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«Les Gay Games peuvent apporter beaucoup de vie à Paris en 2018»

Par Fabien Wiktor jeudi 26 avril 2012, à 17h44 | 7459 vues
Plus de: Gay games, Paris

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INTERVIEW. L'association chargée de porter la candidature de la capitale à l'organisation des Gay Games a été officiellement créée lundi. Michel Geffroy, son co-président, nous en dit plus sur le dossier parisien.

Après les déclarations d'intention, place aux actes. Lundi soir, plusieurs clubs sportifs LGBT et la Fédération sportive gay et lesbienne ont officiellement fondé l'association qui sera en charge de porter la candidature de Paris à l'organisation des Gay Games en 2018. Nageurs, volleyeurs, squasheurs et autres footballeurs se sont ainsi réunis sous la verrière de... TÊTU, qui avait mis à disposition ses locaux pour accueillir cet événement fondateur. Au programme: présentation du projet, vote des statuts et élection des principaux responsables. Michel Geffroy (ci-dessous, au premier plan, en cravate), l'un des principaux instigateurs de la candidature, en a été élu coprésident. Pourquoi ces Gay Games? Quelles sont les chances de Paris? Il détaille pour TÊTU la feuille de route du projet.

TÊTU: Quand saura-t-on si Paris accueillera les Gay Games en 2018?
Michel Geffroy: En novembre 2013. Ça va passer très vite car il y a beaucoup de choses à accomplir d'ici-là. A partir du mois de mai, nous allons entamer le travail sur le dossier de candidature, organiser des rencontres avec les politiques et avec les responsables de la mairie de Paris. Il s'agit de les convaincre de l'intérêt du projet, pour qu'ils nous soutiennent. Nous devons livrer le dossier complet de candidature en février 2013. Puis la Fédération des Gay Games retiendra en juillet trois villes finalistes, et y enverra des délégués en août. Avant un grand oral à Cleveland, en novembre, et la proclamation de la ville choisie.

Quelles sont les points forts de la capitale?
Paris est une ville assez mythique qui donne envie aux athlètes du monde entier de s'y déplacer. On le constate chaque année avec le Tournoi international de Paris, dont le succès ne se dément pas depuis bientôt dix ans. Ce qui prouve par ailleurs notre savoir-faire pour organiser ce type d'événements. De plus, les clubs sportifs LGBT sont très nombreux à Paris, la vie associative y est dynamique. Enfin, l'échec de la précédente candidature pour les Gay Games de 2010, finalement attribués à Cologne, nous a permis de tirer des leçons pour monter notre dossier, nous ne partons pas de rien.


Le logo de la candidature a été dévoilé au cours de la réunion de lancement. Quatre couleurs qui symbolisent les lettres LGBT, et un slogan en anglais, car «c'est la langue de la Fédération des Gay Games. Mais il pourra être décliné en français par la suite» précise Michel Geffroy.


Qu'est-ce qui avait handicapé le dossier parisien pour 2010?
A cette époque, Paris concourrait également pour les Jeux Olympiques, et les responsables politiques ont réservé leur soutien pour ce seul événement. De plus, la délégation parisienne a voulu revoir le système de redevance due à la Fédération des Gay Games en cas d'obtention de l'événement, ce qui a été mal perçu. Tout comme le fait que de nombreux athlètes français ont préféré se rendre à une manifestation dissidente, les OutGames, en 2006 à Montréal. Aujourd'hui les deux compétitions sont en voie de rapprochement, le système de redevance a été modifié, et Paris n'est plus en course pour les Jeux Olympiques. Les obstacles sont levés.

La liste des villes candidates ne sera officiellement annoncée qu'en juillet, mais on en connaît déjà certaines. Quelles sont celles qui pourraient faire de l'ombre à Paris?
Londres peut être une concurrente sérieuse, surtout si les Jeux Olympiques de cet été sont un succès. Munich, qui a déjà organisé les Eurogames, dispose d'un très beau site. Il y a aussi São Paulo, qui peut mettre en avant le fait que les Gay Games n'ont jamais été organisés en Amérique du sud. Et puis bien sûr les villes américaines, comme Los Angeles. La Fédération des Gay Games est basée aux Etats-Unis, leur capacité de lobbying est donc redoutable.


Les tout nouveaux élus du bureau de l'association.

Concrètement, que représenterait l'attribution des Gay Games à Paris?
Organiser ces jeux, cela signifie accueillir de 10 à 15.000 participants représentant une trentaine de sports pendant une semaine, mais aussi leur conjoints, leurs amis... Les Gay Games comprennent aussi un volet culturel, avec plusieurs festivals, des groupes de musique, des expositions, des excursions dans les musées parisiens. Cela implique aussi la création d'un village, sans doute dans le Marais, qui sert de point de rencontre où tout le monde peut se retrouver après les journées de compétitions. De quoi apporter beaucoup de vie dans Paris au mois d'août, car il ne fait pas oublier qu'après le sport il y a toujours la troisième mi-temps!

«Les Gay Games sont tout l'opposé d'une manifestation communautaire» Les clubs régionaux seront-ils associés au projet?
La Fédération sportive gay et lesbienne rassemble de nombreuses associations en-dehors de Paris, à Montpellier, Lyon, Tours ou encore Rennes. Et nous avons été surpris par leur soutien enthousiaste, certains se proposant même d'organiser des compétitions impossibles à mettre en place à Paris, comme du surf ou de la voile. On peut vraiment dire que toute la France est derrière cette candidature!

Lors de la précédente candidature, de nombreuses voix, parfois violentes, ont dénoncé une dérive communautaire dans l'organisation de ces «jeux homosexuels». Que répondez-vous à ces critiques?
Que les Gay Games sont tout l'opposé d'une manifestation communautaire! Certes, le nom peut faire penser à un rassemblement réservé à un seul type de population, alors que le but est complètement différent: il s'agit au contraire d'être très ouverts et de montrer qu'il n'y a aucune différence entre les athlètes. Toute personne, homo, hétéro, bi ou trans, jeune ou moins jeune, peut y prendre part. Il s'agit simplement d'une grande fête du sport à laquelle peuvent participer tous ceux qui le souhaitent et qui ne pourraient pas s'inscrire aux JO ou à d'autres compétitions où il y a des minima à respecter. Que l'on gagne ou que l'on perde, il s'agit avant tout de donner le meilleur de ce que l'on est!

Photo: F.W./TÊTU et DR. Photomontage en page d'accueil.

Mise à jour 21h09: précisions dans les réponses 3 et 4.

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8 réactions de la communauté

 
NémoGizmo

4

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De NémoGizmo

Le 26 avril à 20h34

intéressant, mais pourquoi oublier que le ministre des sports (UMP) avait, en 2005, refusé son soutien?

et qu'aucun sponsor de poids n'avait HELAS été trouvé en 2005 pour les GG 2010... :-(
alors que la Région Ile de France et la Mairie de Paris avaient accordé un soutien officiel, fait visité les sites sportifs prévus et reçu officiellement la délégation de la Federation of Gay Games, APRES la candidature aux JO passés...


et surtout, il faut demander COMBIEN cela coûte en tout, et quel argent public est demandé à qui (sponsors, Etat, mairie, région...)?! Des millions d'euros sont à trouver, c'est le nerf de la guerre.

 
Felipithecus

0

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De Felipithecus

Le 26 avril à 21h55

Je ne connais pas du tout la différence entre OutGames et GayGames, mais j'ai souvent entendu parler des premiers et jamais des seconds (je ne savais même pas qu'ils existaient). Au niveau du nom, je préfère "OutGames" qui évoque un élan vers la société, un mouvement d'ouverture en montrant notre existence à travers le sport, plutôt que "GayGames" qui donne l'impression, comme le dit M. Geffroy, de repli sur soi.

En tout cas bonne chance à la candidature française et bonne chance aux athlètes !

 
hector dumas

1

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De NémoGizmo

Le 26 avril à 22h07

les Gay Games existent depuis de début des années 80, sont connus un peu partout, et sont sans but lucratif.

les OutGames sont + récents, moins reconnus.

 
mart64

4

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De mart64

Le 27 avril à 00h38

La question n'est pas tant de se différencier, mais de pouvoir être ce que l'on est sans crainte. Ce qui n'est pas toujours évident dans le sport de masse classique.

 
Alex19

1

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De Alex19

Le 27 avril à 19h29

Bonsoir,
je dirais donc pour ma part, que dans un monde idéal, les gay games n'auraient aucune raison d'être.
Le fait même que cela existe, n'est pas pour moi un signe de réjouissance, ça signifie simplement que les athlètes homos ont du mal à pratiquer leur sport parmi leurs frères...hétéros..

 
Weirdswing

0

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De Weirdswing

Le 29 avril à 09h32

Il faut peut-être apprendre à lire un article jusqu'au bout avant de commenter : les Gay Games ne sont pas "les Jeux Olympiques version gay" !

"Toute personne, homo, hétéro, bi ou trans, jeune ou moins jeune, peut y prendre part. Il s'agit simplement d'une grande fête du sport à laquelle peuvent participer tous ceux qui le souhaitent et qui ne pourraient pas s'inscrire aux JO ou à d'autres compétitions où il y a des minima à respecter."

 
ARTTROTTER

2

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De ARTTROTTER

Le 30 avril à 17h35

Les gay games participe selon les organisateur à la cause gay, je pense que cela ne devrait pas existé car de mon point de vu cela stigmatise les sportifs gay qui ne devraient pas se trouver discriminés du fait de leur genre...

 
GLISA

0

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De GLISA

Le 30 avril à 18h25

L'auteur de l'article a raison quand il parle d’un rapprochement entre la Fédération des Gay Games (FGG) et la Gay and Lesbian International Sport Association (GLISA), mais chez GLISA nous sommes néanmoins étonnés de voir une description précise de la procédure pour le choix de ville pour les "Gay Games 2018" dans cet article, car les détails des jeux de 2018 sont en train d'être négociés entre la Fédération des Gay Games et GLISA.

GLISA est l'organisation qui a présenté les World Outgames – à Montréal en 2006 et à Copenhague en 2009. Et la 3ème édition aura lieu l'an prochain à Anvers en Belgique.

Le weekend prochain, les représentants des deux organisations se réuniront à Montréal pour conclure un accord pour que les jeux de 2018 deviennent des jeux combinés Gay Games – Outgames avec 3 piliers égaux: sports, culture et droits humains. Ceci est à la suite de nombreuses demandes de la communauté mondiale.

Alors la mention dans cet article du nom "Gay Games" et de la méthode de choix y compris où, et comment ce choix se fera, ne sont pas encore déterminées. Nous espérons trouver un accord le weekend prochain pour des jeux combinés Gay Games - Outgames - et nous souhaitons bien sûr recevoir un grand nombre de candidatures du monde entier dès que la demande de propositions sera émise.

Permettez-nous de ne rien mentionner ici sur le dossier potentiel de Paris - nous souhaitons conserver notre neutralité!

 
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