Gay games 2010
Les délégués de la Fédération des Gay Games ont visité en septembre les sites des trois villes candidates pour l'organisation des jeux de 2010.
Des gay games pour Paris ? Les délégués de la Fédération des Gay Games ont visité début septembre les sites des trois villes candidates pour l'organisation des jeux de 2010. Après le cafouillage historique des jeux 2006, qui a conduit à la création des Out Games, à Montréal, alors que les jeux "officiels" se tiendront à quelques semaines de décalage à Chicago, l'erreur n'est pas permise. "Tetu.com" passe en revue les différents dossiers. Dossier coordonné par Xavier Héraud Textes Paul Parant, Dominique Chaudey, Habibou Bangré "Bien plus que le droit de jouer". Le slogan de la candidature de Paris donne le ton : les Gay Games ne sont pas une pâle copie des Jeux Olympiques. Le but n'est pas de battre des records sportifs, mais de se rassembler pour attirer l'attention sur les droits des homos dans le monde. Dans ce but, Paris a mis le paquet : 14.000 sportifs sont attendus, et pas moins de 500.000 spectateurs ! Car il s'agit d'être à la hauteur de l'institution. Depuis 1982 à San Francisco, les Gay Games sont organisés tous les quatre ans dans une ville différente : Vancouver, New York, Amsterdam, Sydney… et Chicago en 2006. Pour être choisie comme la ville hôte des Games en 2010, et transformer ainsi leur rêve en réalité, les parisiens avancent un budget de 9 à 10 millions d'euros, couvert à 55% par les entrées et les frais de participation. La candidature, à elle seule, coûte 60.000 euros. Les membres de la Fédération internationale des Gay Games, venus début septembre inspecter le dossier de Paris, ont reconnu qu'il était "excellent" (lire interview). Seulement voilà : la concurrence est féroce. Cologne (Allemagne) et Johannesburg (Afrique du Sud) sont sur les rangs et disposent chacune du soutien de leur maire. Ce n'est pas le cas à Paris où Bertrand Delanoë, sans doute pour ne pas se retrouver seul à régler l'addition, ne s'est pas engagé personnellement. L'opposition est, en revanche, plus sonore. Sous couvert d'anti-communautarisme, Bernard Debré, député UMP de Paris, s'emporte : "C'est illégal, que diriez-vous si on organisait des jeux hétéros ?" déclare-t-il, sans rire, à Têtu. À la limite du lapsus, il lâche : "Moi je suis pour que tout le monde soit pareil." Pour le co-président de la candidature de Paris, Alain Périé (lire interview), c'est une preuve, au contraire, que Paris a besoin des jeux. "Il faut faire changer les mentalités, et ça marche mieux si on s'ouvre aux autres, assure-t-il. Les compétitions seront donc ouvertes à tous, homos ou hétéros." Pour qui roulera la Fédération organisatrice des Gay Games ? Réponse mi-novembre à Chicago, à l'issue du vote du jury.
















