Journée contre l'homophobie : un bilan
La journée mondiale de lutte contre l'homophobie a eu lieu le 17 mai dernier et pour la première fois, elle a été relayée en France. Louis-Georges Tin, son fondateur revient pour nous sur le succès de cette journée.
La journée mondiale de lutte contre l'homophobie a eu lieu le 17 mai dernier et pour la première fois, elle a été relayée en France. Louis-Georges Tin, son fondateur revient pour nous sur le succès de cette journée. Quel bilan tirez-vous de cette Journée ? La mobilisation a-t-elle été au rendez-vous ? C'est la première année, et je crois que le bilan est vraiment très positif. La mobilisation associative a été très bonne, grâce aux relais dont je pouvais disposer au niveau international. Au total, la Journée a été célébrée dans plus de 40 pays à travers le monde. En France, par exemple, il y a eu près de 100 actions dans plus de 25 villes. De fait, j'ai été largement soutenu par la fédération des CGL notamment, et aussi par la Coordination Inter-Pride de France. L'information a été diffusée un peu partout (TF1, France 2, France 3, M6, ITV, Pink TV, Le Monde, Le Nouvel Obs, Têtu, RFI, France Inter, France Info etc). Ailleurs, aussi, des initiatives de toutes sortes ont vu le jour. À Amsterdam, il y a eu un Kiss-in tout à fait érotico-politique sur la place publique ! À Kiev, un énorme ballon, sur lequel on pouvait lire " non à l'homophobie ", a été lâché dans le ciel de la ville. À Hong Kong, il y a eu la première manifestation LGBT publique jamais organisée dans le pays. Un événement historique ! En Côte d'Ivoire, la première association LGBT du pays a été lancée officiellement, en même temps que la Journée mondiale, et tout cela en présence du représentant du ministre de la lutte contre le sida et de nombreuses associations de défense des droits de l'homme. Une première, là aussi ! Après une conférence sur l'homophobie, des manifestations artistiques et un défilé de mode ont eu lieu. La participation des travestis et des transgenres a été très importante. Puis on a ouvert le bal… Certains pays ont-ils connu des problèmes à cette occasion (répression, interdiction de manifester) ? Oui, malheureusement. Au Sénégal, par exemple, notre correspondant national et l'association qu'il dirige sont sous pression constante depuis longtemps, et à travers la journée mondiale, nous essayons d'établir un rapport de force avec les autorités politiques, mais cela reste très délicat. Cela dit, dans la plupart des pays, les militants ont réussi à surmonter les difficultés qui se présentaient, et les autorités ont sans doute hésité à s'opposer à une dynamique internationale, aussi largement médiatisée… Au Kenya, l'association Equal Now ! a organisé plusieurs actions sans être inquiétée. À Kiev, la manifestation dont je parlais avait été interdite, mais les manifestants n'ont pas cédé, et ils l'ont emporté. À Hong Kong, jusqu'à la dernière minute, nous avons craint une interdiction, et finalement ce fut un grand succès médiatique et politique. Même en Iran, les militants ont su contourner la brutalité homophobe du régime en présentant la Journée mondiale sur de nombreux blogs, et dans des milliers de mails envoyés à cette occasion. La Belgique a officialisé cette Journée. Est-ce un développement que vous souhaitez pour la France ? Oui, tout à fait. C'est une de nos revendications. Que les autorités publiques reconnaissent officiellement la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, pour une reconnaissance internationale des personnes LGBT, ce qui constituera un levier d'action supplémentaire. Je suis très heureux que la Belgique ait ouvert la voie, et je suis assez optimiste sur les possibilités en France également. Par ailleurs, les verts, les socialistes et les libéraux-démocrates du Parlement européen soutiennent notre initiative. Le président du Parlement européen a d'ailleurs fait une déclaration publique le 17 mai à ce sujet, et j'espère qu'une reconnaissance officielle pourra être obtenue prochainement. Ce serait un signal fort envoyé au monde entier… Y aura-t-il une Journée contre l'Homophobie en 2006 ? Oui, absolument ! www.idahomophobia.org

















