Louis-Georges Tin: «Il faut des sanctions envers la Russie»
Revenu de Moscou, où il a été brièvement incarcéré durant une tentative de gay pride, le militant tente d'obtenir des sanctions à l'encontre de la Russie.

Louis-Georges Tin dans le fourgon de la police russe lors de la gay pride du 28 mai à Moscou.
Louis-Georges Tin, le fondateur de la Journée contre l'homophobie et la transphobie, est finalement rentré sain et sauf de Moscou, où il a été arrêté par la police et détenu pendant quelques heures à l'issue d'une brève gay pride (lire notre article en direct). Mais sa détermination à faire avancer les droits LGBT en Russie n'en est que plus vive.
Sanctions
Hier, le militant a été reçu au ministère des Affaires étrangères, où il est allé plaider des sanctions à l'encontre de la Russie pour non-respect de la charte des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, auquel elle appartient, malgré deux condamnations par la Cour européenne (lire notre article).
«Je n'attendais pas de réponse aujourd'hui et je n'en ai pas eu, nous explique le militant, mais j'espère au moins que la France appuie une suspension du droit de vote de la Russie au Conseil de l'Europe pendant une session parlementaire». Cette sanction, plus efficace, estime-t-il, qu'une amende pour non-respect des décisions de la Cour européenne des droits de l'homme, pourrait faire plier la Russie pour qu'une gay pride soit finalement autorisée à Moscou en 2012.
Coopération avec les néo-nazis
«Ce que j'ai vu à Moscou était pire que de la simple inaction de la part des autorités. J'ai vu la coopération active de la part de policiers avec des néo-nazis, pour empêcher toute expression des LGBT présents», dénonce Louis-Georges Tin.
Au Quai d'Orsay, le militant a été reçu par François Zimmeray, ambassadeur français aux Droits de l'homme, et par des responsables de la région au ministère. Il a pu les remercier pour être intervenus en faveur de sa libération, ainsi que pour une discrète déclaration de la France pour les violences de Moscou. Lors d'un point de presse électronique, le 30 mai, le ministère a en effet fait savoir «l'attachement» de la France à la liberté d'expression pour tous et au droit de manifester, rappelé «sa condamnation des violations des droits de l'Homme et des libertés fondamentales fondées sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, quel que soit le pays où elles sont commises».
Photo: DR.











LES CHAÃŽNES 














0
De Matthieu GB
Il faut défendre les Marches des Fiertés LGBT partout dans le monde.
C'est d'ailleurs pourquoi :
Couleurs Gaies saisit la Cour Européenne des Droits de l’Homme !
Couleurs Gaies vient de saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans le cadre du procès de la Gay Pride. L’objectif de l’association est d’empêcher l’installation d’une jurisprudence GROS-RAUSCH qui soumettrait la liberté de manifester au pouvoir discrétionnaire du maire d’une ville.
En 2004 : Couleurs Gaies organise la deuxième édition de la Marche des fiertés LGBT de Lorraine. Jean-Marie Rausch interdit le passage des chars dans le secteur piétonnier alors qu’il l’autorise pour les évènements sponsorisées par la mairie et toutes les autres manifestions revendicatives.
Jean-Marie Rausch n’avait pas le pouvoir de police d’interdire une Gay Pride. Mais il avait bien compris qu’en interdisant à la Marche de fiertés LGBT de Lorraine de circuler dans le secteur piétonnier de Metz avec ses chars, il la rendait aussi pertinente qu’un match de foot sans ballon ou l’obligeait à défiler dans des rues désertes.
Cette évidence, les tribunaux français ont préféré l’ignorer, tout comme les aveux écrits de l’ancien maire : « La comparaison que vous faites entre la Marche des fiertés, manifestation ayant deux ans d’existence, et le défilé de la Saint Nicolas, fête populaire liée à une très ancienne tradition lorraine, organisée depuis plus de trente ans à Metz le dimanche le plus proche de la Saint Nicolas, ne me semble en rien fondée (…) » – Jean-Marie Rausch (16 décembre 2004).
En 2008 : Couleurs Gaies perd son procès en 1ere instance devant le Tribunal administratif de Strasbourg. L’association fait appel.
En 2009 : Dominique Gros est maire de Metz. Il autorise le passage de la Marche des fiertés en centre ville et… mobilise vigoureusement le service juridique de la ville pour faire perdre Couleurs Gaies en appel (7 mémoires en réplique produits sur ordre de la nouvelle municipalité). La HALDE reconnait le caractère discriminatoire de la décision municipale. La Cour administrative d’appel ne prend pas en considération cet avis et déboute l’association avec une rapidité peu coutume des tribunaux.
En 2010 : Le Conseil d' Etat rejette le dossier tout aussi rapidement.
Conséquence: Aujourd’hui, en France, n’importe quel maire peut s’appuyer sur la jurisprudence Gros-Rausch pour accorder ou pas, à la tête du client, l’autorisation de défiler avec des véhicules motorisés en centre-ville piétonnier !