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Les Universités d'été des homosexualités de plus en plus queer

Par Marie Kirschen mercredi 29 juillet 2009, à 11h45 | 2818 vues
Plus de: UEEH, Marseille, Queer, Gestion collective

À Marseille, les Universités d'été euroméditerranéennes des homosexualités s'achèvent aujourd'hui. L'édition 2009 aura montré une évolution du public qui devient de plus en plus «queer» et alternatif.

UEEH

Cette année, les UEEH ont eu pour particularité de fêter leurs trente ans - mais pas leur trentième édition, car elles n'ont pas été organisées chaque année. Lors de cette édition, de nombreux ateliers ont été proposés par les participants, ainsi que des films, un colloque, des expos, une soirée cabaret. Ou encore une fringothèque qui a permis à chacun de varier son genre vestimentaire. 

«Dégenrage» des adjectifs
Les UEEH sont aussi l'occasion d'expérimenter un mode de vie autogestionnaire. Bien sûr ces universités ne sont pas totalement autogérées, puisqu'elles sont organisées par un Conseil d'administration (CA). Mais elles tendent vers cet objectif. «Le rôle du CA est de préparer et d'être garant d'un espace/temps afin que les participantEs s'en emparent», explique Naïel, qui présente cette année deux expos photo. Des commissions se forment et s'occupent de la déco, du nettoyage,...Les adjectifs au pluriel sont toujours mis au féminin avec un «e» majuscule, afin de signifier un «dégenrage» féministe. Ici on ne parle pas de participants mais de participantEs, qu'elles soient filles, garçons, ou autre.

Pour leur édition 2009, les UEEH ont attiré près de 200 personnes. Il y a quelques années ce chiffre était beaucoup plus élevé: en 2006 par exemple, le nombre de participants tournait autour de 500. Mais les universités d'été ont progressivement changé de public. Autrefois très gay, elles accueillent aujourd'hui d'avantage de filles et de trans, et deviennent plus «queer» qu'auparavant. «Il y a une désaffection de certaines personnes qui cherchent uniquement des vacances, explique Nicolas, membre du CA. Les UEEH ce n'est pas ça, c'est un programme de fou, une gestion de vie collective. Du coup ce sont des personnes plus précaires ou qui ont un mode de vie alternatif qui se retrouvent désormais plus dans les UEEH».

Photo Marie Kirschen

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12 réactions de la communauté

 
Gregory

De Gregory

Le 29 juillet à 14h56

S’il est aisé de minorer une désaffection concernant les UEHH en la limitant au fait «de certaines personnes qui cherchent uniquement des vacances» il est plus difficile de s’interroger sur les orientations manifestement idéologiques de l’évènement. Saluons l’ouverture aux filles et trans’, il était temps, mais aucune interrogation sur le fait qu’à la solidarité affichée il convient aussi aux UEEH d’avoir une parole unitaire, un visage unitaire, ou unique diront certains, à défaut vous n’êtes pas « solidaire » et un traitre à la cause LGBTQUIrstuvwxyz Au mieux vous aurez droit à une réprobation affichée par un mépris « solidaire », au pire vous aurez droit à une séance de tribunal populaire communément appelé AG « solidaire » sic... Bien sûr, peu ou prou d’exagérations de ma part je réadapte le vocable et langage usuel sur le campus de Luminy fait d’exagérations, sentences, opinions arrêtées, violence verbale voire physique. Il serait bcp plus ennuyeux de pouvoir dialoguer de manière apaisée, de tous sujets, avec toutes personnes LGBT, mêmes ces vendus au capital de socialistes ou ces collabos de droite ou établis parvenus des associations LGBT qui osent faire plus qu’uniquement critiquer et contester ;o)))

 
play75010

De play75010

Le 29 juillet à 15h37

Les UEEH sont ce qu'on en fait. Il reste un an pour préparer la nouvelle édition et en donner la couleur par notre présence. Alors touTEs aux UEEH 2010. http://www.zelink.com/evenements/e4038-UEEH-2009---Rencontres-Lesbigaytransqueer.html Et bientôt des photos de l'édition 2009 : http://www.zelink.com/Photos-UEEH-2009

 
Ptit Pierre

De Ptit Pierre

Le 29 juillet à 18h41

Curieux que Têtu en reste à un niveau d'analyse "journalistique" (?) aussi superficiel semblant prendre pour argent comptant le discours du CA des UEEH. Pour avoir participé pendant 7 ans aux nouvelles UEEH (celles qui ont repris à la fin des années 1990) et fait partie de ceux et celles qui ont permis qu'elles retrouvent leur ampleur passée (ce qui passe notamment par le fait de trouver et gérer des budgets conséquents par exemple), je pense qu'on peut aussi souligner le gachis immense de la mort à petit feu depuis 2 ou 3 ans des UEEH. Il n'y a pas d'autre mot quand on voit une affluence en chute libre et un budget dramatiquement vidé (ce serait intéressant d'entendre le CA sur l'état des finances des UEEH... c'est super de jouer les purEs et durEs autogéréEs mais au final ça se termine avec une perte des subventions - ne serait-ce que parce qu'on les demande plus...). On est un certain nombre à ne plus venir non pas parce que ce n'est pas "assez vacances" (franchement..!) mais parce que ce qui était un formidable creuset des expériences les plus diverses (politiquement, internationalement, humainement) s'est transformé en pseudo phalanstère sectaire et excluant aux ateliers de plus en plus abscons et où les non "queers" devaient quasiment s'excuser du matin au soir d'exister. Du coup, là où l'on trouvait l'un des plus grands rassemblement de militantEs LGBT du Sud, où l'on a vu naître l'embryon du premier réseau LGBT du monde arabe, etc... s'est totalement vidé de cet aspect qui faisait l'une des plus belles fiertés des UEEH. Et ce n'est pas un hasard sile réseau LGBT officiel du monde arabe est né en cette même fin juillet à Copenhague et non à Marseille, avec bon nombre des participantEs des UEEH d'il y a quelques années (et croyez moi ils et elles ne sont pas venuES prendre des vacances à Copenhague). Bref celles et ceux qui sont tout bonnement en train de tuer un des plus beaux outils politiques qu'avait engendré le monde LGBT ont à mon sens bien des comptes à rendre... Pierre Serne

 
Ptit Pierre

De Ptit Pierre

Le 29 juillet à 19h07

Curieux que Têtu en reste à un niveau d'analyse "journalistique" (?) aussi superficiel semblant prendre pour argent comptant le discours du CA des UEEH. Pour avoir participé pendant 7 ans aux nouvelles UEEH (celles qui ont repris à la fin des années 1990) et fait partie de ceux et celles qui ont permis qu'elles retrouvent leur ampleur passée (ce qui passe notamment par le fait de trouver et gérer des budgets conséquents par exemple), je pense qu'on peut aussi souligner le gachis immense de la mort à petit feu depuis 2 ou 3 ans des UEEH. Il n'y a pas d'autre mot quand on voit une affluence en chute libre et un budget dramatiquement vidé (ce serait intéressant d'entendre le CA sur l'état des finances des UEEH... c'est super de jouer les purEs et durEs autogéréEs mais au final ça se termine avec une perte des subventions - ne serait-ce que parce qu'on les demande plus...). On est un certain nombre à ne plus venir non pas parce que ce n'est pas "assez vacances" (franchement..!) mais parce que ce qui était un formidable creuset des expériences les plus diverses (politiquement, internationalement, humainement) s'est transformé en pseudo phalanstère sectaire et excluant aux ateliers de plus en plus abscons et où les non "queers" devaient quasiment s'excuser du matin au soir d'exister. Du coup, là où l'on trouvait l'un des plus grands rassemblement de militantEs LGBT du Sud, où l'on a vu naître l'embryon du premier réseau LGBT du monde arabe, etc... s'est totalement vidé de cet aspect qui faisait l'une des plus belles fiertés des UEEH. Et ce n'est pas un hasard sile réseau LGBT officiel du monde arabe est né en cette même fin juillet à Copenhague et non à Marseille, avec bon nombre des participantEs des UEEH d'il y a quelques années (et croyez moi ils et elles ne sont pas venuES prendre des vacances à Copenhague). Bref celles et ceux qui sont tout bonnement en train de tuer un des plus beaux outils politiques qu'avait engendré le monde LGBT ont à mon sens bien des comptes à rendre... Pierre Serne

 
Romanou31

De Romanou31

Le 30 juillet à 00h55

Très bonne analyse Ptit Pierre. J'y suis allé il y a deux ans (en 2007) puis cette année et je trouve que le niveau a baissé....beaucoup moins de monde et souvent les mêmes têtes. Sans parler des ateliers annulés sous prétexte qu'ils ne conviennent pas à une minorité totalitaire......l'auto gestion c'est bien mais des règles c'est aussi utile pour vivre en société et éviter qu'un groupe quel qu'il soit impose son avis. Les UEEH ne sont pas assez ouvertes, seul les initiés (les purs et durs) y participent. Heureusement il y a encore quelques exceptions.......peut-être que le cadre sympathique y est pour quelque chose.

 
Moby Dyke

De Moby Dyke

Le 30 juillet à 06h29

Nous sommes un collectif sur Aix-en-Provence, VELA pour VigilancE Lgbti Aix. Les UEEH ont lieu à coté de chez nous, on a pu y participer individuellement par le passé (2 fois dans mon cas) mais rien n'est fait aux UEEH pour les locaux, les habitantEs de la région. Quelqu'un du coin qui verrait quelque chose dans le programme qui l'intéresse, un soir ou une journée, elle/il fait commun pour venir ponctuellement ? Alors VELA boycotte les UEEH. Pire même, lors de notre création, on a eu des réactions comme quoi ce n'était pas la peine de créer une collectif militant sur la région PACA vu qu'il y a déjà les UEEH. Les UEEH sont devenus un frein à l'activité militante LGBTI dans les Bouches du Rhone, voila notre constat. Il est intéressant de noter que les villes qui ont la plus forte activité dans la région PACA (Avignon - Nice) sont aussi celles qui sont le plus loin des UEEH.

 
petitbatard

De petitbatard

Le 30 juillet à 08h13

Habitué des UEEH pendant de longues années, je ne puis que confirmer les propos de Pierre Serne, sous le couvert d'une pseudo "autogestion", les UEEH sont passées à une Polpoterie vide de tout sens universitaire. Ateliers censurés car ne correspondant pas à la novlangue en cours, mépris envers les gays qui devaient s'excuser du matin au soir d'être simplement des garçons qui aiment le garçons, violence verbale et parfois physiqiue sur tout ce qui ne correspond pas à une pensée unique (personnes, stands, sexualités "différentes"). Alors balancez le coup des "vacances" et le "ben faut venir pour changer les choses" c'est au mieux un peu facile au pire une belle fumisterie assumée. A quand de vrais universités digne de ce nom avec des ateliers cohérents et enrichissants (me souviens encore de François Delor au début des années 2000), ou TOUT le monde aura une place et non pas seulement un clan au service uniquement de son auto-célébration.

 
Tomfralex

De Tomfralex

Le 01 août à 00h20

Quand on voit l'unanimité des commentaires et la pertinence des arguments, c'est à se demander si les auteurs des articles - ici Marie Kirschen - lisent les commentaires des lecteurs. Depuis la mise en place du nouveau site de Têtu, je n'ai pas encore vu un seul droit de réponse des auteurs d'articles, vivement critiqués parfois. Comme si la qualité de certains commentaires devait se fondre, de diluer, se dissoudre silencieusement, au milieu des commentaires moins bons. Comme si nous pissions dans des violons. Ne serait-ce pas intéressant, habile et utile de lancer des débats avec ceux qui FONT ce magazine, avec les journalistes qui font des piges pour lui, avec la rédaction qui peut-être les tronque à loisir, qui peut-être passe une commande précise sur un sujet déterminé avec un point de vue attendu ? La fadeur et le politiquement correct de certains articles, dont celui-ci est un bel exemple, sont à placer à côté des brèves quasiment reprises mot pour mot de dépêches AFP, et des articles superficiels de plus en plus nombreux visant à faire de Têtu le Marie-Claire des pédales, parisiennes si possible. Le tournant pris avec le coverboy systématique plutôt qu'une couv' politique ou engagée était déjà extrêmement significatif, en 2001, ne trouvez-vous pas ? Comment voulez-vous que vos lecteurs se forgent une opinion si vos articles, chroniques et reportages sont si lisses et dépourvus de matière ? Bougez-vous et faites votre boulot, je vous en supplie ! Têtu reste, malgré tout le venin que certains peuvent lui jeter, le principal et le plus visible des magazines pour LGBT. Tous vos lecteurs n'ont pas vocation à être des écerveléEs qui exigent du cul et du glamour et du tabloïd. Des articles de fond. DE FOND !! per carità !!

 
hector dumas

De Marie Kirschen / Auteur

Le 05 août à 00h16

Tomfralex,
Je lis bien sûr les commentaires qui sont faits sur les articles, même si, en l’occurrence, je n’ai pas eu le temps de le faire aussi rapidement que ce que j’aurais souhaité. Je me félicite de voir des commentaires riches et argumentés.
Pour écrire cet article, je suis passée aux UEEH, mais sur place je n’ai pas rencontré de personnes qui m’aient tenu un discours critique sur les points soulevés ici. Et pour cause, puisque ceux qui sont en désaccord avec l’évolution des UEEH ne viennent plus.
Mais les commentaires de Pierre Serne, Grégory, Petitbatard, Romanou ou encore Moby Dyke ont permis de compléter cet article. Ils prouvent par là même la pertinence des commentaires sur les sites d’informations.
L’ambition de ce (court) article n’était pas de faire écho à tout ce qui peut être dit sur les UEEH -en bien ou en mal- mais de présenter l’édition de cette année.
Ce débat pourrait par contre être abordé dans une future enquête de Têtu/Têtue.

 
Ursula Del Aguila Chef de rubrique Têtue.com

De Ursula Del Aguila Chef de rubrique Têtue.com

Le 04 août à 16h15

Cher Tom, Marie Kirschen va prendre le temps de répondre généralement, mais avant cela j'aimerais préciser que vous êtes ici sur la version filles TÊTUE.COM, je précise cela car bon nombres de vos commentaires et remarques concernent d'abord le magazine. Ensuite, nous ne pouvions cette année faire une enquête plus approfondie sur les UEEH, ce que nous ne manquerons de faire l'an prochain puisque beaucoup d'internautes semblent vouloir débattre de façon plus approfondie au sujet des UEEH. Donc nous vous inquiétez pas, il y aura un article de fond ;-) ! Il ne s'agissait ici pas d'une "enquête" sur les UEEH mais bien d'un court article qui rappelait l'événement. TÊTUE.COM, tout comme TÊTU.COM ont pour vocation de traiter, de diffuser, l'information lgbt de façon objective et anglée, mais ne sont pas là pour prendre partie dans des polémiques qui ne manquent pas d'agiter, pour le meilleur, notre sphère communautaire.

 
Kaleb

De Kaleb

Le 04 août à 21h31

Quelle virulence ! Et quel dommage que celles et ceux qui ont aimé les UEEH n'aient pas la même énergie d'écriture, la même rapidité, la même envie de s'exprimer publiquement que ceux qui ne les aiment pas... Une remarque : effectivement, les seuls qui ont écrit ici pour exprimer leur colère sont des pédés bios. Alors ? qui doit se remettre en question ? Tout le monde, peut-être. Ca ne fait de mal à personne. Une correction : aucun atelier n 'a été annulé cette année. Un certain nombre de participantEs, dont moi, s'est contenté d' exprimer son désaccord envers d'eux d'entre eux, l'un, qui parlait de boycotter les "pays homophobes", et l'autre, qui invitait les participantEs à rejoindre l'animateur de l'atelier lors d'un voyage en Thailande, plus précisément à Pouket, haut lieu du tourisme sexuel. Une description : aux ueeh, tout le monde s'exprime, surtout celles et ceux qu'on ne laisse pas s'exprimer en temps ordinaire. Alors je conçois que ça fasse bizarre quand on est un pédé bio de se rendre compte que d'un coup on fait partie de la majorité avantagée par la société, je conçois qu'il puisse sembler difficile et injuste d'être remis en question du simple fait qu'on soit biologiquement un homme alors qu'on ne l'a pas choisi ; après, ce qu'on choisit, c'est comment on vit son identité en société. et il y a plein, mais tout plein de pédés qui ont beaucoup apprécié ces ueeh, qui s'y sont sentis super à l'aise, qui ont appris des choses, qui en ont appris à d'autres - et qui ont vécu des ueeh beaucoup plus paisibles et plus riches que celles que vous présentez. Pour finir, une invitation : effectivement, il y avait peu de présence internationale cette année. C'est vraiment regrettable - et toutes les personnes qui souhaitent y remédier sont les bienvenues. Car préparer les UEEH est un travail commun qui n'est en aucun cas à la seule charge du CA. Kaleb

 
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