? Le mode d'emploi d'un pasteur américain

International

L'étrange alliance des homophobes et des homos anglais... pour le droit de s'insulter

International

Japon: les mariages homos sont désormais autorisés chez Mickey

Votre avis se fait attendre !

Inscrivez-vous ou connectez-vous pour laisser un commentaire

0 réaction de la communauté

 
publicité

Le meilleur de l'actu et de l'agenda

Oui, je veux recevoir des offres promotionnelles et des cadeaux de TÊTU et de ses partenaires.

Pour l'égalité des droits, Shirley Souagnon demande de l'aide aux hétéros

Clip: «C'est lui» version 2012

«Call Me Gaybe»

 LES CHAÃŽNES 
   Sexy       Musique       Humour       Style       Militant       Info       Culture   

Je ne suis pas fait pour une vie de couple

Ma vie sexuelle passe par mon ordi!

Jamais sans ma fille à pédé

Je suis gay et fils unique

Participez à la communauté TÊTU !

Partagez votre expérience sur les blogs des TÊTUnautes

Mon premier TÊTU
Un contexte, une époque, une raison particulière. Racontez l'achat de votre premier TÊTU !

Ados et Homos
Vous êtes jeune et vous vous posez des questions ? Interpellez la communauté TÊTU dans le blog des 15-20 ans !

Courrier du cœur
Votre vie sentimentale est compliquée… Envoyez vos messages au Courrier du Cœur, l'occasion de discuter de votre situation avec les TÊTUnautes !

Bien envoyé
coup de cœur ou coup de gueule? TÊTU vous donne la parole et vous répond dans Bien envoyé !

Minou Minou Party #1

Panic Room • Paris • France

Le 24 mai, 19h30

Fox Club: One Woman Show by Julie Villers

Fox Club • Paris • France

Le 25 mai, 19h00

Soirée Célibataires

Club 18 • Paris • France

Le 25 mai, Minuit - 6H

Crocodile

La Java • Paris • France

Le 26 mai, Minuit

TOUT LE PROGRAMME CLUBBING

TÊTU 27

5€

TÊTU 16

5€

TÊTU 120

5€

  Tous les produits

Extra, Têtu à votre service !

Têtu X

A la une

Média

Vous en discuterez après avoir lu le nouveau TÊTU...

International

Le Parlement européen dénonce la censure des LGBT dans trois pays

Nouveau

France

«Artistes pour l'Egalité»: Shirley Souagnon demande de l'aide aux hétéros

People

L'acteur Jim Parsons révèle son homosexualité

Culture

Au ciné: «Sur la route», les délires planants d'un trio masculin

Média

«Call Me Gaybe»: le tube de Carly Rae Jepson version musclée

  •  

N°178 de juin, actuellement en kiosques Olivier Giroud en couv': «Je n’ai pas de tabou» - Enquête sur les sex-addicts - Les messes basses du lobby catho - New York: Jetés à la rue après leur coming out... TÊTE-À-TÊTE: MArc Almond, Garbage...

Découvrir ce numéro
1 an pour 49€ : abonnez-vous !
  • Contacts
  • Publicité
  • Mentions légales
  • Conditions générales d'utilisation
  • Newsletter
  • RSS