Louis-Georges Tin lance le Pacte car «100% des Français sont discriminables»
Le créateur de la Journée contre l'homophobie et la transphobie, et président du Cran, adopte cette fois une approche transversale et parle autant des minorités sexuelles que du sexisme, des origines, de l'âge, du handicap…

«L'union fait la force. En se regroupant, on a beaucoup plus de chances d'être entendus.» C'est avec ce credo que Louis-Georges Tin, connu comme président du Comité Idaho (Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie) et du Cran (Conseil représentatif des associations noires) lance une initiative avec son think-tank République et Diversité. Le Pacte prend la forme d'un livre, aujourd'hui en librairie (collection Autrement), et d'une adresse aux candidats à la présidentielle, au sujet de cinq types de discriminations, basées sur les critères du droit européen: sexisme, homophobie, handicap, âge, origines.
Egalité des couples et des familles
Celui qui reconnaît s'être inspiré du pacte écologique de Nicolas Hulot avant l'élection présidentielle 2007 («mais nous, nous ne disons pas “C'est tout ou rien. On veut juste savoir à quoi les candidats s'engagent», précise-t-il) avance toute une liste de revendications. Parmi les plus transversales: «Rendre possibles les class actions dans la lutte contre les discriminations; créer un ministère d'Etat à l'égalité et à la diversité; accorder des avantages fiscaux aux entreprises ayant obtenu le Label diversité». Et plus précisément sur les LGBT, «Porter la résolution pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité à l'Onu, l'égalité des couples et des familles, la reconnaissance de l'identité de genre et la lutte contre la transphobie». Les candidats 2012 vont recevoir les revendications, et devront expliquer s'ils souhaitent s'engager à les réaliser.
De quoi, espère Louis-Georges Tin, recentrer le débat politique sur les discriminations. Avec cet argument imparable: impossible d'ignorer les discriminations puisque «80% des Français peuvent être discriminés: parce que ce sont des femmes, des homosexuels, des handicapés, des personnes de couleur, des personnes âgées…» Et même, avec l'âge ou la maladie, «100% des Français sont discriminables!» rappelle-t-il.
Associations fondatrices du Pacte: Animafac, l'APF (Association des paralysés de France), l'APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens), la Charte de la diversité, le Cran (Conseil représentatif des associations noires), la Fédération des aveugles de France, Graines de France, le Comité Idaho (International Day Against Homophobia and Transphobia), Mix-Cité, le Planning familial, Quinquas Citoyens et le think-tank Terra Nova.











LES CHAÃŽNES 














3
De Reporter
C'est une initiative intéressante. Malgré ma crainte exprimée de voir les discriminations se "noyer" les unes dans les autres, durant le Chat libération d'hier, je pense que l'initiative de L.G Tin pourra permettre une plus grande réactivité, mais aussi d'avoir un poids considérable devant les instances judiciaires.
A voir !
0
De TONY/TARN
Je ne comprend pas trop comment chacun va s'y retrouver.
Les causes et demandent sont si différentes.
1
De H.I.P
Ben dans un sens il ne fait qu'extrapoler la notion d'analogie entre discriminés/discriminants qui est chère aux Tétunautes.
On peut dire qu'il y a une sorte d'intertextualité entre les différentes chartes présentées par chacun des groupes minoritaires pris séparément .
Dans un sens ça se tient, puisque le pacte est fait à l'attention du "discrimineur" sur la base du principe d'égalité ( certains ont par ailleurs des "packs" d'intolérance=> voire les défaites successives des droitistes "durs" dans le temps : contre les femmes, les étrangers, les minorités sexuelles etc).
Rappelons que l'application de ce principe de "bon sens" suppose automatiquement une mise en parallèle des situations, qui va de pair avec l’honnête intellectuelle. C'est donc un argument universel.
Après effectivement en pratique les combats sont différents et les discriminés ne se "reconnaissent" pas forcement les uns dans les autres, mais leur objectif d'acception reste le même.