Interdiction surprise de la gay pride
La police estime que le défilé perturberait gravement la circulation dans Budapest. Un argument qui n'est pas toléré par les associations.
Depuis que la Hongrie est redevenue un pays démocratique en 1990, c'est la première fois qu'une gay pride est interdite. Mardi 11 juin, tard dans la soirée, le chef de la police de Budapest a annoncé au comité organisateur du défilé que ce dernier ne serait pas autorisé en 2008. Prévue pour le samedi 5 juillet, la gay pride de Budapest est donc tout simplement annulée.
Les quinze associations engagées ont tout de suite fait part de leur consternation et ont dénoncé la mauvaise foi de la police. L'Ilga-Europe leur a apporté son soutien. En effet, la gay pride est organisée depuis des années sur le même axe, l'avenue Andrassy, et cette interdiction fait suite à une gay pride qui s'était terminée dans le sang l'année dernière (lire Quotidien du 10 juillet 2007). L'inaction de la police avait été dénoncée et largement médiatisée (lire Quotidien du 13 février 2008). Il semble que cette année, les forces de l'ordre ne souhaitent pas prendre le risque d'essuyer des critiques.
Katalin Levai, ancienne ministre de l'Égalité des chances et aujourd'hui députée (photo), a fait part de sa colère. "Je ne crois pas qu'une parade colorée, organisée un samedi matin du mois de juillet, puisse constituer une grave obstruction du trafic routier", a-t-elle estimé. Dans les journaux hongrois, les observateurs font quant à eux un lien entre l'interdiction de la gay pride et les tensions apparues dans la société hongroise ces derniers mois. L'extrême-droite et les cercles cléricaux extrêmistes sont de plus en plus populaires, dans un pays en grave crise économique (lire Quotidien du 30 août 2007).
Photo: DR.











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