La gauche force la main à la droite sur le partenariat enregistré
La ministre social-démocrate de la justice a rendu publiques des propositions a minima pour les droits des couples homosexuels.
Le ministre social-démocrate de la Justice a mené une sorte d'opération "coup de poing" hier, mercredi 24 octobre, en organisant une conférence de presse impromptue, au cours de laquelle elle a montré du doigt ses partenaires conservateurs-chrétiens (ÖVP) de coalition. Maria Berger accuse ces derniers de traîner des pieds pour commencer à travailler à la proposition de loi instaurant le partenariat enregistré pour les couples homosexuels. Comme en Allemagne, droite et gauche gouvernent ensemble à Vienne, ce qui ne va pas sans bloquages sur plusieurs dossiers, dont celui-ci. La ministre de la Justice, dont le parti (SPÖ, sociaux-démocrates) s'était déclaré favorable à l'ouverture du droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels lors des dernières élections législatives, propose pourtant à ses partenaires conservateurs une avancée très limitée sur le plan juridique. Les Verts (opposition), qui estiment que la concertation avec les associations n'a pas eu lieu, l'accusent d'ailleurs d'avoir devancé les problèmes en mettant sur la table ces propositions à minima. Car les homosexuels ne pourront pas adopter ou hériter l'un de l'autre et les régions (länder) garderont le pouvoir d'appliquer le texte de manière à discrétion. L'extrême-droite, qui du temps de Jörg Haider était plus gay-friendly que l'ÖVP en Autriche, est revenue, à des fins électorales, sur des positions largement hostiles aux homosexuels. En effet, le parti FPÖ se voit comme le "dernier gardien de la famille traditionnelle", espérant grapiller des voix aux conservateurs-chrétiens lorsqu'ils cèderont à leurs partenaires de coalition.

















