Dieu ou mon mec, pourquoi choisir?
Comment concilier foi et amour des personnes de même sexe alors que, pour les églises, l'homosexualité reste un tabou ? Le salut passe, d'abord, par l'acceptation de soi.
Delphine, 24 ans, néo-païenne "Ma mère est catholique et mon père protestant. J'accompagnais mes parents à la messe mais, très vite, je me suis fait une idée. Je me suis orientée vers le côté féminin spirituel du néo-paganisme. Les mouvements spirituels néo-païens sont très proches du féminin sacré: plutôt que d'avoir un dieu père, on a une déesse mère, par exemple. Dans ma spiritualité, chacun est responsable de ce qu'il fait, de ce qu'il est, de ce qu'il pense et la foi ne te contredit en rien à partir du moment où tu es en accord avec toi-même. En résumé, la ligne directrice est: "Fais ce que tu veux tant que tu ne nuis à personne." Du coup, comme je n'adhère à aucun courant dogmatique, il est plus facile de mettre en accord ma spiritualité et ma vie. Je n'ai d'ailleurs eu aucun conflit intérieur quand j'ai décidé de vivre avec une fille. Comme je pense que la vision de la foi et de la religion rejaillit sur sa vie, je pense que me serais posé sans doute plus de questions sur la compatibilité de mon homosexualité et de ma foi si j'avais suivi une religion du Livre. Quand je discute avec des amis homos, ils me racontent combien il est difficile pour eux vivre leur sexualité alors qu'ils se sont formatés sur un modèle religieux. En ce qui me concerne, comme le paganisme est quelque chose de peu connu, je me sens plus "normale" en étant lesbienne que païenne!" Arnaud, 19 ans, athée "Être gay et croire en Dieu: cette question je me la suis posée de nombreuses fois. J'ai reçu une éducation catholique et, lorsque j'ai pris conscience de mon homosexualité, j'ai renoncé à la foi puisque l'essence même de qui j'étais me semblait en totale contradiction avec le dogme. Et puis j'ai grandi et j'ai réalisé que mon renoncement à la religion était peut-être (et même certainement) une méprise totale puisqu'il s'agissait de mon interprétation de la Bible... Alors, même si aujourd'hui je suis athée, je pense sincèrement qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre homosexualité et religion, puisque chacun est libre de prendre ce qu'il veut et de tirer ce qu'il souhaite des textes religieux. Et ce, selon moi, dans n'importe quelle religion. Bien sûr, certains textes sont rétrogrades. Mais la foi est quelque chose de privé et si l'on croit en quelque chose, même en étant gay, bi, trans ou lesbienne, alors il ne faut pas lâcher, car ce serait s'exclure d'une communauté qui finalement ne rejette pas les LGBT."











