"Les communautés font partie de l'histoire de la Belgique"
Quand les minorités interrogent le "mainstream": en France comme ailleurs, les revendications identitaires sont l'objet d'âpres débats dans l'espace public. Revue de presse hebdomadaire (5/12/07).
Paradoxe? La Belgique est toujours sans gouvernement, mais les Belges continuent de vivre… Comme si la place de l'État était moins importante chez nos amis d'outre-Quiévrain: "En France, la société est plus surveillée", note justement un étudiant Belge dans un numéro spécial de Libération (du 28 novembre) consacré au plat pays. Un autre explique: "Nous on est pas stressés, on fait davantage de compromis." Conclusion de la journaliste: "Soudain, le collectif reprend un sens, le "nous" ressort. Il faut dire qu'il y aurait de quoi pavoiser. Mariage gay, adoption pour des couples de même sexe, souplesse de l'insémination artificielle, euthanasie… Sur les mœurs, les Belges ont plusieurs longueurs d'avance." "Les communautés font partie de l'histoire belge" C'est dit. Et surtout "moins stressés". Dans le même journal, un article se penche sur la situation de la communauté musulmane en Belgique. Là -bas, Linda se présente avec son hijab pour des entretiens d'embauche et "cela ne pose pas de problème". Un chercheur souligne: "Les communautés font partie de l'histoire belge. Nous n'avons pas la même langue ni la même religion, cela amortit un peu les différences liées à l'immigration." En attendant, "les homos flamands sont 10 fois plus nombreux à avoir contracté un mariage que les wallons. Les règles éthiques plus progressistes viennent des Flamands, influencés par les Pays-Bas". C'est d'ailleurs dans ce dernier pays que la première mutuelle gay s'est créée. Elle "aura pour principal effet d'informer directement les praticiens –par sa seule mention sur le dossier médical– de la sexualité de leur patient", d'après Libération 26 novembre. Plus de visibilité, donc plus de compromis? "Elle nous fait passer un test de tolérance, et nous avons tous échoué" Quelque temps auparavant, le 12 novembre, Libération consacrait un portrait à Asmaa Abdol-Hamid, une candidate aux législatives danoises sur une liste d'extrême gauche, féministe et revendiquant le port du foulard. "La jeune femme dérange dans un monde politique de plus en plus islamophobe. Asmaa a beau se dire démocrate, féministe, socialiste, plaider pour le droit à l'adoption des homosexuels, contre la peine de mort et en faveur de l'égalité des sexes, les électeurs de sa formation sont sceptiques." Ses partisans avait alors organisé une fête de soutien dans un bar gay de Copenhague: "Elle nous fait passer un test de tolérance, et nous avons tous échoué", dit l'un d'eux. Retour en France, mais sous les yeux de The Economist (10 novembre): quelques jours à peine avant les incidents de Villiers-le-Bel, l'hebdomadaire britannique pointait la "déception" à Clichy-sous-Bois, deux ans après les émeutes, et soulignait: "Au Parlement français, il n'y a presque aucun membre de minorités. Le maire de Clichy, M. Dilain, comme tous les maires du département de Seine-Saint-Denis, est blanc. Même à la tête de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), Louis Schweitzer est un homme blanc." Après un numéro de Complément d'enquête diffusé sur France 2 sur les "bandes ethniques dans les cités" (le 17 novembre), Daniel Schneidermann se demandait pourquoi dans la même émission, le reportage qui portait sur Neuilly "ne parlait pas de "bande ethnique". Quoique tous les visages fussent aussi blancs qu'ils étaient noirs dans le sujet suivant, Complément d'enquête n'éprouvait pas le besoin d'insister sur le caractère monocolore de la population étudiée". Ce qui lui fait dire: "Ne laissons pas déraper sur le terrain racial l'analyse de tensions qui sont avant tout sociales et économiques."











