Une comédie antillaise qui aborde l'homosexualité féminine
INTERVIEW. Dans la pièce de théâtre, «Elle ne fait pas sans Blanc», Nathalie Coualy, la comédienne antillaise raconte avec humour les tracas du CDI (célibat à durée indéterminée).
Pendant des années, Nathaly Coualy a pris la plume pour son propre plaisir. Et puis, sur les conseils d'une amie, cette Guadeloupéenne de 43 ans a décidé de partager sa passion. C'est ainsi que l'ex-journaliste et mannequin a écrit sa première pièce, Elle ne fait pas sans Blanc, en collaboration avec Pascal Légitimus et Bertrand Dicale.
Pétillante et l'air mutin, elle y conte les anecdotes cocasses ayant ponctué sa recherche amoureuse. Recherche qui l'a conduite d'amants en amantes... Au final, le ton drôle, frais et léger anesthésie, ne fut-ce que pour un temps, les tracas du CDI (célibat à durée indéterminée).
TÊTUE: Le fil conducteur du spectacle est l'amour. Pourquoi?
Nathalie Coualy: Je ne dirai pas que mon spectacle parle d'amour. Le tout premier titre de ce texte était Seule. L'idée c'était vraiment la solitude d'une nana. C'est impressionnant, surréaliste, de voir la solitude des hommes et des femmes aujourd'hui. De voir à quel point on est entouré de plein de possibilités, de plein de moyens de communication... et à quel point on est extrêmement seul.
L'héroïne vit des aventures lesbiennes...
Je pense que beaucoup de femmes se posent la question. Ça va avec le fait d'être seule, de ne pas trouver «chaussure à son pied». Moi, à un moment donné, j'étais prête à tout. A tout essayer. Dans les moments de solitude et d'extrême solitude, on se dit: «Peu importe, mais donnez-moi un truc qui me fasse du bien! Et avec lequel je me sente bien, surtout!»
Pour étoffer ce passage avez-vous, par exemple, regardé la série The L Word?
Une de mes meilleures aimes est lesbienne, et j'ai une tante aussi qui l'est. Donc j'avais de quoi faire autour de moi! The L Word a été une source d'inspiration. Mais ce qui m'a choquée, c'est cette sexualité déchaînée, sauvage. Je trouve ça dommage. Même chez les hétéros, d'ailleurs.
Avez-vous déjà eu des relations amoureuses avec une femme?
Oui, j'ai fait quelques rencontres. Je suis allée au bout de mon désir, de mes recherches, pour apporter une réponse aux doutes que j'avais. Je crois d'ailleurs que l'homosexualité entre femmes existe et existera toujours. C'est peut-être même nécessaire qu'il y ait cette approche sensuelle, mais pas forcément dans un but sexuel.
Vous définissez-vous comme bisexuelle?
Je ne veux être ni dans une case de Noire, ni dans une case de Blanche, ni être bi ou hétéro. Moi, ma case, c'est: libre.
Votre spectacle milite-t-il contre la lesbophobie?
Ce n'était pas le but, mais pourquoi pas! Le texte me donne vraiment envie de développer parce que il y a des tas de choses à dire et que c'est ma façon à moi de militer contre la discrimination. Certains me disent: «T'as une grande gueule, attends d'être connue pour parler...» Mais à mon âge, si j'attends d'être connue, je serais peut-être morte! (rires) Alors je préfère parler maintenant. J'arrive à petits pas sur la thématique de l'homosexualité féminine, d'autant que, comme je ne suis pas concernée à 100%, j'ai peur des faux-pas et que mon propos soit mal interprété. J'ai notamment envie d'écrire et travailler sur le thème de l'île de Lesbos, en Grèce.
«Elle ne fait pas sans blanc»
Les jeudi, vendredi et samedi à 20h
Au théâtre Les Feux de la rampe
2, rue du Saulnier
75009 Paris
Réservations:
01 42 46 26 19











LES CHAÃŽNES 














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De PiCi
Bonjour, dommage de lire encore que l'homosexualité, ici féminine, est associée au fait de ne pas avoir de partenaire du sexe opposé, de ne pas avoir rencontré le bon...un moindre mal en l'absence du mâle justement... La encore on ne véhicule pas une image positive de l'homosexualité féminine, elle est même niée au profit d'un choix pour rompre la solitude....
Ici, la femme est le "truc" qui fait du bien....