L'Assemblée nationale vote la pénalisation de l'homosexualité
L'Association pour le respect des droits des homosexuels fait part de son indignation.
L'homophobie gagne du terrain. L'Assemblée nationale burundaise a voté samedi 22 novembre un nouveau code pénal qui abolit la peine de mort, mais pénalise l'homosexualité. Selon le nouveau texte, les relations entre personnes du même sexe, auparavant tolérées, sont désormais passibles de "trois mois à deux ans de prison et d'une amende de cinquante à cent mille francs (jusqu'à 69 euros environ) ou d'une de ces deux peines seulement". Le nouveau code pénal a été voté avec 90 voix pour, 0 contre et 10 abstentions.
Pour être valide, le nouveau code pénal doit encore passer par le Sénat, la semaine prochaine, et être promulgué par le président Pierre Nkurunziza. Mais, la députée Catherine Mabobori, qui s'est abstenue durant le scrutin, a d'ores et déjà qualifié la pénalisation de l'homosexualité de "régression". Quant à l'Association pour le respect des droits des homosexuels (Ardho) du Burundi, elle fait part de son indignation. "Nous ne comprenons pas comment des gens qui ont étudié peuvent voter une loi pareille, car l'homosexualité n'est pas une maladie, ni une déviance, c'est inné", a expliqué à l'AFP un membre de l'association qui a requis l'anonymat pour des raisons de "sécurité".
Ce responsable craint les répercussions du code nouveau pénal s'il venait à être voté en l'état. "Comment allons nous lutter contre le sida dans notre communauté et dans notre pays avec une telle loi puisque désormais les homosexuels vont se cacher?", s'interroge-t-il. Et un homosexuel, lui aussi interrogé par l'AFP, de conclure: "Être homosexuel au Burundi n'était pas facile jusqu'ici car il fallait se cacher, mais au moins on était toléré. Désormais, ça va être terrible."



















