Le cas lipstick (1): Une nouvelle génération de lesbiennes
ENQUÊTE. Elles s'opposent aux butches, lesbiennes à l'allure masculine et aux «fems», féminines et politisées. Mais qui sont-elles, que revendiquent-elles ? TÊTUE vous propose un dossier en trois parties sur le cas lipstick.

Le film Lesbian Vampire Killers, de Phil Claydon, qui sort bientôt sur nos écrans, ne sonne pas (encore) la gloire des amours saphiques. Ce long métrage pseudo-comique, où deux obsédés vont tâter du pieu pour combattre une armée de vampires lesbiennes, est plutôt la démonstration que l'image de la lesbienne féminine, et le lot de fantasmes et de frustrations hétérosexuels qui vont avec, est de plus en plus marketée et utilisée par les médias. Si le film ne montre pas de «vraies» lesbiennes, mais des succédanés pour amadouer les hétéros en manque, la représentation des lesbiennes lipsticks perce de plus en plus l'image, comme le montre la série The L Word. Réalité, fiction et théories: trois approches pour tenter de saisir une image en mouvement.
Homosexualité ni revendiquée, ni affichée
«T'es sûre que t'es au bon endroit ?» Telle est la question fréquemment posée aux lesbiennes lipstick qui s'aventurent dans les endroits gays. Ces filles maquillées, en jupes et talons, répondent aux codes socialement admis de la féminité. Leur allure d'hétérosexuelle déroute et remet en question la légitimité de leur homosexualité, aux yeux d'une partie du milieu lesbien et hétérosexuel. On ne les croit pas lesbiennes parce que leur homosexualité est invisible, et qu'elle n'est ni revendiquée, ni affichée.
Elles s'opposent aux butches, lesbiennes à l'allure masculine et aux "fems", féminines et politisées. Ces deux identités sociales et sexuelles, apparues dans les années 1940, répondent alors à un besoin d'affirmer la spécificité d'une communauté lesbienne, notamment par la visibilité des actions revendicatrices et transgressives des butches. Au fil des années 50 et 60, le couple butch / fem devient une forme de sous-culture dans les bars lesbiens aux Etats-Unis et au Canada. Autour des années 70, ce couple rencontre de vives critiques venant de féministes radicales qui leur reprochent d'être la caricature du couple hétérosexuel. Des attaques qui remettent en question l'apparence des lesbiennes. S'éloignant de cette dichotomie classique, la communauté lesbienne se diversifie de plus en plus avec l'émergence des lesbiennes androgynes... et des lipstick.
Lipstick, quesako ? Ecoutez le micro-trottoir:
Reconnaissance étroitement liée aux médias
Le terme de lesbienne lipstick a été créé à San Francisco il y a une vingtaine d'années par la journaliste Priscilla Rhoades. Celle-ci écrit alors une histoire sur les «lesbian for lipstick», qu'on peut traduire par «les lesbiennes qui portent du rouge à lèvres». Le terme de «lisptick» se médiatise en 1997 avec la présentatrice américaine Ellen DeGeneres qui répand le mot à la télévision en déclarant son homosexualité. Une partie du milieu lesbien considère que sa femme, Portia de Rossi (photo), est le symbole de la lesbienne lipstick. La création de soirées consacrées aux femmes féminines (Pinkyboat et La Babydoll à Paris) ou encore l'apparition du groupe des lesbiennes lipstick sur Facebook montrent que, depuis quelques temps, ces lesbiennes tendent vers davantage de visibilité.
Ecoutez l'interview de Vanina et Lucio, les organisateurs des soirées Babydoll:
Pourtant, elles ne revendiquent aucun activisme politique: la reconnaissance de leur existence est étroitement liée aux médias qui, conscients qu'une double féminité ne pouvait être menaçante pour le public hétérosexuel et pour le schéma patriarcal, se sont emparés de cette représentation éthérée de l'homosexualité féminine. En témoigne le succès de la série The L Word. Ce programme télévisé a montré, de 2003 à 2009, le quotidien d'un groupe de lesbiennes féminines qui vivent au rythme de péripéties sentimentales et professionnelles. Homosexuelles aux revenus confortables, bien placées socialement, jouant de leur féminité et de leur pouvoir de séduction, victimes de la mode, ces femmes donnent vie à une représentation féminisée et assumée de l'homosexualité féminine. Cette image valorisée et valorisante de la lesbienne permet ainsi une meilleure acceptation de leur sexualité et ouvre la porte à de nouveaux événements.
Dossier réalisé par Coralie Huché, Cécile Strouk et Bartholomé Girard. Photo: DR.
Prochain volet: Les lipsticks dans les médias.


















De maurice66
JE ne pige pas tout!Une lesbienne c est quoi?une femme qui aime une femme non?Qu elle se maquille,qu elle soit masculine dans sa démarche,physique ou fringues,elle reste une femme non?Une femme qui prend soin d elle en se maquillant,en s habillant sexy ou en femme me parait tout a fait normal,et si en plus elle s'épile c est encore mieux( un peu d'humour).Donc on peut etre lesbienne,sans que le look n intervienne Expliquez moi.