Jörg Haider se tue dans un accident de voiture
Le leader d'extrême droite avait été outé par ses anciens compères du parti FPÖ
Une conférence de presse a été retransmise en direct à 10 heures samedi 11 octobre pour éclairer l'Autriche sur les circonstances de la mort accidentelle de Jörg Haider, survenue dans la nuit de vendredi à samedi. Le chef du parti d'extrême droite BZÖ a été tué dans un accident de voiture, sur une route de la région qu'il gouvernait depuis 1999, la Carinthie, alors qu'il conduisait seul.
Lors des élections du 28 septembre dernier, il avait hissé sa formation à la quatrième place de l'échiquier politique autrichien avec 10,7% des suffrages, derrière l'autre parti d'extrême droite, le FPÖ de Heinz-Christian Strache, qui avait lui obtenu 17,5% des voix. Jörg Haider n'avait pas exclu de faire participer le BZÖ à une nouvelle coalition gouvernementale.
Lors de la campagne électorale, très virulente, le FPÖ avait ironisé sur l'homosexualité supposée et jamais confirmée de Haider, marié et père de deux filles. Le goût prétendu pour les hommes jeunes de Haider est connu du grand public autrichien. Déjà en 2000, la prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek voyait en Haider le "führer d'une clique masculine homoérotique", qui travaille "consciemment avec des codes homophiles, sans naturellement se proclamer vraiment homosexuel lui-même". Interrogée sur la question il y a quelques années, Hosi, la principale association LGBT du pays, avait eu cette réponse superbe et décontractée: "Les gays et les lesbiennes doivent se faire à l'idée que les homosexuels peuvent être des gens biens, mais aussi des gens pas bien."
Si le FPÖ et le BZÖ se retrouvaient dans des logiques d'exclusion des immigrés, le premier parti faisait de la lutte contre l'ouverture du mariage et de l'adoption pour les homosexuels l'un de ses chevaux de bataille, alors que le second était favorable à la reconnaissance des couples de même sexe en Autriche, l'un des dernier pays d'Europe à n'offrir aucune forme de partenariat aux gays et aux lesbiennes.
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