L'Église veut distinguer "droits de l'homme" et "droits de l'individu"
Le Vatican craint toujours que l'appel à la dépénalisation de l'homosexualité entraîne la création de droits pour les homos.
Un prélat du Vatican a distingué mercredi les "droits de l'homme", qui incluraient sa relation à Dieu, et les "droits de l'individu" qui en feraient abstraction, au moment où la France milite au nom des droits de l'homme pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Le cardinal Renato Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a souligné que la "vision catholique" des droits de l'homme intègre "la totalité des dimensions constitutives de la personne humaine" et notamment "sa relation à Dieu". Selon le prélat, il existe au contraire une conception "individualiste" où "la revendication des droits de l'homme s'est transformée en affirmation des droits de l'individu plus que de la personne, c'est-à -dire de l'être humain amputé de sa dimension sociale et privé de transcendance".
Le cardinal Martino s'exprimait lors d'une soirée présidée par le pape Benoît XVI en l'honneur du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Dans un éditorial consacré à cet anniversaire, le journal du Vatican L'Osservatore Romano daté du 10 décembre a une nouvelle fois critiqué l'initiative française visant à faire adopter à l'Onu un appel pour la dépénalisation de l'homosexualité (lire article de ce jour, 10 décembre). Selon le journal, l'appel français vise à bannir la répression de l'homosexualité, un objectif légitime à ses yeux, mais aussi les "discriminations" et les "préjugés" concernant les homosexuels, risquant ainsi de transformer en "droits à respecter" le mariage, l'adoption ou la procréation assistée pour les homosexuels.
Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'État du Vatican, qui s'exprimait après lui, a jugé que les droits de l'homme ne devaient pas être confondus "avec de simples besoins contingents souvent limités". Il a estimé que la Déclaration définit les droits de l'homme à partir de "la dignité commune à tout être humain", et "sans faire partir la demande dedroits dans toutes les directions". IL a ajouté que l'Église catholique "a toujours défendu le principe de l'indivisibilité des droits de l'homme. Quand le droit à la vie et à la liberté religieuse sont moins respectés, le respect pour les autres droits vacille", a-t-il poursuivi.
Le Vatican, qui condamne les unions homosexuelles, avait déjà exprimé ses réticences (lire article du 2 décembre) face au projet français, évoqué depuis plusieurs mois par Rama Yade, la secrétaire d'État aux Droits de l'homme, mais dont le texte n'a pas été rendu public.
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