La menace d'expulsion est levée pour Nadir à Lyon, mais plane toujours ailleurs
Alors que Nadir, Algérien de Lyon, semble tiré d'affaire, un Iranien aux Pays-Bas et un Camerounais en Suisse sont menacés.
En l'absence de ligne claire, chaque pays européen applique à sa façon le droit d'asile des personnes LGBT réprimées pour ce motif dans leur pays. À Lyon, le tribunal administratif vient d'annuler la décision d'expulsion de Nadir. Ce jeune Algérien scolarisé à Villeurbanne depuis huit ans et vivant à Lyon avec son compagnon Samuel depuis deux ans (lire Quotidien du 19 février) devrait pouvoir rester en France. Après avoir reçu une injonction à quitter le territoire français, il a été notifié hier, le 12 mars, de cette annulation, au motif qu'un renvoi en Algérie lui ferait courir un risque pour sa vie. Son avocat, Me Landete, fondateur de l'Institut de défense des étrangers à Bordeaux, se réjouit de cette annulation et espère qu'elle fera jurisprudence. La Lesbian and Gay Pride de Lyon demande au Préfet de "prendre acte de cette décision, en indiquant à ses services de ne pas faire appel et d'octroyer à Nadir un titre de séjour pour "Vie privée et familiale" dans les meilleurs délais". Par ailleurs, le Parlement européen s'apprête à voter demain, jeudi 13 mars, une résolution pour empêcher l'expulsion de Mehdi Kazemi, iranien de 19 ans demandeur d'asile aux Pays-Bas, qui vient d'être débouté par le Conseil d'État néerlandais après que la même demande a été rejetée au Royaume-Uni. Au même moment, la Suisse s'apprête à expulser de façon imminente Anatole Zali, Camerounais âgé de 18 ans arrivé à l'aéroport de Zurich le 3 février. Ouvertement gay, il se déclare menacé et persécuté au Cameroun pour cette raison. L'Office fédéral des migrations a refusé sa demande, ainsi que le recours présenté quelques jours plus tard. Amnesty International, préoccupée par sa sécurité, a lancé une campagne de lettres afin d'empêcher son renvoi vers le Cameroun, en rappelant que, même si elle n'appartient pas à l'Union européenne, la Suisse a signé la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés. L'association homo Tjenbé Rèd se joint au collectif Unis contre l'immigration jetable et au Réseau éducation sans frontières, lors d'un rassemblement aujourd'hui à 15h30 devant la Cour nationale du droit d'asile, rue Cuvier à Montreuil (Seine-Saint-Denis).











