Quand le plus vieux bar gay d'Europe laisse sa place à un glacier
Après 125 ans, le Zanzibar, à Cannes, vient de fermer ses portes,
 faute de repreneur, en dépit de l'appel lancé par son propriétaire en septembre dernier. C'est la fin d'un mythe sur la Côte d'Azur.

Triste début d'année pour la communauté gay de Cannes. Pendant les fêtes, elle a perdu son bastion. Un matin, le Zanzibar a définitivement baissé son rideau pour laisser place, après quelques semaines de travaux déjà en cours, à un glacier. Après 125 ans d'existence, c'est la mort du plus vieux bar gay d'Europe. Un lieu mythique où s'encanaillait jadis toute la jet-set homo de passage sur le Côte d'Azur : les Cocteau, Marais, Brialy, Chazot, Le Luron...
Son ultime propriétaire est navré : «J'aurais voulu trouver quelqu'un pour le reprendre. J'ai eu des offres, mais aucune sérieuse... personne n'avait le pognon!» Or, à 60 ans, Jean-Marie Wawruszczak aspirait à vendre: «Je suis usé.» Il s'en était d'ailleurs ouvert en septembre dernier à TETU.
Gouaille légendaire
Ces derniers temps ont été difficiles pour ce bar de nuit. «J'ai morflé ces trois dernières années», confesse Jean-Marie. Il invoque la pression de la concurrence avec l'apparition d'énormes boites l'été et l'ouverture éphémère d'un autre bar gay à quelques mètres, son loyer qui aurait subitement plus que de doublé (de 1 500 à 3 500 euros mensuels) et l'excès de réglementations. «Le monde de la nuit est cuit en France. Tout est devenu compliqué», pense celui qui songe à reprendre une petite affaire dans ses Alpes natales. Accusé par une partie de la communauté de s'être endormi sur ses lauriers, Jean-Marie concède: «Le côté festif et locomotive, moi je ne savais pas faire.» Mais avec sa gouaille légendaire, ce collectionneur de pulls élégants laisse parler son amertume: «Tous ceux qui viennent pleurer aujourd'hui n'avaient qu'à me faire travailler avant!»
Cette vente, négociée selon nos informations entre 350 000 et 400 000 euros, entraîne le licenciement du portier et du barman du Zanzibar. Plus généralement, le président de l'Association gay du bassin cannois, fondée en septembre, juge cette fermeture «catastrophique». Eric Darmaisin: «Il y a un an, le Palais des festivals a lancé en grande pompe "Cannes Rainbow", une charte censée redynamiser la vie gay. Très bien, sauf que j'espère que ça n'était pas que de l'affichage puisque personne n'a rien fait pour empêcher la fermeture de ce lieu mythique.» Selon lui, c'est la preuve que «la vie gay s'étiole à Cannes alors qu'elle prospère à Nice.»
Photo: F.M./TÊTU











LES CHAÃŽNES 














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De Bob Delmonteque
125 ans c'est bien non ? faut que ça bouge, faut que ça tourne !
Pour que rien ne change, il faut que tout change ! allez, hop !