Christine Boutin aux homos de GayLib: "Non, je n'ai pas changé"
Christine Boutin avait accepté de rencontrer les membres de GayLib. Mais à côté de l'union derrière Sarkozy, les discordes semblent nombreuses.
L'invitation de GayLib à rencontrer, mercredi 31 janvier, au siège national de l'UMP, Christine Boutin, était alléchante: la "pasionaria anti-Pacs" a-t-elle évolué sur les revendications homosexuelles depuis le débat sur le Pacs, demandait GayLib après avoir rappelé le titre du dernier livre de la députée, Je ne suis pas celle que vous croyez. Après deux heures de débat, durant lesquelles Christine Boutin a dit son opposition à tout projet de reconnaissance des couples homosexuels, il semble que la députée soit vraiment celle que nous croyions. Devant une centaine de personnes, Stéphane Dassé et l'ensemble du conseil d'administration de GayLib ont exposé à la députée des Yvelines leurs revendications, de la défense de l'union civile à la reconnaissance des familles homoparentales ou la lutte contre l'homophobie. Le ton est poli, on fait de l'humour et il n'y aura jamais un mot plus haut que l'autre. "Je suis une femme ordinaire avec une vie extraordinaire", explique Christine Boutin à son auditoire. Si la députée assure qu'elle a évolué depuis 1999, elle persiste dans son opposition à toute évolution des formes d'unions visant à ouvrir des droits aux couples homosexuels. Elle justifie tous ses choix par la nécessité de lutter contre la dissociation entre la nature et la culture (c'est-à -dire la loi). Elle s'inquiète d'ailleurs de ce que la demande sociale exprimée en 1999 par les homosexuels soit une demande "qui vient aussi aujourd'hui de la part des hétérosexuels". Après un exposé fouillé d'Emmanuelle Revolon, vice-présidente de GayLib, sur diverses propositions en matière familiale (adoption, statut du beau parent, etc.), Christine Boutin s'est contentée de dire qu'elle n'était d'accord sur rien. "Car je ne veux pas dissocier la nature et la culture. Vous êtes légitime à le demander, mais je ne peux pas y souscrire. Avec les meilleures des intentions du monde, si on continue à aller vers cette dissociation de la nature et de la culture, on risque d'installer une société totalitaire (sic)." La députée souhaiterait par ailleurs que l'adoption ne soit plus accordée aux célibataires… En revanche, Christine Boutin s'est démarquée de Christian Vanneste -"Je pense que le concept d'homophobie existe. Toucher à la dignité de la personne par des expressions qui touchent à l'orientation sexuelle, sont inadmissibles"-, sans vraiment se prononcer contre la présence du député du Nord dans les rangs de l'UMP. "Laissez-moi aussi le choix de ne pas répondre." Très attentive aux demandes de Sophie, trans membre de GayLib, elle s'est engagée à la rencontrer et à réfléchir à la dépsychiatrisation des trans. "Ce que vous m'avez dit, que les trans sont classés comme des malades mentaux, je ne peux pas l'accepter, donc on se verra." Mais, après que la question est revenue à plusieurs reprises, la député a été très claire sur sa démarche si demain, le projet d'union civile portée par l'UMP était présenté à l'Assemblée. "Moi, je ne me sens pas liée par cela. Je ne suis pas favorable au contrat d'union civile, évidemment que je n'y suis pas favorable, ne m'en demandez pas davantage. Je suis désolée, que les choses soient claires: Nicolas propose l'union, moi je n'y suis pas favorable. S'il devient président de la République, vraisemblablement, il fera ce qu'il a dit; si je suis députée, je ne voterai pas cela. Je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïté." Avant d'en appeler à la "responsabilité politique de la presse gay" -qui en reste médusée: "Je compte vraiment sur la responsabilité politique de la presse gay qui est ici pour ne pas compliquer la vie de l'UMP et ma vie."











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