Rudolf Brazda, le dernier des «Triangles roses», est mort
Le dernier survivant connu des quelque 10 000 déportés pour homosexualité sous le régime nazi, fait Chevalier de la Légion d'honneur en avril dernier, s'est éteint hier à l'âge de 98 ans.

Rudolf Brazda avait accordé une longue interview au magazine TÊTU de janvier 2009.
«Rudolf s'est endormi paisiblement dans son sommeil à l'aube du 3 août, il résidait depuis le mois de juin dans un établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes, à Bantzenheim [dans le Haut-Rhin]», a indiqué son entourage. Les obsèques de cet homme naturalisé Français en 1960 auront lieu la semaine prochaine à Mulhouse. Conformément aux dispositions de son testament, sa dépouille sera incinérée et ses cendres déposées à côté de celles de son compagnon de vie de plus de 50 années, Edouard Mayer, décédé à Mulhouse en 2003.
«Une disposition naturelle»
Rudolf Brazda avait fait partie des quelque 10.000 personnes déportées sous Hitler en raison de leur orientation sexuelle, les nazis considérant l'homosexualité comme une épidémie dangereuse pour la perpétuation de la race. Il avait été déporté au camp de concentration de Buchenwald où il porta le triangle rose, avant de choisir de vivre en France.
Né en 1913 en Saxe (Allemagne) dans une famille tchèque germanophone, Rudolf prend conscience de son homosexualité comme «une disposition naturelle qu'il accepte comme telle, conscient d'avoir eu la chance d'avoir toujours eu un compagnon à ses côtés».
32 mois d'enfer
En 1937, il est condamné à six mois de prison pour «débauche entre hommes», puis expulsé vers la Tchécoslovaquie. Là, après l'annexion des Sudètes par Hitler, il est à nouveau jugé et condamné pour le même type de faits, cette fois à 14 mois de prison. Cette peine purgée, Rudolf, considéré comme un récidiviste, est interné au camp de concentration de Buchenwald, dans le centre de l'Allemagne. Il survécut à 32 mois d'enfer dans ce camp, grâce à son amitié avec un kapo communiste et à «un peu plus de chance que les autres».
Rudolf Brazda avait gardé le silence sur les motifs de sa déportation jusqu'en 2008 mais l'annonce cette année-là de l'inauguration d'un mémorial aux victimes homosexuelles du nazisme à Berlin poussa des proches à l'inciter à faire connaître son histoire. Il avait reçu la légion d'honneur le 28 avril dernier (lire notre reportage).











LES CHAÎNES 














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De Eros
Hommage à cet homme courageux ayant vécu une histoire douloureuse et ayant osé en parler en public. Qu'on ne l'oublie pas, comme tous les morts de cette triste guerre.
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De Benji - Grand méchant gay
Merci à lui de nous avoir livré son histoire car c'est un peu la nôtre désormais.
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De Benji - Grand méchant gay
Lui qui aura eu le droit de porter un insigne de Légion d'honneur sur la poitrine mais jamais le droit de se marier. Si ce n'est pas du foutage de gueule, c'est rudement bien fait.
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De Kech
@Eros et Benji
+1000
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De jlth
+11111111 à tous.
Mais Benji, la France a mis du temps à le décorer, seulement il y a quelques mois ...
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De Benji - Grand méchant gay
@jlth : justement.
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De Tilit. La memoria de Daniel Zamudio ha sido honrada.
Je suis triste de voir que sur le site du livre de condoléance et d´hommage à Rudolf Brazda, il n'y a que 12 pages de messages, soit à peu près 120 messages. Sommes-nous donc si insensibles face à la disparition d'un grand témoin de nos martyres? Je ne le crois pas. Je copie un des messages posté sur le site:
"Quand je pense à lui, à son histoire, j'ai l'impression d'en porter un morceau en moi, qu'elle résonne en chacun de nous. Son témoignage et son courage sont un cadeau à tous les homosexuels d'abord, mais pas seulement. Rudolf Bradza, comme Pierre Seel, sont des symboles. Ils ont sorti de l'obscurité la mémoire des triangles roses, trop longtemps oubliés, cachés, honteusement exclus des cérémonies de la mémoire, discriminés parmi les discriminés.
Combien sont-ils revenus des camps comme des fantômes, comme des morts vivants condamnés au silence ? Combien sont-ils partis avec leur terrible histoire et leurs souvenirs glaçants, sans même oser espérer la reconnaissance de leur souffrance ? Par ces prises de parole, les triangles roses ont pris leur véritable place dans l'histoire. Je suis né en 1973 mais je vis cela comme une libération".
Moi je suis né 20 ans avant ce jeune homme qui apporte son témoignage et j'ai le privilège d'avoir pu entendre les témoignages de personnes qui ont vécu la guerre (mes parents, mon père ancien résistant).
Au dela de toutes nos différences, il en est une que nous ne pouvons pas ignorer: nous sommes gays et beaucoup d'entre nous ont été (et sont aujourd'hui encore) persécutés, torturés et tués à cause de ce que nous sommes depuis que nous sommes nés. Nous ne pouvons pas laisser passer un événement comme le décès d'un homme comme Rudolf sans envoyer un fort message à ceux qui viennent nous insulter dans la vie ou sur ce site et leur démontrer ainsi quelles sont nos valeurs de tolérance et d'amour.
MERCI de continuer à aller témoigner sur le livre de condoléance de Rudolf Bradza ou d'inviter vos amis à le faire:
http://www.livre-dor.net/livre.php?livredor=121358