REPORTAGE: Elles risquent leur vie pour la nôtre
Elles sont flic, pompier, militaire. Courageuses et volontaires, elles se mettent en péril pour nous protéger, intégrées dans des milieux d'hommes où l'homosexualité ne fait pas bonne figure. TÊTUE est allée à la rencontre de ces filles qui ont choisi un métier à risque.

Emilie s'est engagée dans l'armée à 19 ans pour se prouver qu'elle était «capable de faire «un métier d'hommes». Repousser mes limites mentales et physiques me plaisaient, tout comme la discipline et la structure hiérarchisée de l'armée. J'étais déjà lesbienne, mais je n'avais pas songé qu'il me faudrait concilier ma carrière et mon orientation sexuelle.» A 30 ans, Emilie ne se cache plus. «Je n'étale pas ma vie. Mais si on me demande le prénom de mon mec, je réponds: «elle s'appelle Marie». L'armée ne peut plus se permettre de se fermer à la société et à son évolution. La jeune femme est partie à plusieurs reprises en mission à l'étranger, au cours desquelles elle a appris à relativiser. «Après avoir vu la misère, des maisons criblées de balles, les enfants qui mendient dans la rue, lorsqu'on retrouve ses petits problèmes de la vie quotidienne, on ne voit plus les choses de la même façon.
Les mentalités évoluent dans la police nationale
Sev est flic. A 22 ans, elle travaille de nuit dans le service des gardes à vue. Les métiers à risque l'attirent depuis toujours. «Je voulais être flic, pompier ou gendarme. Quand l'occasion s'est présentée d'intégrer la police, j'ai sauté dessus!», confie la jeune femme qui aime l'adrénaline. «On ne sait jamais comment les gardés à vue vont réagir. Il y a de tout: SDF, prostituées, mineurs, suspectés de viol, de meurtre ou de terrorisme...»
Appréciant son travail pour la diversité des missions, Sev aime faire respecter les règles et les lois mais reconnait néanmoins avoir douté de sa vocation à plusieurs reprises. «On est au cœur de la réalité, et parfois on se demande dans quel monde on vit. Chaque jour, on ignore ce qui nous attend. Ma copine sait comment ça se passe, étant flic elle aussi, mais il lui arrive d'avoir peur pour moi et de me dire de faire attention. Les collègues savent qu'on est ensemble, ça ne pose aucun problème. Ils sont plus ouverts que ce que j'aurais pensé. Des lesbiennes, j'en vois pas mal dans la police et les hétéros sont nombreuses à avoir eu ou à désirer une expérience homo». L'attrait de l'uniforme, sans doute. Mais si la policière est bien en charge des fouilles sur les gardées à vue, elle jure ne pas abuser de son pouvoir, ajoutant: «c'est pas un cadeau; je m'en passerais bien !».
«Sauver ou périr»
La devise des sapeurs-pompiers parle d'elle-même. On n'intègre pas le corps des soldats du feu sans raison. Pour Marion, c'est le décès brutal de son père qui est à l'origine de son engagement. Révoltée, elle passe d'abord une formation aux premiers secours, avant de se présenter au concours de sapeur-pompier professionnel à dix-huit ans, «pour essayer de rattraper la vie que j'avais perdue, en sauvant d'autres personnes.» Ce qu'elle fera durant plus de quatre ans. Mais après mutation dans un centre qui ne disposait pas des structures sanitaires nécessaires aux recrues féminines, on lui propose un poste au SDIS (Service Départemental d'Incendie et de Secours), autrement dit dans un bureau. Marion refuse. «Ce qui me plaisait dans ce métier, c'était le fait d'être toujours dispo, d'être là quand ça ne va pas dans la vie des gens, pouvoir aider. Ca a été dur de prendre la décision de raccrocher le casque: parfois ça me manque; il m'arrive de rêver que je suis en intervention».
Etre pompier, flic ou militaire est une vocation. Et ce qui pousse ces filles à voler au secours de leur prochain se situe bien au-delà d'une simple addiction à l'adrénaline ou du besoin d'accomplir des interventions héroïques pour se sentir exister. Défendre la veuve et l'orphelin est un acte désintéressé, un acte d'amour. Et s'il paraît qu'on reçoit bien plus qu'on ne donne, ça n'enlève rien au mérite de ces héroïnes au quotidien.
Photo Jason Stitt - Fotolia












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De Sascha
Elle est bien jolie cette.......Emilie, mais est-ce bien Emilie, Sev, ou une photo de mannequin !