Nord: ouverture du procès pour le meurtre d’un gay
Meurtre homophobe ou non? Cette question hantera les débats du procès qui s'ouvre aujourd'hui à Douai, pour le meurtre, en janvier 2008, d'un gay sur un lieu de drague.
Le procès qui s'ouvre aujourd'hui à Douai (Nord) est-il celui d'un crime homophobe? C'est la question qui va occuper une partie importante des débats aux assises, jusqu'à jeudi.
En janvier 2008, le corps partiellement dénudé d'Antonio Paulo Sales, un sexagénaire gay a été retrouvé dans le jardin public de Cambrai, un endroit connu comme lieu de drague homosexuelle. Son visage était tuméfié et ensanglanté, et il était vêtu uniquement d'un tee-shirt et de chaussettes. Rapidement, deux jeunes sans domicile fixe de la ville, Kevin Boucher et Cédric Thomasse, âgés de 20 et 28 ans, ont été appréhendés. Ils ont été mis en examen pour «homicide volontaire en raison de l'orientation sexuelle de la victime» (cette circonstance augmentant la gravité de l'acte, et donc a priori de la condamnation). Le crime homophobe était d'emblée le mobile privilégié par les enquêteurs.
«Il a eu des relations homosexuelles, comment pourrait-il être homophobe?»
Or, depuis la reconstitution du drame, la qualification du drame a changé. Les accusés sont désormais poursuivis pour «vol avec violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner». Pourtant, l'un des agresseurs aurait interrogé sa victime pour savoir «s'il était pédé» avant de le violenter…
L'avocat de Kevin, principal mis en cause, s'acharne à montrer «qu'il ne s'agit pas d'un meurtre homophobe». Avec cet argument: l'accusé, s'il n'est pas homosexuel, «a déjà eu des relations homosexuelles», explique l'avocat à la Voix du nord. «Dans cette perspective, comment peut-on aller jusqu'à l'homophobie? Cela me paraît contradictoire!» L'avocat de Cédric, lui, explique qu'il ne faut pas que son client soit condamné plus sévèrement pour homophobie: «C'est un suiveur, c'est tout», dit-il.
«Chasse aux pédés»
En face, les avocats de la partie civile représentent les deux personnes agressées avant le meurtre mais également la fille d'Antonio Paulo Sales et du Collectif contre l'homophobie, qui s'est impliqué dans ce procès. Pour eux, le motif homophobe ne fait pas de doute. La question posée avant le meurtre, mais aussi des témoignages selon lesquels les agresseurs s'étaient vantés dans leur foyer de faire «une chasse aux pédés»…
Les victimes, elles, débutent ce procès avec la crainte d'affronter une épreuve. «Il va falloir évoquer des détails de la vie personnelle. Ce sera difficile», ont-ils confié.
Photo: DR.


















De NémoGizmo
si tous les gens ayant eu des rapports homos (volontaires et gratuits?) ne POUVAIENT pas être, jamais, homophobes, cela se saurait! c'est n'importe quoi ce genre d'arguments.
De sylvio
Ça montre la méconnaissance des réalités psychiques concernant l'homosexualité, ou aussi l'art de cet avocat à tordre ces réalités afin de protéger son client...pas sur que ça marche.
Cette argumentation me fait penser, à une anecdote, concernant un épicier du quartier ou je travaille : après avoir choisi mes courses, je vais à la caisse...n'ayant pas de CB, je sors mon carnet chèque...la caissière regarde l'adresse inscrite sur ce chèque et me dit que sa direction refuse tous les chèques dont l'adresse n'est pas parisienne.
Consterné, je demande à voir sa direction...ce directeur argumentait que tous les chèques impayés en sa possession provenait de la banlieue, et que de fait il refusait ce moyen de paiement hors Paris.
Je lui ai donc signifié qu'il avait le droit de ne pas accepter "TOUS" les chèques, mais pas de discriminer "les habitants" hors de Paris.
Son argument, bien sûr, fût de dire qu'il était lui-même de la banlieue et que ça n'en faisait pas un "raciste" de la banlieue.
Devant mon obstination, et menace de porter plainte pour discrimination, il a fini par céder ; le pire c'est que type travaille en plein cœur du Marais...la discrimination, il a surement dû en entendre parler.
Comme, on peut le voir, ce type d'argumentaire, consiste à justifier toute forme de discrimination, de meurtre et j'en passe...c'est très commun, malheureusement.