"Alors, que sommes nous?" demandent des homosexuels iraniens à leur président
Les homosexuels iraniens réagissent aux propos d'Ahmadinejad, qui a déclaré qu'"Il n'y a pas d'homosexuels en Iran".
L'émotion est vive au sein de la communauté homosexuelle iranienne en exil, après que son président a assuré, lundi 24 septembre à New York qu'il n'y avait "pas d'homosexuels en Iran" (lire Quotidien du 25 septembre). "Alors, qui sommes-nous? Que suis-je?", demande par exemple Arsham Parsi, le directeur exécutif de l'Irqo, principale association homosexuelle iranienne, basée au Canada. Le cynisme de Mahmoud Ahmadinejad (photo, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies) a également choqué le militant Babak Amiri, réfugié en France: "J'ai ressenti de la haine, explique-t-il à Têtu. En même temps, comme ça tout le monde a enfin compris que s'il mentait comme Pinocchio sur les homosexuels, il pouvait mentir éhontément de la même manière sur la bombe atomique. C'est bien que ça serve au moins a cela: il s'est discrédité politiquement aux yeux du monde entier." De fait, c'est le sens de la déclaration du président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants au Sénat américain, le démocrate Tom Lantos. Au moment de parrainer une loi intensifiant les sanctions contre l'Iran hier, le 25 septembre, il a déclaré: "J'aimerais pouvoir prendre Ahmadinejad au mot, mais il est évident que ce n'est pas possible. C'est le même homme qui, hier, a affirmé "notre peuple est le plus libre du monde" et "il n'y a pas d'homosexuels en Iran"". En Iran, la télévision a retransmis le discours d'Ahmadinejad à l'université de Columbia, mais en coupant le passage concernant les homosexuels. Aucun média de langue persane n'aurait repris les propos d'Ahmadinejad sur les homosexuels. Des associations de défense des droits de l'homme aident, depuis des années déjà et dans l'indifférence, des gays et des lesbiennes persécutés, à obtenir le droit d'asile dans les pays occidentaux. Miryam, Pegah et bien d'autres —restés anonymes— sont les victimes d'un régime qui répugne à les nommer. Mais l'existence de leurs tortures est prouvée par de multiples documents émanant des administrations iraniennes. Depuis que Têtu a révélé les récentes exécutions d'homosexuels (lire article du 26 juillet), 28 personnes ont été pendues au mois d'août et 24 en septembre. Ce décompte est fait par nous-mêmes, à partir des informations apportées par nos interlocuteurs iraniens et les annonces publiques du régime. Officiellement, les condamnés sont des malfrats. Mais, à voir la foule qui s'est pressée pour rencontrer Louise Arbour, haut-commissaire onusien aux droits de l'Homme, lors de sa visite surprise à Téhéran le 3 septembre dernier, on constate que la répression touche aussi les familles de féministes, d'homosexuels et d'opposants politiques. Voir en vidéo le reportage de la chaîne canadienne CBC sur la vie, bien réelle, des gays en Iran (en anglais).Photo DR











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