Ma première sex-party
Samedi dernier, près des Champs-Elysées, une backroom était entièrement livrée aux lesbiennes, queer et trans. Récit de notre journaliste envoyée spéciale...
Vingt-deux heures, près des Champs-Elysées. Ici il faut sonner pour entrer. Une clientèle inhabituelle en ce samedi pour le Banque-club, une backroom gay devenue le temps d'un soir l'antre du sexe «pour girrrlz, lesbiennes, boys, queer & trans», comme l'indique le flyer de cette première Playnight organisée par Flosiz et son équipe sous le label «X porn X». Inspirée des sex-parties de Londres et de San-Francisco, cette soirée se veut «ludique et décalée», l'occasion de s'amuser sur tous les modes possibles, du soft au plus hard... Un stand de prévention tenu par l'association Etudions gayment assure le plaisir sans risques (capotes, gel, Fémidon, etc. mais pas de digues dentaires, dommage car quand même plus pratique que de faire du découpage avant de passer à l'action...).
Démonstration de maniement de fouet
Avec trois niveaux pour se mettre dans l'ambiance, la progression se fait en douceur et le public se chauffe au fur et à mesure. Première étape au bar-lounge pour faire connaissance et bavarder, tout en jetant un œil sur les pornos défilant sur l'écran géant (lesbiens, une fois n'est pas coutume) et observer le spectacle assuré par les «piliers» de la soirée : Wendy Delorme maniant le bâton avec deux boy-scouts très obéissants, Louise de Ville ligotant Amaury, seul garçon biologique ici présent (avec le personnel des lieux) et victime consentante dans son rôle de cow-boy façon bondage.
En descendant l'escalier, la pression monte petit à petit avec pas mal de monde attroupé pour une séance gentiment sado-maso, en duo avec cordes à linge le long du dos et des bras, et de la cire de bougie pour colmater le tout... Ou encore une démonstration de maniement de fouet, avec dextérité, par Lazlo - un performer trans venu de Londres - et sa complice Nadège. Tout en bas, c'est le temple des bien nommés espaces de jeux (sling, glory hole, croix de St André...) avec cabines privées à disposition, nichés dans un sombre labyrinthe où chacun(e) peut assouvir sa curiosité et ses instincts voyeurs ou exhib' : Pelotage en trio par-çi, cunnilingus vigoureux par-là, petite fessée entre amies avec Catherine Corringer dans une ambiance de franche rigolade, il y a de quoi se distraire c'est clair!
Prête à essayer les cabines
Le public s'est révélé plus diversifié qu'on ne pouvait s'y attendre. En début de soirée c'était un peu la famille queer qui se retrouvait autour de ses figures habituelles, mais la soirée avançant, le dress-code imposé («lolita, marin, cuir, manga, fetish, uniformes,vinyle, dentelles, frou-frou, paillettes, plumes, latex, à poil & à peau») se retrouve beaucoup moins respecté, avec l'arrivée de clientes différentes, souvent titillées par le côté un peu sulfureux de l'événement. Ainsi cette quadra' plutôt classique, réticente au départ mais entraînée par sa copine et bien décidée à partir «si elle voit des choses trop hard»...Quand même prête à essayer les cabines, «mais attention pas à trois, nous sommes en couple fermé!» D'autres comme cette jeune célibataire, totalement novice aussi, se disant que «ça peut être l'occasion d'être initiée au SM, si c'est bien fait pourquoi pas». Ou encore, cette habituée du milieu, venue «pour soutenir une initiative intéressante, par solidarité». Des lesbienne, des gouines, des queer, des trans, quelques bis et travestis, des solos, des couples, des groupes...
Tout ce petit monde se croisant et échangeant (dans tous les sens du terme !) avec enthousiasme, le courant semble passé entre les gens et les genres. L'occasion de se découvrir, même si certaines barrières ne tombent pas aussi facilement et la charte de conduite affichée au mur, incitant au respect de tous dans toutes ses dimensions, est là pour le rappeler. Pas d'incident à déplorer et une soirée plutôt conviviale –dans un lieu qui aurait pu inciter au glauque– réussissant à maintenir son esprit «sexy et fun». Fort du succès de cette Playnight entièrement autogérée, sans aucun sponsor, avec plus d'une centaine de participants, Flosiz compte bien renouveler l'expérience prochainement, à suivre... Un seul regret: la fermeture à 2 heures, au moment l'ambiance devenait la plus caliente !












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De Laurean
Contente que ce genre d'initiative fonctionne en France !
Il faudra penser à un tour en province par la suite...