Une fresque pleine de vie pour célébrer les 25 ans de Aides
INTERVIEW. En hommage aux 25 ans de l’association de lutte contre le sida, le photographe plasticien Vincent Malléa et le musicien Pierre Pascual ont réalisé une fresque géante et des «portraits sonores». Coup d'œil.
Aides fête ses 25 ans. À cette occasion, l’association française de lutte contre le sida et les hépatites virales a demandé à Vincent Malléa, photographe plasticien (ci-contre), de mettre en couleur ces 25 années d’existence. L’artiste avait «fresque blanche». Au final? Une galerie de 25 instants. Des panneaux, mis bout à bout, pour un collage panoramique intergénérationnel de plus de 30 mètres de long. Sur fond de vernis, de taches de cire, de colle qui brille, la princesse Stéphanie de Monaco –qui a été parmi les premières à répondre présente– croise Josiane Balasko, Jean-Claude Jitrois, Ophélie Winter, Sarah Marshall et une foultitude d’anonymes. Un côté hyper-sériel, acidulé, débordant de vie.
Très vite, dans ce projet aux allures folles, Vincent Malléa a été rejoint par Pierre Pascual, musicien, professionnel du son (ci-contre, à droite). À l’issue des shootings, ce passionné de musique a recueilli de nombreuses confidences. Des voix célèbres ou anonymes, des mots doux, drôles, des instants vrais à retrouver sur un double album: AudioInstants. Un «volet son» qui fait partie intégrante de la fresque géante. TÊTU est parti à la rencontre de ces deux artistes. Interview au pluriel.
Un échantillon de la fresque, visible sur le site des 25 ans de Aides.
TÊTU: Vous avez choisi d’illustrer le combat contre le sida à travers une fresque géante. Pourquoi?
Vincent Malléa J’ai été piqué de mégalomanie, je crois. (Rires.) Au départ, Aides souhaitait un calendrier. Pas moi. Je voulais m’échapper de tout format. Le chiffre 25 me paraissait essentiel. Cette idée de fresque, de modules, a surgi très vite. 25 clichés, des toiles qui peuvent s’emboîter et dessiner une balade, un cheminement.
J’avoue avoir été un peu dépassé par la grandeur du projet. Cette œuvre est devenue pour moi un challenge. Elle a été une véritable découverte aussi: 107 modèles ont défilé sous mon objectif. Et puis, bien sûr, il y a eu la collaboration avec Pierre (Pascual). La rencontre de l’image et du son. C’est dingue comme ses interviews ont pu avoir une influence sur ma peinture.
Pierre Pascual J’ai rejoint le projet en cours. J’ai dû m’adapter très vite, entrer, me fondre dans l’univers de Vincent. Les choses se sont faites très naturellement. Nous avons le même regard.
Comment avez-vous procédé ? Votre travail s’est-il développé en parallèle?
V.M. J’aime travailler vite. Je ne supporte pas l’idée d’ennuyer, de faire perdre du temps. Contrairement à d’autres séances photo, ici, j’ai shooté sur base du ressenti. De façon furtive, presque improvisée. Quand la partie photo a été terminée, j’ai colorisé les clichés. Je me suis approprié les modèles. Lorsque l’on colore une peau, il y a quelque chose d’inexplicable, une violence entre soi et l’image. Je redonne vie aux modèles, je dois me glisser en eux. Depuis toujours, je suis un passionné de l’épiderme. Du tactile, du touché. Je voulais que cette fresque transpire de vérité. J’y ai laissé des taches, des traces de colle et de cire, des ratures… Je voulais des peaux qui respirent, des corps imparfaits. Je voulais de tout sauf un côté lisse, léché. Le travail de Pierre m’a conforté dans cette voie.
P.P. C’est drôle! J’ai ressenti, moi aussi, très vite, l’envie de partir vers quelque chose de naturel, de différent. De suite, j’ai réalisé mes entretiens sur un iPod, ce qui a désacralisé tout côté officiel. Aucun formatage, pas de questions préparées, de réponses réfléchies. Je voulais un son imparfait, un côté brouillon. Ces «portraits sonores» sont des «tranches de vérité». Ils sont entrés naturellement dans mon iPod. Presque par accident. (Rires.)
Vous avez choisi le préservatif comme leitmotiv?
V.M. Quelle autre image serait aussi forte, aussi essentielle? Le préservatif est le symbole d’une préoccupation. J’ai beaucoup décliné le petit ruban rouge aussi, signe de la lutte contre le virus du HIV. Et puis, de façon plus discrète, moins forte, il y a énormément de références à l’année 1984, l’année de création de Aides.
Quel message souhaitez-vous faire passer en guise de conclusion?
V.M. Nous voudrions que cette fresque et ce double album suscitent l’envie. Encore. L’envie de se rencontrer, de s’aimer, de faire l’amour. L’envie de partager, de continuer à lutter. Rien n’est encore gagné contre le sida…
Propos recueillis par Bertrand Deckers
Pour plus d’infos: http://25instants.aides.org
25 INSTanTs, à l’Espace Kiron (10, rue La-Vacquerie, à Paris 11e) jusqu’au 2 décembre 2009, la fresque de Vincent Malléa sera visible à partir du 21 janvier jusqu’au 19 février 2010 dans la mairie du 2e arrondissement de Paris.
Photos: DR.




















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De guillaume 8e
très sympat ... !
bonne manière de soutenir l'action
bon week end à tous