Un écrivain gay et un autre homophobe vont avoir leur rue à Paris
Les noms d'Hervé Guibert et d'Alexandre Soljenitsyne devraient bientôt désigner deux portions de la voirie parisienne.
Sur les plans de Paris, on va désormais retrouver le nom d'un gay mais aussi celui d'un écrivain russe talentueux mais qui n'a malheureusement jamais caché son hostilité pour les homos... Mardi après-midi, le Conseil de Paris s'est en effet livré à l'attribution des nouveaux noms des voies de la capitale. Ainsi, le nom du photographe et journaliste Hervé Guibert, ouvertement gay et mort du sida, a été retenu «à l'unanimité» pour désigner une rue, comme en informe à TÊTU l'auteur du vœu en ce sens, l'élu UMP Thierry Coudert (lire notre article), précisant qu'il pourrait aussi s'agir d'une bibliothèque.
En revanche, à proximité de la Porte Maillot (dans le 16e arrondissement) une plaque devrait porter le nom de l'écrivain et dissident russe Alexandre Soljenitsyne. Un élu du Parti de gauche déplore ce choix car l'écrivain était «clairement antisémite» et, selon l'adjoint PS à la Culture, «passablement homophobe». La demande d'une place au nom du célèbre écrivain russe émanait d'un élu du Nouveau centre, Jérôme Dubus, selon lequel Soljenitsyne était «un brillant visionnaire».
Passablement homophobe
Si l'homme de lettres a été «victime d'une dictature indiscutable», a réagi Alexis Corbière (PG), c'est «une erreur absolue d'en faire un symbole de la liberté. Il était clairement antisémite et nostalgique de la monarchie tsariste et violemment opposé à la Révolution russe et française.» En 2006, Alexandre Soiljenitsyne a signé un texte en commun avec l'Église orthodoxe appelant à empêcher la première gay pride de Moscou à quelques jours de son lancement, ce qui avait encouragé les autorités politiques moscovites à l'interdire
«Il a été passablement homophobe», a renchéri l'adjoint PS à la Culture, Christophe Girard, présidant l'hémicycle, qui s'est dit «pas mécontent de ne pas voter» la délibération. Mais malgré ces critiques, les groupe PS et EELV ont voté pour. «Voilà enfin une juste reconnaissance pour la mémoire de cet écrivain majeur du XXe siècle, Prix Nobel de littérature 1970», avait argué M. Dubus dans un communiqué.











LES CHAÃŽNES 














4
De Etc.
Bravo aux élus socialos et écolos de la Ville de Paris qui, par anticommunisme primaire, vont donner à une rue de la capitale le nom d'un écrivain en effet "clairement antisémite", homophobe (cela va sans dire), mais aussi intégriste orthodoxe et profondément réactionnaire (au sens étymologique du terme : qui souhaite un retour aux temps passés, en l'occurrence ceux de la dictature tsariste, qui laissait croupir dans la plus noire misère 95% de la population russe et qui à ce titre a causé tout autant de morts que le régime soviétique !). Que Soljenitsyne soit un écrivain important du XXe siècle, on peut en convenir, mais on pourrait en dire tout autant de Céline, que jamais l'équipe de Delanoë n'aurait accepté d'honorer ainsi (et à juste titre, me semble-t-il) : pourquoi alors tant d'honneurs ?
1
De smirnofficce
@ Heroes69
.... ceux de la dictature tsariste.... et qui à ce titre a causé tout autant de morts que le régime soviétique !).
Ecrire ce genre d'anneries c'est au choix soit du révisionisme soit de l'ignorance historique.
2
De Etc.
Tu veux qu'on s'amuse à compter les morts ? Ceux qui n'ont pas survécu à la faim, au froid, aux travaux forcés, au knout, aux pogroms ?
0
De smirnofficce
@ Héroes69
Oui et...La période soviétique a fait la meme chose X 100....La décompte serait effectivement morbide mais effectivement on peux comparer
0
De brlumpet
Autant comparer la Peste et le Choléra. Le régime des Tzar était abominable, celui qui a suivi l'était sans doute tout autant. Le régime actuel est peut être mieux, mais à peine, il en va de même au sort des gays de Russie. Et le sieur Soljenitsyne n'a guère aidé, son seul intérêt est purement historique. Il ne mérite certes pas que l'on baptise une rue de son nom.
0
De Didier56
C'est autant absurde que de comparer l’homicide par négligence et l'assassinat avec préméditation. SVP ne plaçons pas d'idéologie dans des évènements aussi tragiques, c'est vraiment honteux.
0
De Etc.
@ Raphaël56 : les morts du régime tsariste auraient été victimes d'une simple négligence et ceux du communisme d'assassinat avec préméditation ?!? Il y eut, durant la période communiste, un grand nombre de personnes envoyées sciemment au goulag ou exécutés en raison de leurs opinions ou de leurs croyances (comme il y eut des prisonniers politiques ou des pogroms organisés par le pouvoir du temps de la Russie impériale), mais une bonne partie des morts imputables au régime communiste russe (ceux des grandes famines, notamment) ont été victimes de l'incompétence et de la stupidité du pouvoir, pas d'une intention exterminatrice. Pour les victimes, certes, ça ne change malheureusement pas grand-chose, mais pour l'historien qui veut comprendre un peu sérieusement cette période, ça évite tout parallèle stupide avec les morts du nazisme.
0
De Phil86
non mais attendez le Tsar était quand même un grand démocrate, très respectueux du bonheur et du bien-être de son peuple, d'ailleurs quand Catherine II de Russie se promenait dans les campagnes russes, elle découvrait des villages (Potemkine) prospères qui respiraient la joie de vivre, un peu comme Sarkozy le Tout-Petit, Tsar de Rien du Tout, en visite sur des chantiers hum hum ^^
en venir à défendre le Tsar, faut vraiment que certains soient tombés bien bas...
0
De vpi79
One ne peut pas comparer les morts d'un régime ou l'autre. Cependant on ne peut pas non plus mettre à la charge d'un écrivain, même s'il avait exposé ses idées, les morts d'un régime ou d'un autre, où il n'avait pas la responsabilité de décision.
Si on commence à parler d'idée "réactionnaire", il faut bien voir que la France toute républicaine qu'elle était, était aussi très influencée encore par l'Eglise.
C'est la République, pas l'ancien régime, qui a essentiellement fait la colonisation et ses lois d'exception sur des bases raciales. Les anciens régimes se sont plutôt compromis dans leur volonté nationaliste interne pour asseoir leur pouvoir sur leur territoire, tout en formant des alliances et compromis politiques avec leurs voisins (même s'ils se faisaient la guerre de temps en temps, mais sans commune mesure avec les guerres "républicaines" qui les ont suivi), tout cela pour ensuite en faire des alliés qui défendraient leur siège sur le royaume. Globalement les lois d'exception ont fait la transition entre une exception interne (l'élitisme de classe) vers une exception externe (le nationalisme et la colonisation).
La révolution russe de 1917 elle n'a fait que supprimer l'exception élististe d'un régime par une autre élite autoproclamée, en profitant de la faiblesse causée conflit armé mondial (un conflit complètement à l'opposé de ce qu'avaient pu faire les anciens régimes qui cherchaient plutôt à limiter l'impact des guerres, et surtout à éviter que cela se fasse d'un peuple contre un autre). Cette révolution a ensuite abouti à un conflit meurtrier sur le propre sol russe, contre le peuple qui l'avait mis en place (ce n'est pas étranger à ce qui s'est passé plus récemment en Iran dans les années 1980, ou maintenant dans les révolutions arabes qu'on soutient du bout des lèvres).
Mais je ne sais pas trop quoi penser de Soljenytsine : comparé à tous les autres écrivains de cette époque, je ne pense pas que ce qu'on défend aujourd'hui avait le moindre écho, nulle part dans le monde (sauf peut-être en France à l'époque des poètes romantiques du XIXe siècle, qui pourtant assumaient aussi un héritage religieux).
Il faut se replacer dans cette époque. Mais toute la fin du XIXe siècle (vers 1870) et la première moitié du XXe (au moins) n'ont pas eu le moindre soutien de ce qu'on défend aujourd'hui. C'est une période très triste pour l'humanité entière et qui a conduit à deux tragédies mondiales sans précédent dans l'histoire.
Malheureusement ces tragédies ne sont pas terminée. Mais faudra-t-il que le siècle prochain dénonce les écrivains d'aujourd'hui qui ont seulement assumé une idéologie ou une spiritualité de notre temps ? Il ne faut pas aller trop loin. Sinon autant condamner l'humanité entière, et cela n'aboutira à rien d'utile, et on n'aura rien appris de l'histoire, et l'histoire ne sert à rien si on ne la comprend pas.