Mohammad Khatami justifie la répression des homosexuels
L'ancien président réformateur s'en réfère à l'Islam pour éviter de condamner la peine de mort appliquée par son pays.
L'ancien président iranien réformateur Mohammad Khatami a été interrogé, dimanche 10 septembre, par des étudiants américains de la Kennedy School of Government, sur les exécutions d'homosexuels toujours en vigueur en Iran, mais désormais camouflées derrière des condamnations à mort pour viol. À entendre sa réponse, on comprend que même le plus réformateur des chefs d'État iraniens reste conservateur lorsqu'on évoque les questions liées à l'homosexualité. Contestant à demi-mot que des homosexuels soient exécutés dans son pays pour le seul crime d'un rapport sexuel entre personnes du même sexe, celui qui dirigea la République islamique d'Iran de 1997 à 2005 estime que la peine de mort n'est toutefois pas contraire à l'Islam. "En tant qu'expert en sciences islamiques, je peux vous dire que la peine capitale est acceptée par l'Islam, estime-il. Mais il y a des conditions tellement strictes dans son application que les exécutions ne devraient, la plupart du temps, jamais avoir lieu." Une langue de bois terrifiante lorsque l'on sait que le nombre de personnes condamnées –directement ou indirectement– pour homosexualité depuis la révolution islamique de 1979 s'élèverait, selon les estimations d'Amnesty International, à 4.000! "Dans de nombreux pays islamiques, rappelle Mohammad Khatami, les relations homosexuelles, tout comme les relations hétérosexuelles non consenties, sont punissables. […] Donc les actes d'homosexualité sont un crime en Iran… et les crimes sont condamnables... Le fait que les crimes soient punis de la peine capitale peut être débattu." Mais comment débattre quand les condamnations pour homosexualité, en fait non punissables de la peine de mort, sont masquées derrière de faux procès pour viol, crime lui, passible de la pendaison?



















