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Le cas lipstick (1): Une nouvelle génération de lesbiennes

Par Rédaction jeudi 16 juillet 2009, à 11h38 | 6056 vues
Plus de: lipstick, Portia de Rossi, babydoll, Pinkyboat, webmag

ENQUÊTE. Elles s'opposent aux butches, lesbiennes à l'allure masculine et aux «fems», féminines et politisées. Mais qui sont-elles, que revendiquent-elles ? TÊTUE vous propose un dossier en trois parties sur le cas lipstick.

Le film Lesbian Vampire Killers, de Phil Claydon, qui sort bientôt sur nos écrans, ne sonne pas (encore) la gloire des amours saphiques. Ce long métrage pseudo-comique, où deux obsédés vont tâter du pieu pour combattre une armée de vampires lesbiennes, est plutôt la démonstration que l'image de la lesbienne féminine, et le lot de fantasmes et de frustrations hétérosexuels qui vont avec, est de plus en plus marketée et utilisée par les médias. Si le film ne montre pas de «vraies» lesbiennes, mais des succédanés pour amadouer les hétéros en manque, la représentation des lesbiennes lipsticks perce de plus en plus l'image, comme le montre la série The L Word. Réalité, fiction et théories: trois approches pour tenter de saisir une image en mouvement.
 
Homosexualité ni revendiquée, ni affichée
«T'es sûre que t'es au bon endroit ?» Telle est la question fréquemment posée aux lesbiennes lipstick qui s'aventurent dans les endroits gays. Ces filles maquillées, en jupes et talons, répondent aux codes socialement admis de la féminité. Leur allure d'hétérosexuelle déroute et remet en question la légitimité de leur homosexualité, aux yeux d'une partie du milieu lesbien et hétérosexuel. On ne les croit pas lesbiennes parce que leur homosexualité est invisible, et qu'elle n'est ni revendiquée, ni affichée.

Elles s'opposent aux butches, lesbiennes à l'allure masculine et aux "fems", féminines et politisées. Ces deux identités sociales et sexuelles, apparues dans les années 1940, répondent alors à un besoin d'affirmer la spécificité d'une communauté lesbienne, notamment par la visibilité des actions revendicatrices et transgressives des butches. Au fil des années 50 et 60, le couple butch / fem devient une forme de sous-culture dans les bars lesbiens aux Etats-Unis et au Canada. Autour des années 70, ce couple rencontre de vives critiques venant de féministes radicales qui leur reprochent d'être la caricature du couple hétérosexuel. Des attaques qui remettent en question l'apparence des lesbiennes. S'éloignant de cette dichotomie classique, la communauté lesbienne se diversifie de plus en plus avec l'émergence des lesbiennes androgynes... et des lipstick.

Lipstick, quesako ? Ecoutez le micro-trottoir:


Reconnaissance étroitement liée aux médias

Le terme de lesbienne lipstick a été créé à San Francisco il y a une vingtaine d'années par la journaliste Priscilla Rhoades. Celle-ci écrit alors une histoire sur les «lesbian for lipstick», qu'on peut traduire par «les lesbiennes qui portent du rouge à lèvres». Le terme de «lisptick» se médiatise en 1997 avec la présentatrice américaine Ellen DeGeneres qui répand le mot à la télévision en déclarant son homosexualité. Une partie du milieu lesbien considère que sa femme, Portia de Rossi (photo), est le symbole de la lesbienne lipstick. La création de soirées consacrées aux femmes féminines (Pinkyboat et La Babydoll à Paris) ou encore l'apparition du groupe des lesbiennes lipstick sur Facebook montrent que, depuis quelques temps, ces lesbiennes tendent vers davantage de visibilité.

Ecoutez l'interview de Vanina et Lucio, les organisateurs des soirées Babydoll:

Pourtant, elles ne revendiquent aucun activisme politique: la reconnaissance de leur existence est étroitement liée aux médias qui, conscients qu'une double féminité ne pouvait être menaçante pour le public hétérosexuel et pour le schéma patriarcal, se sont emparés de cette représentation éthérée de l'homosexualité féminine. En témoigne le succès de la série The L Word. Ce programme télévisé a montré, de 2003 à 2009, le quotidien d'un groupe de lesbiennes féminines qui vivent au rythme de péripéties sentimentales et professionnelles. Homosexuelles aux revenus confortables, bien placées socialement, jouant de leur féminité et de leur pouvoir de séduction, victimes de la mode, ces femmes donnent vie à une représentation féminisée et assumée de l'homosexualité féminine. Cette image valorisée et valorisante de la lesbienne permet ainsi une meilleure acceptation de leur sexualité et ouvre la porte à de nouveaux événements.

Dossier réalisé par Coralie Huché, Cécile Strouk et Bartholomé Girard. Photo: DR.

Prochain volet: Les lipsticks dans les médias.

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8 réactions de la communauté

 
maurice66

De maurice66

Le 16 juillet à 11h55

JE ne pige pas tout!Une lesbienne c est quoi?une femme qui aime une femme non?Qu elle se maquille,qu elle soit masculine dans sa démarche,physique ou fringues,elle reste une femme non?Une femme qui prend soin d elle en se maquillant,en s habillant sexy ou en femme me parait tout a fait normal,et si en plus elle s'épile c est encore mieux( un peu d'humour).Donc on peut etre lesbienne,sans que le look n intervienne Expliquez moi.

 
Alexouf

De Alexouf

Le 16 juillet à 13h42

@life lgt 66 : c'est avant tout une question d'identification au sein de la communauté sinon une chose que je n'ai pas compris ......quelle est la différence entre fem et lipstick ?

 
Orlanda

De Orlanda

Le 16 juillet à 16h29

En effet, comme le dit LIFE LGT 66, l'essentiel est le fait de vivre des relations amoureuses avec une femme, des femmes, pour parler de lesbianisme !!! Quant aux passionnantes questions de genre (appelées ''gender studies'') elles vont bien au-delà d'une simple binarité féminin/masculin. Jetez un coup d'oeil sur le net et en particulier sur Judith BUTLER. Je trouve génial que les jeunes générations mélangent lipsticks, butchs/fems, androgyne et autres déclinaisons. Du haut de ma presque cinquantaine je trouce que cela aère enfin ledit milieu. En revanche, je suis toujours suspiscieuse quand on s'extasie de trop sur les lesbiennes féminines : est- ce de l'intégration qui avale, qui nie en assimilant ? Est-ce nourriture médiatique pour fantasmes bidons ? Je pense que c'est souvent le cas, même si ce n'est pas systématique. Une lesbienne qui développe plus une allure masculine ou androgyne n'est pas moins estimable que les lwordiennes. ps : j'adore lword (enfin du quotidien, du relationnel et pas que du tragique, du psychopathique !)

 
bearamber

De bearamber

Le 16 juillet à 23h16

Ah!! je préfère les lipstick!

 
NémoGizmo

De NémoGizmo

Le 17 juillet à 12h25

il y a tjrs eu des "lipstick"! elles étaient par définition moins visibles (personne ne songeait trop à les questionner sur leur sexualité, voilà tout)... c'est tout. quitte à paraitre assez nul, moi non plus je n'arrive pas bien à différencier les lesbiennes "fem" des "lipstick"...

 
Tati

De Tati

Le 17 juillet à 16h46

Les pédés ont toujours préférés les lesbiennes féminines, c'est bien connu. A croire qu'ils se sentent en concurrence avec une grosse butchasse tatouée bien virile ! La lesbienne n'est pas juste une belle plante qui met des robes, du maquillage et qui fait "joli" en soirée... Elle sait aussi décapsuler une bière sans décapsuleur... Oui, ça peut aider. Et comme on n'est jamais trop aidé dans la vie... Allez, un peu d'humour que diable ! Folle, gym queen, bear, SM, butch, Fem, lipstick, qu'importe ! Le monde est assez vaste ! Vive la diversité ! Si simplement on regardait ensemble vers la même direction, peut-être que le militantisme ne serait pas en train de crever à petit feu.

 
hector dumas

De Otsuko

Le 19 juillet à 20h22

Je pense que les gays sont à l'image de la société pour le coup. La société, et j'avoue ne pas savoir pourquoi, méprise les personnes qui n'ont pas des manières et le comportement qui ne sont pas associés à son genre.

Je peux comprendre les gays et les lesbiennes qui n'aiment pas les "folles" et les butches. Ils incarnent ceux à quoi ils ne veulent pas être associés : les "clichés que se font les gens et la non-transparence que les gays virils et les lesbiennes feminines veulent vis-à-vis de la société. J'ai d'ailleurs remarqué qu'un compliment était largement donné dans les forums et autres sites de rencontres, c'est le "Je n'aurais jamais cru que tu es homo" ou "Look hétéro", etc...

Mais l'acceptation de la différence ne se fait pas. Les gens ont le droit de vivre leur identité comme ils le veulent. Les homos peuvent être parfois vraiment intolérent alors qu'il demande aussi la tolérence...

 
aifol

De aifol

Le 03 août à 18h11

>> Les pédés ont toujours préférés les lesbiennes féminines, c'est bien connu. Je ne suis pas d'accord, les pédés ont toujours préféré des "filles à pd" féminines et de préférence hétérotes pour parler mec. et ce qu'il y a de nouveau c'est qu'ils peuvent maintenant parler "chiffon" avec toute la génération de lipstick bi. ça n'empêche pas qu'à contrario "les pédés à gouine" existent aussi et aiment traîner avec des gouines à l'ancienne : visibles...

 
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