Nana allume la mèche à Pigalle avec son nouveau woman show
Décidément, que de women show en cette rentrée parisienne! Après La lesbienne invisible, Coco et Véro, Patricia et Colette, voilà «Nana allume la mèche», une humoriste bretonne qui personnifie ses coups de gueule en autant de personnages dignes du tarot marseillais, tour à tour terriblement grinçants, noirs, mais toujours drôles et tendres. Trois questions à Nana alias Frédérique Quelven...
TÊTUE: Ton nouveau spectacle s'appelle Nana allume la mèche...
FRÉDÉRIQUE: Je le joue depuis un an, et je l'ai écrit, il y a un an et demi. Au début, il s'appelait Rodéo, c'est toute une galerie de personnages qui m'ont été inspirée par mes lectures, mes rencontres; le ton du spectacle est assez moqueur, incisif, grinçant, mais j'ai toujours de la tendresse pour mes personnages. A la base, Je viens du droit, j'étais avocate pendant 6 ans, à Nantes, et puis j'ai été victime de la crise de la trentaine et j'ai tout plaqué pour me lancer dans la scène. J'ai commencé par un spectacle pour enfants Le Petit Poucet (il a allumé la mèche et la maison a pris feu et que c'est pour ça que sa famille est pauvre et donc qu'il a été mis dehors). Puis j'ai joué dans des scènes ouvertes, et depuis jeudi dernier, je joue mon spectacle au Théâtre Le bout, à Paris. Je l'ai d'abord joué à Quiberon devant un public super réceptif, ça doit être parce qu'en Bretagne, on a un humour noir et spontané! Pour la suite, J'aimerais faire des dates en province, sur la Côte d'Azur, dans des cafés théâtres, j'ai très envie d'être en face du public le plus possible. Et je cherche un producteur.
Y a-t-il un personnage lesbien?
Oui, j'en ai un, elle s'appelle Corinne, elle est esthéticienne et elle drague ses clientes! Le genre de fille qui passe son temps à râler du style «ouais, les lesbiennes sont toutes moches» alors qu'elle-même est pas vraiment terrible, c'est une fille seule qui se demande pourquoi elle est seule, elle est élististe et plutôt camionneuse. Elle se prend des vents, mais bon, c'est comme ça, elle propose toujours aux nanas d'essayer sa valise de godes. J'ai aussi un personnage de réalisatrice de films pornos avec des vieux «les pornosviocs»...
Tes influences?
J'adore Foresti, Sylvie Jolie, les clowns aussi m'ont beaucoup inspirée, c'est de capter le public qui m'intéresse. J'aime aussi Romy Schneider, Desproges, bien sûr. J'ai envie de parler de la mort, des vieux, des colères avec lesquelles je me réveille tous les matins, et j'en ai pas mal, et j'aimerais un peu éveiller les consciences; on est dans une société où l'on est hyper pouponné mais l'insécurité, elle reste là. Je joue un personnage, La Mort, qui se plaint que les gens ne veulent plus mourir. On me dit: «Pourquoi tu parles de la mort?» Pourquoi pas? C'est naturel, on peut en rire aussi!











