Marielle Bousquet: «Dans le sport, j'ai toujours vécu mon homosexualité librement»
Volleyeuse membre de l'équipe de France et sociétaire du Stade Français, Marielle Bousquet fait partie des (trop) rares sportives ouvertement lesbiennes en France. Aux côtés du perchiste Romain Mesnil, elle a accepté d'être marraine de la 8e édition du tournoi de sport LGBT de Paris. Rencontre.

Double geste, double image et double effet. Pour sa 8e édition, qui se déroulera du 10 au 13 juin, le Tournoi international de Paris (TIP), l'événement multisport LGBT le plus important en France, fait fort en s'offrant non pas un parrain, mais deux, tous deux sportifs de haut niveau: le perchiste Romain Mesnil et l'internationale de volley Marielle Bousquet (en photo ci-dessus). Un gars, une fille; un hétéro, une homo. «Il s'agit d'une volonté de notre part de repositionner la FSGL comme un mouvement d'abord sportif, explique sa présidente Christelle Foucault, et non comme un mouvement gay où l'on fait du sport. Avoir deux parrains comme eux, c'est génial et j'en escompte un double effet: davantage de retombée médiatique, bien sûr, et aussi que les gens se disent qu'il n'y a pas forcément besoin d'être gay pour parrainer un événement LGBT.»
En couple avec une fille depuis sept ans
À l'occasion du tournage de la vidéo de promotion du Tournoi et de la séance photo afférente avec les deux parrains, TÊTUE a pris le temps d'une discussion en toute décontraction avec Marielle Bousquet, volleyeuse au Stade Français et membre de l'équipe de France. Qui vit au grand jour son homosexualité, y compris dans son sport, depuis... toujours, en fait. «Pour moi, parrainer le TIP, non seulement ce n'est pas un souci, explique la libero de 25 ans, mais c'est en plus l'occasion de promouvoir la tolérance via les valeurs du sport.»
Marielle Bousquet, en couple depuis sept ans, a fait son coming out auprès de ses parents «à 17-18 ans et, même si j'avais un peu peur, ça s'est très bien passé. J'ai eu de la chance, je n'ai jamais eu aucun problème, autant dans le sport que dans ma famille. Dans le milieu du volley, j'ai toujours vécu ça librement, sans me poser des questions. Et en fait, je pense que c'est lorsqu'il y a des non-dits que cela fait parler, en tout cas chez les filles.»
«Les petites jeunes s'embrassent au lycée»
Et comment expliquer, alors, qu'il y ait si peu de sportives de haut niveau «out»? «Dans le volley, c'est hyper ouvert, répond Marielle Bousquet. En même temps... il n'y a pas beaucoup de lesbiennes! Quant aux autres disciplines... En fait, vu que je n'ai jamais eu de souci, je ne me suis pas vraiment demandé comment cela se faisait.»
Signe que les mentalités évoluent, selon elle, «parmi l'ancienne génération, je vois encore des joueuses dont tout le monde le sait, mais qui continuent à se cacher alors que les générations qui arrivent, c'est tout le contraire. Il y a plein de petites jeunes qui viennent me voir! Ça commence par "bonjour", après j'apprends qu'elles ont une petite amie et puis, au fil de la discussion, elles me racontent qu'elles s'embrassent au lycée. Et là, j'hallucine parce que moi, jamais je ne l'aurais fait! Mais je trouve ça super et si le fait que je parraine le TIP peut permettre à certaines jeunes d'oser venir me voir pour parler, eh bien tant mieux.»
Photos: DR.











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De oum-bearto
Un grand bravo marielle pour votre exemple!