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SOS homophobie: «La prévention en milieu scolaire est une affaire urgente»

Par Paul Parant lundi 28 septembre 2009, à 13h42 | 2341 vues
Plus de: SOS homophobie, homophobie

INTERVIEW. Après l'agression d'une lycéenne lesbienne à Albi, SOS homophobie, qui vient d'obtenir un agrément national du ministère de l'Education, revient sur la nécessité des actions à l'école.

L'actualité a rappelé de façon tragique que les collèges et lycées étaient toujours un terrain fertile pour l'homophobie en tous genres. Il y a quelques jours, on apprenait qu'une lycéenne d'Albi a été rouée de coups après plusieurs semaines d'insultes en raison de son homosexualité (lire notre article).

L'occasion de faire le point sur un moyen possible de prévention de ce type d'homophobie: les interventions en milieu scolaire. SOS homophobie, qui vient enfin d'obtenir un agrément national pour intervenir dans les collèges et lycées, «constate une nouvelle fois l'urgence qui existe à pratiquer ces interventions» après l'affaire d'Albi. TÊTU a interrogé en fin de semaine dernière Chrystelle Chopin et Michel Rey, référents de la commission Interventions en milieu scolaire de SOS homophobie.

TÊTU: Que représente cet agrément pour interventions en milieu scolaire? Que vous permettra-t-il de faire de plus ou mieux?
SOS homophobie:
Ces agréments académiques et nationaux sont tout d'abord une reconnaissance du travail accompli, un encouragement à toute l'équipe. Au plan de l'institution, c'est une sorte de «label», une garantie. L'agrément n'est pas obligatoire pour intervenir, il n'oblige pas les chefs d'établissement (qui sont les seuls habilités à accepter une intervention) à donner leur accord, mais ces derniers ne pourront plus se réfugier derrière l'argument: «Vous n'êtes pas agréés» comme ça été le cas à Lyon l'an dernier.

Cette reconnaissance est le fruit d'un long combat…
Absolument. C'est le combat de nombreuses associations et tout particulièrement de Couleurs gaies de Metz qui a obtenu le sien après une longue bataille juridique et cette victoire a créé une jurisprudence importante. C'est aussi le combat quotidien de toutes les associations qui réclament des actions au niveau de l'école. Ces revendications ont été relayées par la Halde qui a publié d'importantes recommandations. Ainsi, un mouvement s'amorce: en 2004, SOS homophobie a obtenu l'agrément à Versailles, ensuite en 2008 à Créteil et Paris, et maintenant l'agrément national. Avec Contact, nous sommes les deux seules associations agrées au plan national et c'est insuffisant. Nous encourageons toutes les associations qui font des interventions à solliciter cet agrément.

Quel est le travail concret de SOS sur le terrain? Comment se déroule une intervention?
Nos interventions sont toujours en binôme, le plus souvent possible mixte. Nous commençons toujours par préciser les notions en partant des discriminations en général. Puis nous recentrons sur les discriminations LGBT. Ensuite nous diffusons un extrait du film «Etre et se vivre homo» puis la discussion s'engage, autour de réponses à des questions posées anonymement par les élèves sur des petits papiers. Les réponses s'organisent comme un dialogue, comme toute l'intervention. Nous faisons toujours un point sur le droit et nous terminons par une évaluation de notre intervention via un questionnaire.

Peut-on évaluer l'état de l'homophobie à l'école? Comment y remédier?
En 2008, 4% des appels reçus sur la ligne concernaient le milieu scolaire. C'est peut-être peu, mais si l'on pense que le numéro d'appel de notre ligne est très peu diffusé auprès des jeunes, c'est beaucoup. Et très fréquemment, des témoignages d'agression nous parviennent. Donc, fondamentalement, la situation n'a probablement pas beaucoup changé depuis notre enquête en 2005-2006. 58% des personnes interrogées disaient alors avoir été victime ou témoin d'homophobie. Et 90% des sondés pensaient que l'Education Nationale ne faisait pas ce qu'il fallait pour lutter contre l'homophobie.

Quel est le chantier qui attend SOS dans ce domaine?
Aujourd'hui le monde éducatif, les chefs d'établissements, les personnels, commencent à prendre conscience du problème. Les institutions ont donné des signes encourageants: il y a les deux dernières circulaires de rentrée, la future campagne de sensibilisation «parler de sa différence», les recommandations très fermes de la Halde. SOS homophobie sera donc très attentive à la poursuite de la lutte en milieu scolaire. Mais nous ne pouvons pas tout faire à nous seuls. Nous demandons donc à ce que de nombreuses associations puissent être agréées nationalement et sur le plan académique et aussi, et c'est urgent, et même urgentissime, que cela soit intégré à la formation initiale et permanente des enseignants. Sur ce point, tout reste à faire.

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19 réactions de la communauté

 
NémoGizmo

De NémoGizmo

Le 28 septembre à 13h48

oui, les actes restent à poser d'URGENCE de la part des ministères concernés. et SOS fait un boulot de fourmi unique, avec trop peu d'aide encore.

 
gayboy39

De gayboy39

Le 28 septembre à 14h51

Le milieu scolaire est là pour former des esprits libres et ouverts. On en est très loin : on forme des machines et des futurs automates. Force est de constater que l'homophobie est très présente AUSSI parmi le personnel enseignant, du collège à l'Université. Ceux-là n'ont pas d'excuse. Il y a donc du boulot à faire au niveau de la formation des maîtres.

 
hector dumas

De phil86

Le 28 septembre à 16h00

je ne crois pas qu'il y ait plus d'homophobie dans le corps enseignant qu'ailleurs, les profs ne sont pas plus particulièrement homophobes, et il y a beaucoup d'homos et de lesbiennes dans l'enseignement ; à la fac, et je parle en connaissance de cause pour y être passé en tant qu'enseignant, être gay est plutôt "bien vu" par les collègues (ce qui peut être tout aussi critiquable d'ailleurs, il n'y a aucune raison d'être mieux vu parce qu'on est gay !), enfin c'est comme ça que je l'ai personnellement ressenti, mais il y a aussi des homophobes, bien sûr...

 
hector dumas

De Numa

Le 28 septembre à 20h45

Etre gay est bien vu à la fac ?!

Si tu as fait trois semaines de vacations à la fac, ce n'est pas la peine d'en tirer des considérations générales pour autant, surtout quand elles sont fausses !

Non franchement, et pour etre plus calme, la fac n'est pas du tout moins homophobe qu'ailleurs.

 
hector dumas

De phil86

Le 28 septembre à 22h55

ben écoute moi j'y ai fait une année complète et dans le département où j'exerçais ça n'était pas un problème du tout... mais il est vrai qu'en lettres et langues les homos sont légion...

 
hector dumas

De Numa

Le 29 septembre à 00h05

J'aimerais bien discuter avec toi autrement qu'en public (non pas pour draguer :-p), mais je ne sais pas comment. Il faudrait qu'on discute un peu en privé, si tu en es d'accord.

 
spernbo

De spernbo

Le 28 septembre à 15h02

je suis un etudiant et c'est trop difficile d'etre gay dans ton lyceé ou ton universitai j'en ai marre c'est quand que ce putain d emonde admeterras les gays?Et quand viveras heureux sans la peure?

 
barcelonais

De barcelonais

Le 28 septembre à 15h05

Il faut du boulot dans tous les centres éducatifs européens.

 
adam2lille

De adam2lille

Le 28 septembre à 17h06

l'homophobie est omniprésente et quotidienne dans les établissements scolaires l'insulte la plus répandue y étant "PD", deux lettres que l'on peut voir taggées et vociférées partout ! Je travaille en lien avec les lycées de ma région, aucun des 500 projets que j'ai vu passer depuis 3 ans ne traitaient ni évoquaient l'homosexualité ou l'homophobie, même lorsqu'il s'agissait de projets de lutte contre les discriminations ou de travail sur l'estime de soi....

 
hector dumas

De NémoGizmo

Le 28 septembre à 17h26

les choses ne sont pas contradictoires: il y a en effet pas mal d'homos parmi les profs, c'est le cas un peu dans tous les pays démocratiques.

Mais LE DIRE à ses collègues, sa hiérarchie voire même aux élèves et parents est très très difficile au collège, au lycée et jusqu'au bac, pour les raisons qu'on sait... :-(

dès lors, ABORDER tout simplement le sujet est aussi délicat, pour beaucoup, dans des projets éducatifs.
Le ministère n'aide pas tellement, ayant refusé de diffuser la moindre campagne contre l'homophobie dans les établissements, même celle diffusée depuis juin dernier dans des facs, avec 1 texte / slogan assez mal fichu... voire carrément abscons.

 
hector dumas

De phil86

Le 28 septembre à 18h15

je pense que tout dépend des établissements et des équipes en place, j'ai travaillé plusieurs années dans un collège où nous étions plusieurs homos ouvertement déclarés et ça ne posait pas de problèmes entre collègues

@adam2lille : je pense que l'insulte "PD" a perdu depuis longtemps toute référence à l'homosexualité, elle n'est donc pas en elle-même homophobe (à mon avis) ; mais en revanche elle l'est si elle est utilisée pour brocarder un mec que l'on sait ou que l'on croit être homo

 
hector dumas

De adam2lille

Le 28 septembre à 18h30

C'est pour cela qu'il ne faut pas attendre quelques projets ou les bonnes volontés de profs courageux mais épars, en imposant de réhabiliter l'homosexualité au sein même des programmes scolaires (et pas qu'en SVT, par pitié ! mais au sein même des cours d'histoire, de géographie et de littérature)

@phil86 : je considèrerai toujours le terme PD comme une insulte qui est une pleine référence à l'homosexualité ! Cette insulte, entendue et lue à longueur de journée, est autant de coups de couteau quotidien à chaque fois qu'elle est prononcée pour un jeune homo "non-assumé" et fragile.

Elle est à bannir totalement.

 
hector dumas

De phil86

Le 28 septembre à 18h40

je suis d'accord avec ce que tu dis de l'homosexualité au sein des programmes scolaires ; en revanche je ne suis pas d'accord avec toi sur l'insulte "PD" : je persiste à penser qu'elle n'est pas forcément homophobe (tout comme d'ailleurs "en***é") mais bon je comprends ton point de vue

 
hector dumas

De Numa

Le 28 septembre à 20h46

Bien sûr, "sale pédé", on ne sait pas du tout ce que ça veut dire.

 
hector dumas

De phil86

Le 28 septembre à 22h50

"sale pédé" c'est autre chose, justement, et là oui c'est clairement homophobe... mais PD tout court, non, je ne pense pas que ce soit forcément une insulte homophobe dans la tête de ceux qui l'utilisent (et tant pis si mon point de vue n'est pas gayment correct ici !)

 
hector dumas

De maboule

Le 29 septembre à 08h35

"sale pede": pede oui c' est vrai mais sale alors la pas du tout je me suis lavé avant de venir moi!

 
Mahou phoenix

De Mahou phoenix

Le 28 septembre à 21h01

Même si maintenant comme il est dis dans l article, les directeurs des écoles ne pourront plus trouvé l excuse du non agrément pour refusé l interventions de sos homophobie ,cela ne veut pas forcément dire qu ils accepteront pour autemps... L homosexualité reste taboo encore dans le domaine de l éducations ! Ma belle mère est enseignante et elle a toujours fais en sorte que l homosexualité de sont fils (mon copain)soit cacher à ses collègues.. Car d après elle si les parents d éleves l apprenaient cela pourrais crée des problème (c est complètement con mais bon) Perso j suis pas convaincu que les écoles vont accepté sos homophobie.. Même si ça serai vraiment une bonne chose qu ils commencent à apprendre la tolérance aux gamins!! Par ce que quand on voient ce que les parents leurs foutent dans la tête et ce qu ils voient de nous à la tv ...... Sur un forum l autre jours j ai vu des gamins de 14 a 16ans parlé d homosexualité et leurs paroles c était que c est un péché ou une maladie .. L un d eux disait même qu ils fallait tous nous éradiqué ... Quand on voi ce genre de mots chez des gamins de 14 a 16ans ,on ce dit mais qu est ce que ça sera plus tard.?!!...

 
hector dumas

De Numa

Le 28 septembre à 22h03

"Perso j suis pas convaincu que les écoles vont accepté sos homophobie.."

Les écoles n'auront pas le droit de les refuser, si un enseignant veut les faire intervenir dans la classe.

 
Moi

De Moi

Le 29 septembre à 21h21

C'est bien cette initiative mais je pense que c'est pas super utile... Je vois déjà les militants d'assoc gay s'emballer a la lecture de ma première phrase :) Non plus sérieusement, c'est une bonne chose mais d'après moi il faut que se soit dans les programmes scolaires. SOS homophobie fait un boulot correct mais elle n'intervient pas partout. J'entends par la que se sera surtout dans les grandes villes. Donc par la force des choses c'est restreint et du coup pas totalement efficace. Après je sais pas, on dit que le ministère ne s'occupe pas de ca...je suis pas tout a fait d'accord!!! Quand j'etais en cours (au collège il y a un peu plus de 10ans) on avait une matière (éducation socio-culturelle) et on parlait d'homosexualité donc bon...pourtant c'était en auvergne :) Ensuite la démarche même me gêne un peu, disons que dans ce cas il faut le faire pour toutes les minorités et que la je dis bonne chance a ceux qui vont s'y mettre. Parce que le truc c'est que certes il faut le faire et c'est nécessaire mais les élèves sont déjà pas mal sollicités par les autres matières donc je sais pas quand trouver le temps, les moyens, les gens qualifiés, et puis faut pas non plus que ce genre d'actions bloquent les enseignants dans les programmes donc a voir je pense que pour que l'éducation nationale fasse ce genre de choses il va encore falloir pas mal de temps

 
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