L'ordination de prêtres homos divise l'Église protestante
Le texte propose de laisser le choix, aux paroisses locales, d'embaucher et de rendre possible l'ordination de gays et de lesbiennes.
L'Église protestante de Norvège doit se prononcer très bientôt sur l'ordination d'homosexuels à la prêtrise, une question délicate dans un pays libéral où les milieux conservateurs se mobilisent contre une proposition qui "disloquerait", selon eux, la société. A quelques jours d'un vote crucial vendredi, le Synode général, la plus haute instance représentative de l'Eglise luthérienne norvégienne, semble être coupé en deux."Le suspense est entier. A vrai dire, je ne sais pas de quel côté la balance va pencher", affirme le président du Synode Nils-Tore Andersen. "Pour l'instant, on dirait que c'est du 50-50 et que chaque camp est figé mais les débats débouchent souvent sur des miracles", ajoute-t-il. Réunis pour cinq jours à partir de lundi à Lillestroem (sud), 84 membres du Synode -deux autres se sont fait excuser- examineront une motion visant à autoriser l'embauche et l'ordination d'homosexuels, hommes ou femmes, vivant en partenariat, c'est-à -dire actifs, aux postes de pasteur, diacre, vicaire et chantre. Le texte propose en fait de laisser le dernier mot aux évêques et aux instances locales de recrutement: ceux qui le souhaitent pourront continuer de refuser aux homosexuels une charge dans leurs paroisses. Une liberté de choix qui constitue un franchissement de ligne jaune pour le courant conservateur de l'Eglise. "Notre civilisation moderne et notre bien-être sont fondés sur notre respect des valeurs de la Bible, et renoncer aux valeurs de la Bible reviendrait à condamner notre société à se disloquer progressivement", ont affirmé les organisateurs d'une marche de protestation. Début octobre, lors d'un vote à valeur purement indicative, six des 11 évêques de l'Eglise s'étaient prononcés pour l'embauche et l'ordination d'homosexuels (lire aussi Quotidien du 3 octobre) Dans la Suède voisine, l'Église protestante avait formellement pris acte en 2005 de la présence dans ses rangs de personnes vivant en partenariat homosexuel et leur avait ainsi accordé sa bénédiction sans que cela fasse débat.











