L'Existrans, samedi: une marche pour le respect de l'identité de genre
Samedi à Paris a lieu la 13e Existrans. A cette occasion, nous republions l'interview que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a accordée à TÊTU n°146.
Ce samedi à Paris* aura lieu la 13e édition de l'Existrans, la marche annuelle pour faire avancer les revendications des transgenres. Dans un communiqué commun l'Inter Trans' et l'Inter-LGBT écrivent: «Alors que le ministère de la santé propose enfin des avancées, la lutte pour faire aboutir les revendications des trans continue».
Faciliter la rectification de l'état civil
Roselyne Bachelot-Narquin a en effet affirmé que les parcours transsexuels seraient pris en charge à 100% en tant qu'Affection de longue durée (ALD) hors liste, au même titre que certaines maladies rares, faisant enfin disparaître le transsexualisme de la liste des maladies mentales, comme la ministre s'y était engagée en mi dernier, notamment dans l'interview que TÊTU reproduit ci-dessous.
Après cette première étape «qui va dans la bonne direction», les associations continuent de revendiquer notamment: un parcours de santé respectueux de la personne, le remboursement des opérations faites hors du territoire, la rectification de l'état civil facilitée, la reconnaissance de la transphobie comme discrimination au même titre que l'homophobie et l'accès à la parentalité pour les personnes trans.
Voici l'interview accordée par Roselyne Bachelot à TÊTU le 29 mai dernier:
TÊTU: Que signifie concrètement la dépsychiatrisation du transsexualisme?
Roselyne Bachelot: Actuellement, les soins liés aux troubles de l'identité de genre sont pris en charge par l’assurance maladie à 100%, au titre de l’affection longue durée (ALD) dénommée «affections psychiatriques de longue durée». Les personnes transsexuelles ressentaient cette classification comme très stigmatisante, parce qu’elle introduisait une confusion entre identité de genre et affection psychiatrique. Vous le savez, je me suis toujours battue dans ma vie politique contre toute forme de discrimination. J'ai donc voulu adresser un signal très fort à l’ensemble de la communauté LGBT à l'occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie: lancer le processus de déclassification des troubles de genre de l'ALD «affections psychiatriques de longue durée». Cette déclassification est, pour les personnes transsexuelles, une étape supplémentaire franchie dans la lutte contre les discriminations des minorités sexuelles.
Quelles seront les conséquences immédiates pour les trans?
Dès la publication des textes nécessaires, cette mesure permettra aux personnes transsexuelles de ne plus être répertoriées comme souffrant de troubles psychiatriques. Mais je tiens à souligner aussi que cette mesure n’entraînera pas de perte de droits dans la prise en charge des soins à 100% à laquelle je suis très attachée. La prise en charge ne change pas, c’est le regard sur le transsexualisme qui doit changer, et c’est ce que j’ai voulu faire en prenant cette position !
Quelles seront les prochaines étapes du gouvernement les concernant?
Nous allons poursuivre les chantiers à partir du rapport Situation actuelle et perspectives d’évolution de la prise en charge médicale du transsexualisme en France, que la Haute Autorité de santé (HAS) doit remettre prochainement et qui comprend un état des lieux complet, y compris juridique. Il se trouve actuellement en phase de débat public. Dès qu’il me sera remis, j’en prendrai connaissance. Ensuite, je verrai quelles suites y donner.
Et que répondez-vous à la demande des associations de libre choix du médecin?
Je sais qu'il s'agit d’une demande forte des associations. Actuellement, en ce qui concerne la chirurgie, le libre choix est limité aux établissements publics français et aux équipes françaises. Si l'intervention ne peut pas avoir lieu en France, elle peut être, sous réserve d’accord préalable, remboursée à 100 % même si elle est effectuée en Europe. Comme j'ai pu vous le dire, j'attends le rapport final de la HAS pour me prononcer.
Et la prise en charge à 100% de la transition par la sécurité sociale?
Là aussi, il y a une revendication forte des associations. Comme pour les autres ALD, tous les soins en rapport avec le transsexualisme sont pris en charge à 100%, qu’il s'agisse du traitement hormonal, du suivi psychiatrique et du traitement chirurgical. Trois conditions doivent être remplies pour l'opération de réassignation sexuelle: suivi pendant une période minimale de deux ans, par une équipe « hautement qualifiée » comportant un psychiatre, un endocrinologue et un chirurgien plasticien ; rédaction par ces trois praticiens d’un protocole concluant au caractère indispensable des interventions médicales et chirurgicales envisagées ; enfin, réalisation de l’intervention chirurgicale dans un établissement de santé public. Des pistes de travail sont en cours d’exploration pour faire évoluer cette situation. Ainsi, récemment, la chirurgie pelvienne et mammaire liée au changement de sexe a été inscrite à la classification commune des actes médicaux (CCAM), ce qui devrait permettre dans un proche avenir une prise en charge, quel que soit le type d’établissement et pas seulement dans un établissement public comme cela est exigé jusqu'à présent.
Propos recueillis par Anne Delabre et Paul Parant.
* Rassemblement de la 13e Existrans: ce samedi 10 octobre au métro Jourdain à Paris.
Photos: existrans.org, DR.




















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De kinkin qui veut du bien
Elle est mimi notre Roselyne nationale !!! mais c'est bien qu'ils fassent ca, ils auraient du le faire avant mais bon mieux vaut tard que jamais ...