Virginie Despentes couronnée par le Renaudot pour «Apocalypse bébé»
La romancière lesbienne a reçu lundi le prix Renaudot pour son dernier roman, qui mettait notamment en scène une détective homo charismatique.

La subversive romancière et réalisatrice Virginie Despentes a été sacrée par le prix Renaudot pour Apocalypse bébé (Grasset), un feu d'artifice ironique entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne. Les jurés du Renaudot ont consacré l'égérie underground ouvertement homo au 11ème tour par 4 voix contre trois à Simonette Greggio pour Dolce Vita 1959-1979 (Stock).
Son livre, Apocalypse bébé, attendu depuis quatre ans, est un thriller décalé, un «road-book» entre Paris et Barcelone, dont la narratrice est une de ces «looseuses» chères à la romancière. Près de quarante ans, mal payée et mal dans sa peau, Lucie est employée par une agence de détectives privés. Un jour, une adolescente qu'elle surveille (c'est sa spécialité) disparaît. Pour retrouver la jeune Valentine, elle demande l'aide d'une baroudeuse, «La Hyène», une lesbienne passablement diabolique et terriblement charismatique. D'autres personnages atypiques croisent sa route et composent le portrait d'une époque égarée.
Le scandale Baise-moi
Virginie Despentes est vendeuse au rayon librairie d'un Virgin Megastore à Paris lorsque paraît en 1993 son premier roman au titre et aux contenus provocateurs, Baise-moi, refusé par de nombreux éditeurs et publié chez Florent-Massot. Sept ans plus tard, elle en fera une retentissante adaptation cinématographique, en collaboration avec Coralie Trinh Thi. Le film fait scandale.
Avant d'être vendeuse, la jeune Nancéienne, née le 13 juin 1969, a enchaîné les petits boulots. Prostituée via le Minitel, dans un salon de massage et des peep-shows, elle a aussi été pigiste pour des magazines rock et pornos. Après son deuxième roman, Les chiennes savantes, en 1996, elle rejoint les éditions Grasset chez qui elle publie en 2001 Les jolies choses, livre adapté au cinéma par Gilles Paquet-Brenner, avec Marion Cotillard, puis Teen Spirit et Bye bye Blondie. Elle réalise actuellement l'adaptation au cinéma de Bye Bye Blondie (dont les héros, un homme et une femme hétéros, sont devenus des lesbiennes dans l'adaptation cinématographique!) avec un duo qui donne très envie: Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart (lire notre article ici).
Virginie Despentes a aussi brillé avec son essai autobiographique King Kong Théorie, qui a fait l'effet d'une bombe à sa sortie en 2006 et s'est vendu à près de 45.000 exemplaires. Elle y dévoile avoir été violée à 17 ans. Un viol qu'elle décrit comme «fondateur». «Le viol, écrit-elle, est un programme politique précis: squelette du capitalisme, il est la représentation crue et directe de l'exercice du pouvoir».
N.B. Mutantes, son documentaire sur le porno féministe et lesbien vient de sortir en DVD (lire notre article).
Avec AFP. Photos DR











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De P-L
Bravo à elle. Quand (dans un lointain futur) j'aurais à nouveau l'occasion de lire pour le plaisir, je m'y intéresserait en priorité.