Loin de Paris, le clubbing lesbien peine à décoller
La multiplicité des soirées lesbiennes parisiennes fait rêver plus d’une fille de province. Car en dehors de la bulle attractive de la capitale, un navrant constat s’impose: les bars et soirées 100% filles se font de plus en plus rares…
Même s'il y en aura toujours pour se plaindre et regretter le bon vieux temps du Pulp, soyons honnêtes: les lesbiennes parisiennes ont de quoi faire la fête. A contrario, en province et y compris dans les grande villes, le contraste est souvent saisissant. Ainsi, le Miss Marple à Lille, le Sapho à Nice, ou le Lolita à Toulouse sont autant de bars lesbiens qui ont fermé plus ou moins récemment. Quand on sait que, sur les trois cités, deux n'ont pas trouvé de bar «remplaçant», on se pose des questions... Pourquoi faut-il parfois faire tant de kilomètres pour aller boire un verre dans un bar féminin?
«Une clientèle très différente des gays»
Laurence et Sophie gèrent le LS Café. Situé dans la communauté urbaine de Bordeaux, le seul bar lesbien de toute la région Aquitaine existe depuis bientôt 4 ans. Le secret de sa «longévité», malgré les difficultés qui touchent actuellement l'établissement (lire notre article)? Le LS s'est trouvé une petite famille de régulières, qui viennent parfois de loin et se retrouvent tous les week-ends. «C'est pas facile de tenir un bar féminin, commence Laurence. C'est une clientèle qui est complètement différente des gays: les filles boivent moins, il y en a qui ne boivent carrément pas! Elles sont plus exigeantes et moins dans l'euphorie que les garçons. Ensuite, quand elles sont en couple, elles restent chez elles: elles ont tellement galéré pour trouver une copine qu'elles ont peur de se la faire piquer (rires)! Pour toutes ces raisons, c'est difficile de durer.»
On comprend alors que beaucoup soient refroidies à l'idée de lancer leur propre établissement. A Toulouse, le resto-bar Peu Conventionn'elle a, depuis six mois, comblé le vide laissé par la fermeture de l'emblématique bar lesbien de la ville, le Lolita Café. Une initiative que l'on qualifierait presque de courageuse. «C'est clair qu'il faut un certain idéalisme pour ouvrir ce genre d'établissement à l'heure actuelle», nous répond Sandra. Pari pour l'instant réussi, selon la jeune gérante de 21 ans. Les armes de sa réussite: l'originalité des soirées à thème proposées, régulièrement pimentées par des combats de catch féminin dans l'huile et des stripteases...
Soirées lesbiennes en stand by
Et du côté des soirées ponctuelles, organisées par des filles qui ont à cœur de faire bouger le milieu lesbien de leur ville, quel est le constat? Il n'est en fait guère plus glorieux. Jessica fait partie de la petite équipe qui organisait les soirées W à Nice. Soirées qui sont en «stand by depuis septembre car on avait besoin de repos», explique-t-elle. Et encore, s'il n'y avait que la fatigue! Elle raconte: «Dans une des salles où on organisait nos soirées, ils font aussi des soirées 100% mecs et peuvent donc comparer. Un jour on nous a dit: ''les soirées 100% filles, on va arrêter, car on est grave perdant!''. C'est toujours difficile de faire bouger les filles...».
«Les lesbiennes qui veulent faire la fête, elles vont à Paris!»
Autre ville, autres difficultés. A Grenoble, Isa a été, en 2007, à l'initiative des soirées Blonde on Blonde, les seules qui animaient alors le milieu lesbien de la ville. Ces soirées aussi sont en stand by. Mis à part des problèmes de salles, «trop peu nombreuses à Grenoble», Isa nous explique à quel point le binôme organisateur des B.O.B. a eu du mal à fédérer le milieu grenoblois: «On a fait face au cloisonnement du public lesbien et aux différentes chapelles qui existent et ne se mélangent pas». Sa conclusion: «Les lesbiennes qui veulent faire la fête, elles vont à Paris! Celles qui restent ici, c'est celles pour qui les soirées ne sont finalement pas quelque chose d'important.»
Oasis dans le désert provincial
Mais ne noircissons pas trop le tableau. Si vous êtes accro aux clubbing lesbien et allergique à la capitale, il vous reste encore une solution: allez faire un tour du côté du sud-est de l'Hexagone, véritable oasis dans le désert provincial! D'abord à Nice, où les soirées Lz Girls, aux thèmes aussi divers que variés, battent leur plein toutes les deux à quatre semaines. Les Niçoises peuvent également compter sur les soirées itinérantes et mensuelles MADmoiZelles.
La ville de Lyon posséde, elle, deux bars lesbiens (lire notre article). Mais la ville la plus gâtée reste encore Marseille. Tous les vendredis soirs, les filles peuvent par exemple se retrouver à la Watch Out. «Le mot d'ordre, c'est l'esprit de liberté: on ne sait jamais ce qu'il va s'y passer!», nous répond Nathalie, qui organise également, en parallèle et une fois par mois, «des plus grosses soirées». Une fois par mois, c'est également à cette fréquence qu'ont lieu les soirées Yacht depuis quatre ans, et les Folygirls depuis trois ans (lire notre reportage à leur «pool party»).
Mais Marseille, c'est aussi et surtout la ville d'accueil d'un des plus vieux bars lesbiens de France. Le o3g fêtera ainsi ses 15 ans en 2011. «C'est un lieu qui ne fonctionne qu'avec des bénévoles. On organise des débats et des expos, mais aussi des soirées. On vient là pour danser, s'amuser, et s'informer», affirme Corine, qui fait partie de l'équipe. Une poignée de filles motivées dans chaque ville suffirait pour que cette exception marseillaise n'en soit plus une dans les prochaines années.

Et vous, comment trouvez-vous la nuit lesbienne près de chez vous? Avez-vous trouvé un bar ou une soirée qui vous plaise?
Photo d'illustration: Fotolia











LES CHAÃŽNES 














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De za
A Nantes, c'est le désert... nous en faisions le constat avec un ami homo il y a quelques jours... c'est désespérant!
Ce qui serait intéressant, c'est de savoir pourquoi les filles ne sortent plus, même quand il y a des lieux pour elles : pas envie de faire la fête, peur de se faire agresser à la sortie... quelle en est la raison?!?