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SOS homophobie dénonce: «La lesbophobie est souvent intériorisée»

Par Mélanie Vives jeudi 15 décembre 2011, à 18h21 | 6433 vues
Plus de: SOS homophobie, lesbophobie, homophobie, sexisme, lesbiennes, webmag

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INTERVIEW. Dans un communiqué publié hier, l’association SOS homophobie constate que les lesbiennes et bi sont souvent inconscientes des réactions lesbophobes -c’est à dire à la fois homophobes et sexistes- dont elles sont victimes.

SOS Homophobie

«Les lesbiennes et bi identifient rarement l'hostilité à laquelle elles sont confrontées comme de la lesbophobie.» C'est le redondant constat qu'effectue SOS homophobie dans un communiqué publié hier, et que développe, pour TÊTUE, Léa Lootgieter (au centre sur la photo ci-dessous). Engagée dans l'association depuis 2009, elle y milite, à 26 ans, au sein de la commission écoute et de la commission lesbophobie.

TÊTUE: Le communiqué de SOS homophobie parle de la lesbophobie comme d’un «phénomène encore largement nié». C’est-à-dire?

Léa Lootgieter: Tout part du constat que les femmes appellent beaucoup moins sur la ligne de SOS homophobie que les hommes. En 2010 par exemple, elles ne représentaient que 15% du total des appels. En enquêtant sur la lesbophobie, en allant à la rencontre des femmes dans les soirées durant ces deux dernières années, on s’est rendu compte que toutes celles que l’on interrogeait nous répondaient «non, on n’a jamais été victimes de lesbophobie».

Or, quand on instaure un dialogue avec elles, quand on leur pose des questions concrètes, par exemple «comment a réagi votre famille quand vous leur avez annoncé que vous sortiez avec une femme?», finalement elles nous disent «ça s’est très mal passé, je me suis fait insulter par mon père» ou bien «mon oncle ne veut plus du tout me voir». Des choses parfois très violentes... Ce n’est que là qu’elles prennent conscience de la lesbophobie. Et encore, souvent elles minimisent.

Elles minimisent?
Oui, elles disent par exemple «on peut peut-être comprendre», ou bien «j’irai pas jusqu’à employer le terme de lesbophobie...» Parfois même quand il s’agit d’insultes ou de coups!

Lea / SOS homophobie

Comment expliquer ce déni ?
Par le fait que les lesbiennes sont peu présentes, que ce soit dans les médias ou même au sein du milieu et des assos LGBT. Elles sont toujours mises à l’écart. Même à SOS homophobie, il y a une majorité d’hommes et les questions de gayphobie sont davantage mises en avant, même si les choses sont en train d'évoluer. Pareil dans les lieux féministes, les lesbiennes sont assez invisibilisées... Elles ont donc du mal à s’identifier et à prendre conscience de ce dont elles peuvent être victimes.
Il y a aussi le fait que les femmes trouvent plus normal d’être victimes, car c’est la position qu’elles ont encore aujourd’hui dans notre société très sexiste. La lesbophobie, comme le sexisme, sont souvent intériorisés.

«Même quand il s’agit d’insultes ou de coups, les femmes ont tendance à minimiser la lesbophobie» Comment inverser cette tendance?
En voulant recueillir le maximum de témoignages de victimes, on s’est dit qu’on mettait la charrue avant les bœufs et qu’il fallait élargir le champ. Il faut avant tout visibiliser les termes «lesbienne» et «lesbophobie». Depuis 2008, on milite, avec la CLF (Coordination Lesbienne en France), pour que le mot «lesbophobie» soit reconnu dans les dictionnaires de la langue française.
On a aussi la volonté de ne pas axer notre communication uniquement sur les violences, c’est pourquoi on a participé au projet de brochure Tomber la culotte (lire notre article), de Sida Info Service et du Kiosque Infos Sida. C’est un moyen de positiver, d’aider les lesbiennes à s’identifier, à s’affirmer et à se sentir mieux, dans leur sexualité comme dans leur identité.

Photos: DR.

Sur le web

  • Le communiqué de SOS homophobie

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9 réactions de la communauté

 
alligator 427

1

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De alligator 427

Le 15 décembre à 19h34

pour moi en tout cas c'est clair: 1-tenir tête et répondre à l'insulte par un sang froid de surface (meme si ce n'est pas facile car dedans ça bout madame!)+un peu d'humour histoire de ridiculiser l'autre....enfin si il ou elle est équipé de neuronnes;
2- le poing dans la gueule (j'en rêve!)

 
hector dumas

0

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De Fred4150

Le 16 décembre à 18h39

from groupie89turbo6 to alligator 427
exit to chatagoune-goune
into chambre 2023 et des poussières

;-)

 
NémoGizmo

3

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De NémoGizmo

Le 16 décembre à 01h49

hélas, SOS a raison.
:-((

lesbiennes invisibilisées dans les médias et discours publics, et lesbophobie intériorisée... duo infernal!

 
Babyji

0

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De Babyji

Le 16 décembre à 13h48

Personnellement je le vois même autour de moi, quand des personnes se sentent si peu concernées par des thématiques qui les touchent directement, c'est aussi de la lesbophobie (ou gayphobie, c'est selon...) intériorisée... C'est d'une tristesse... C'est pourquoi, tant qu'on observera pas de réels changements, je renouvellerai de façon consécutive mon adhésion à SOS Homophobie

 
Exodarap

1

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De Exodarap

Le 16 décembre à 19h25

Euh... Juste comme ça, les réactions négatives suite à un coming-out relève simplement de l'homophobie, non? Pas juste de lesbophobie...
Enfin, d'après ce que j'ai compris, la lesbophobie est un mélange d'homophobie et de sexisme, non? En quoi y-a-t-il du sexisme dans une réaction négative à un coming-out d'une lesbienne?

Et quant au chiffre de 15%, il me paraît certes un peu bas, mais il me semble impossible qu'il y ait des chiffres comme 50-50 (outre le fait que ces stats ne prennent pas en compte l'homophobie dirigée à la fois aux deux comme catégorie à part entière). Je veux dire, autant il existe pas mal de gens qui tolèrent l'homosexualité féminine mais ne supporte pas l'homosexualité masculine, autant le contraire me paraît bien rare...

A part ces petites remarques sur l'article, sur le fond, je suis d'accord, les lesbiennes sont bien trop invisibles dans les médias, et dans la cause.

Il n'y aurait pas lieu de séparation entre gayphobie et lesbophobie si la société n'était pas si sexiste et ne faisait pas une telle fixation sur le phallus masculin Qui n'as pas déjà entendu des remarques du type "T'imaginent les lesbiennes? Toujours à utiliser des gods!"? (loin de moin l'idée de critiquer les lesbiennes qui en utilisent, je dis simplement que ça ne va pas forcément de soi, voir même que ça paraît étrange - pour les lesbiennes que je connais, en tout cas).

 
alligator 427

1

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De alligator 427

Le 16 décembre à 20h39

from alligator 427 to Fred4150: vas-y mimine fais-moi la mort ;) et comme j'ai fait une faute à alligator je vais rectifier sur le champ, puis m'auto ingérer ça m'apprendra tiens!

 
MysteriouScow

0

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De MysteriouScow

Le 17 décembre à 04h59

Vous serez heureuses de découvrir vos nouveaux amis lesbophobes rappeurs (pour changer) http://www.youtube.com/watch?v=dPTfJPKYf8M

Nekfeu & Alpha Wann " Le Retour Du Vrai Bail "

 
NightSkies

0

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De NightSkies

Le 17 décembre à 13h08

Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un mythe que de dire que la lesbophobie est moins courante que l"homophobie masculine. Les homophobes sont généralement plus virulents envers l'homosexualité masculine, souvent considérée comme une sexualité active et agressive, par rapport à l'homosexualité féminine, considérée comme plus passive et douce. De par la présence de plus en plus courante de scènes lesbiennes dans la culture populaire, les gens sont moins choqués par un baiser lesbien qu'un baiser gay. On remarque aussi que les homophobes fondamentalistes religieux invoquent souvent la sodomie (considéré comme une abomination) comme justification de leur dégout des relations homosexuelles. Or cette pratique fait référence seulement à l'homosexualité masculine. C'est une réalité. Au risque d'amener de l'eau à votre moulin, en comparaison avec des couples gays, je ne me considère pas victime de lesbophobie dans ma vie de tous les jours. Ca n'est d'ailleurs pas pour rien que le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est largement plus élevé que chez les jeunes lesbiennes. Perso, je n'aimerais pas être un homme homosexuel dans la société actuelle.

 
hector dumas

0

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De Nibiscus

Le 19 décembre à 18h27

Je tiens juste à vous contredire sur quant aux réactions homophobes des personnes religieuses envers les lesbiennes, ils considèrent autant malsain une relation sexuelle entre deux hommes, qu'entre deux femmes. Et je peux en témoigner. Ce que vous dites c'est tout simplement ce que les gens pensent en surface, le cliché des hommes qui sont brutaux, et les femmes douces !

 
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