Des manifs, à Paris et à Barcelone, pour les droits des trans.
Les manifestations contre la psychiatrisation des trans ont rassemblé plus de 400 personnes à Paris et 300 à Barcelone.
La Marche des transidentités, de Paris...
"Nous voulons la dépsychiatrisation des transidentités et la dépathologisation des intersexes", résume Ali, 26 ans, l'un des organisateurs de la Marche fédératrice des transidentités. Ainsi, le collectif Existrans a rassemblé plus de 700 personnes eu Europe, lors de la 11è Marche contre la psychiatrisation des transsexuels, dont 400 à Paris qui scandaient des "Une femme, c'est comme ça, un homme c'est comme ça. Ta gueule, le psy, tu nous fatigues!". En Espagne, la première édition a compté 300 personnes, de Barcelone à Madrid, le dimanche 7 octobre.
Ce mouvement contre la psychiatrisation des transidentités prend une ampleur internationale, à la veille du sommet de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui s'apprête à réviser la classification des maladies mentales prévue en juin 2008. Les manifestants ont revendiqué une visibilité détachée de la stigmatisation que donne le statut de dysphorie de genre.
"30% des femmes transsexuelles sont séropositives et il n'y a aucune étude épidémiologique", dénonce Hélène Hazera, tandis que les manifestants poursuivent au rythme de "Vous faites le silence sur le sida des trans!". En effet, les scientifiques semblent désemparés face à la complexité des systèmes hormonaux des femmes et des transsexuels. Pourtant, la cohabitation des traitements hormonaux et ceux contre le VIH peut avoir des répercussions graves sur la santé des transsexuels séropositifs.
Les procédures de changement de l'état civil sont longues et coûteuses pour pouvoir avoir entre autres une carte d'identité et une carte vitale correspondant au genre choisi. En effet, d'après les associations, le montant de ces expertises médicales et psychiatriques à la charge du concerné reviennent à 3.000 euros environ.
Les transsexuels doivent faire face à la précarité, lorqu'ils recherchent un emploi, lorsqu'ils veulent récupérer un colis à la poste ou lors d'un contrôle d'identité de la police ou lors d'un déplacement à l'étranger, à l'aéroport.
"Nos identités ne sont pas nationales": des manifestants revendiquent le droit de pouvoir disposer librement de son propre corps sans avoir recours à une équipe médicale officielle et imposée par l'État, qui tendrait à garder le contrôle des genres.
Le collectif Les Putes affirme que "Les mécanismes de la transphobie et de la putophobie sont souvent les mêmes. Plus de 15% de notre communauté serait trans', en particulier parmi les travailleuses de rue qui sont les plus exposées aux répressions policières. Il est urgent de lutter contre la transphobie qui nous exclut du monde du travail dit normal, dont notamment le refus d'accorder le droit au changement d'état civil qui à défaut de supprimer la mention de sexe, permettrait d'avoir des papiers conformes à son identité."
Sur l'écriteau, on pouvait lire "Respect".
La manifestation s'est clôturée par un dying sur la Place de la République, suivi d'un discours des différents organisateurs et acteurs dans la visibilisation des transidentités et intersexes.
July Schultz, Gael Potin et Ali Aguado, lors du discours final, rappellent leurs revendications: "Nous voulons la dépsychiatrisation des transidentités et la dépathologisation des intersexes mais aussi le retrait de notre identité de la liste des maladies mentales sur la liste officielle de l'Organisation Mondiale de la Santé, l'arrêt des assignations hormono-chirurgicales des enfants intersexes, la dissolution des équipes médicales dites officielles et l'abolition des protocoles de soins, le libre choix de son médecin dans le cadre d'un suivi médical individualisé et la prise en charge des traitements hormonaux et chirurgicaux par la sécurité sociale.". ... à Barcelone
"Dysphorie de genre": pour la première édition espagnole de la Marche des transidentités à Madrid et Barcelone (photo), sous l'impulsion des Guerrilla Travolaka, le mot d'ordre est "Assez de dysphorie de genre!", pour lutter contre la psychiatrisation des transidentités, malgré la loi de mars 2007. Cette manifestation a rassemblé environ 300 manifestants.
En effet, depuis le 1er mars 2007, les personnes transsexuelles peuvent changer d'identité et de sexe sur les registres civils sans être obligées de se soumettre à des interventions chirurgicales. Il suffit qu'un médecin ou un psychologue certifie que la personne qui sollicite le changement d'identité est transsexuelle, qu'elle accepte son changement de sexe et qu'elle ait suivi un traitement médical durant deux ans.
"Le mouvement contre la psychiatrisation des trans devient européen. C'est le moment de commencer le combat, car en Espagne, on se sent seul: depuis l'acceptation de la loi de mars 2007, les activistes trans se sont endormis. Certains sont satisfaits, nous non!", explique Laia, 23 ans. Pour les témoignages sur la lutte des trans contre la psychiatrisation, cliquez ici. Photos Charlotte Bourgeois et un grand remerciement à Nuria Lecha pour ses photos prises à Barcelone.











