Les filles de «Plus belle la vie», en short, à Marseille!
DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. La Marseillaise des Femmes est une course réservée aux filles. En déambulant dans la cité phocéenne au côté des actrices de PBLV, TÊTUE s'est interrogée: cloisonnement ou reconnaissance de l'aspect «bankable» du sport féminin?

En ce tout début de dimanche matin, le vent ne souffle pas encore trop fort sur les plages du Prado. Bleu le ciel, bleue la mer, et déjà une petite chaleur. Et surtout, quelque 1.400 filles au départ d'une course à pied 100% féminine. Plus d'un millier de femmes de tous âges, de toutes origines, en short, réunies en un seul et même endroit! La Marseillaise des Femmes: une vision de rêve à laquelle TÊTUE a assisté et pris part activement (parfaitement!), en compagnie de plusieurs actrices de Plus Belle La Vie: Aurélie Vaneck (Ninon, photo ci-dessous), Léa François (Barbara), Elodie Varlet (Estelle), Laetitia Milot (Mélanie), Dounia Coesens (Johanna) et Coline d'Inca (Sybille, photo en bas de l'article). Voilà pour ce qui est de l'aspect people de la chose. Mais à part ça, bien entendu que l'intérêt de parler ici-même d'un tel événement va au-delà de la pipolerie.
Lutte contre le cancer du sein
D'abord parce que cette course d'un peu moins de 6km est l'occasion de récolter des fonds pour diverses bonnes causes: la lutte contre le cancer du sein (Fondation pour la Recherche Médicale) ainsi que les actions en faveur des droits et des libertés des femmes (Amnesty International). Ensuite parce que le choix d'une ville telle que Marseille comme cadre de cet événement est tout sauf anecdotique. «C'est presque le cœur du projet!, s'enthousiasme Bertrand Brossard, l'organisateur de la course. Elle se déroule à Marseille et s'appelle donc “La Marseillaise des Femmes”. La Marseillaise, c'est une chanson républicaine, et nous défendons les valeurs de la République: liberté, égalité et fraternité.»
«La course doit devenir l'épreuve de toutes les Marseillaises (quartiers), de toutes les nationalités (mixité) et de toutes les habitantes de France qui croient aux valeurs de la République, continue-t-il. Il est clair ensuite que défendre ces valeurs est un plaisir sous le soleil marseillais et sur les bords de la Méditerranée!» Et cela passe aussi par un coût relativement modéré du dossard, afin de le rendre accessible au plus de bourses possibles, ainsi que par un atelier danse orientale dans le village départ.
«Le jour où les femmes auront les mêmes droits…»
«Pour avoir eu la chance de participer à cette course, réagit en écho Céline Dubourg, de chez Adidas, l'ambiance qui régnait au sein du peloton était très détendue et solidaire, le cadre vraiment exceptionnel… Il est difficile de dire si le fait que cette course se déroule à Marseille la rend différente mais il est vrai que l'atmosphère y est très particulière. Les atouts majeurs de La Marseillaise des Femmes sont l'énergie de vie qui se dégage de la ville phocéenne et des organisateurs, le public très hétéroclite mais aussi le cadre.»
Mais de même que certain(e)s distinguent dans le fait de s'inscrire dans un club de sport LGBT des relents de ghettoïsation, certaines voix s'élèvent pour interroger quant à l'intérêt d'un événement réservé aux femmes. N'est-ce pas cloisonnant, finalement? «Pourquoi l'équipe de l'OM n'est elle pas mixte?, rétorque du tac au tac Bertrand Brossard. Je plaisante, mais personne ne se pose la question du genre dans certains sports, alors que cette question revient toujours pour la course à pied… À côté de cela, le jour ou les femmes auront les mêmes droits que les hommes, et qu'il ne faudra plus les mettre en valeur pour défendre leurs causes, nous ferons de cette course une course mixte! On en rêve…» Amen.
Les femmes vivent et consomment sport aussi!
Quant au sport féminin qui ne serait pas vendeur -mais si voyons, on nous le rabâche suffisamment, c'est que cela doit être vrai!, voici une petite course qui a vu le nombre de ses participantes plus que doubler entre la première et la deuxième édition, notamment grâce au bouche-à-oreille, qui se permet de tordre le coup à cette idée reçue. Et qui d'ailleurs, économiquement parlant, a su convaincre un grand équipementier, qui ne cache pas que le but du jeu est aussi pour lui de vendre ses produits. Eh oui, les femmes aussi sont des cœurs de cible, non mais!
«Aujourd'hui, les femmes sont des actrices incontournables dans le milieu du sport, confirme Céline Dubourg, de chez l'équipementier aux trois bandes. Nous avons récemment tous assisté à la victoire des femmes de l'Olympique lyonnais en Ligue des Champions… Les femmes consomment et vivent le sport aussi bien comme pratiquantes que comme spectatrices ou supportrices. Nous soutenons et continuerons à soutenir le sport féminin. Il a de beaux jours devant lui.» Ça, ce n'est pas TÊTUE qui dira le contraire...
Photos: DR.











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