Les doudous se font canailles
Qu'ils soient branchés, fétishs, SM ou excentriques aux grandes dents, les personnages fantasques de Many Création ne peuvent pas vous laisser indifférents. Rencontre avec Muriel, la maman tendre et décalée de ces doudous d'un nouveau genre.
Pouvez-vous nous retracer le parcours qui vous a menée jusqu'à la naissance de Many Création? Jusqu'à présent, je faisais cela en plus de mon boulot, quand j'avais du temps. Mais aujourd'hui, je me suis mise en indépendante. Pour le nom, j'ai pris mon blaze de graff, Many, tout bêtement. Mais maintenant, je voudrais vraiment trouver un nom qui corresponde plus à l'univers des peluches. D'ailleurs, il y a un petit concours sur mon site à ce propos avec… une peluche à gagner! Si ça vous dit…Lorsque vous étiez petite, votre univers était-il déjà constellé de peluches et de doudous de toutes sortes? Oui! J'adorais les peluches et j'en possédais beaucoup. J'étais très tournée vers l'imaginaire et de ce fait, je leur parlais tout le temps. Je leur racontais ma vie… Pour l'anecdote, le soir je les mettais toutes dans mon lit et je me couchais sur le sol dans mon sac de couchage. Evidement, ça ne plaisait pas du tout à ma mère.
Comment vous est venue l'idée de créer vos propres plushes? J'ai baigné dans le graphisme et le mouvement qu'on appelle néo-graffiti, avec les toyz et les personnages stylisés. Un jour, en 2004, alors que j'attendais le tram à Montpellier, une femme m'a donné sa machine à coudre. J'ai commencé par customiser mes tee-shirts et ensuite j'ai voulu fabriquer des peluches. Cela m'est venu tout naturellement. En fait, je crois que j'avais besoin de voir se matérialiser mes idées. Au départ, j'avais du mal à dessiner les personnages que j'avais dans la tête mais, dès que j'ai commencé à les coudre, c'est venu tout seul. Vous êtes, entre autres, la créatrice de la peluche officielle du fanzine lesbien Barbi(e)turix. Pourquoi avez-vous tenu à participer à cette aventure collective? En arrivant à Paris, j'ai cherché des associations dans lesquelles j'aurais pu m'investir et rencontrer des gens. Je suis tombée par hasard sur le site de Barbi(e)turix et sur le fanzine. J'ai tout de suite adoré l'ambiance et l'humour qui s'en dégageait. J'avais lu qu'elles cherchaient une graphiste pour les aider lors du lancement de la version imprimée en couleur, alors je leur ai envoyé un petit mail. Au début, elles m'ont proposé d'exposer mes peluches sur leur stand aux Méchantes Soirées. Et puis, en voyant les badges avec leur petit lapin dessus, j'ai tout de suite eu l'idée de créer cette peluche. Elles ont adoré et j'ai commencé à les fabriquer. En ce moment, on planche sur la nouvelle mascotte. Le lapin a très bien marché et j'espère que la prochaine aura autant de succès. J'ai beaucoup de chance de faire partie de l'équipe de Barbi(e)turix. Les filles sont motivées, fonceuses et aussi barrées que moi. Les lesbiennes sont plus ouvertes et vraiment curieuses de tout ce qui se fait au niveau de la création. C'est sûrement pour ça que je m'entends si bien avec elles.
Selon vous, un doudou peut-il être politiquement engagé? Il doit y avoir des doudous qui font des manifs ou qui s'engagent dans des associations militantes mais je n'en ai pas encore rencontré. Les miens veulent juste se faire remarquer, faire la teuf et picoler. Donc mes créations ne sont pas politiquement engagées, même si elles peuvent déranger parfois.Il y a quelques mois vous avez participé à une performance graffiti lors de la soirée ClitoRise. Envisagez-vous de renouveler cette expérience? Je dois dire que je me suis beaucoup amusée ce soir là . Beaucoup de personnes sont venues me parler et me dire qu'elles avaient trouvé ça super. J'aimerais bien recommencer ce genre d'expérience. Pourquoi pas autour d'un concept différent? Je suis ouverte à toute idée originale.En lisant votre blog, on comprend que vous êtes victime de votre succès. À court ou moyen terme, pensez-vous pouvoir vivre uniquement de vos créations? Vu le nombre de demandes que j'ai, je pense que j'ai une place à me faire. Mais de là à vivre uniquement de mes peluches... je ne sais pas. J'espère! Ce qui est intéressant c'est que cela m'apporte beaucoup de contacts pour bosser sur d'autres styles de projets. Je n'ai pas envie de laisser tomber le graphisme et l'illustration. Les peluches sont une extension de tout cela.Vos doudous peuvent être parfois très décalés. Comment les doudous Trash et Fétish ont-il été accueillis par le public? Les gens adorent! Les Trash et les Fétish sont des peluches pour adultes, ce qui est déjà contradictoire. Normalement, une peluche ça n'a pas l'air de revenir d'une soirée SM, ni d'aller faire du catch. Cette peluche touche les adultes car elle fait appel à l'enfance et, en même temps, au côté décalé et provoquant.Après les plushes et les badges, avez-vous d'autres idées de réalisations? Il va y avoir des objets dérivés autour de mes personnages. Par exemple, on me demande beaucoup de papeterie, de porte-clefs, etc. En 2007, je vais consacrer plus de temps à la création de nouvelles peluches, plus décalées les unes que les autres. Cela reste ma priorité.Réalisez-vous des peluches personnalisées sur commande? Bien sûr. J'ai réalisé, entre autre, un Big Tooth géant pour la chambre d'une petite fille. Il suffit de me parler du projet. Ensuite, j'étudie la faisabilité et, si la personne est d'accord, on lance le truc.Quels sont vos projets pour l'année 2007? Beaucoup de nouveaux points de vente, un atelier (d'ailleurs j'en profite: si vous avez un petit atelier à louer contactez-moi!), des tas de nouvelles peluches, des marchés de créateurs, des expos, etc. Je fourmille d'idées! Photos DROù trouver les doudous de Many Création?Le Cri de la girafe: 49, rue des Vinaigriers, Paris Xe; Les fées du hasard: 14 rue des Ecouffes, Paris IVe; Poudre de Perlimpinpin: 10bis rue froide, Caen;et sur le site de Muriel: http://www.manycreation.com











