La Maison de Jean Cocteau livre ses secrets. Visite guidée
Après plusieurs années de restauration, la maison de Jean Cocteau, à Milly-la-Forêt, a ouvert ses portes au public le 24 juin dernier. Le jour de l'inauguration, TÊTU était présent pour découvrir l'extraordinaire demeure du poète, ses jardins, ses trésors.

Tout y est. La douceur, les souvenirs, par dizaines, l'esprit du lieu. L'éclectisme, le poétisme. Tout, sauf peut-être la vigne vierge qui ne s'accroche plus au crépi de la façade blanche. Le 24 juin, la maison de Jean Cocteau, à Milly-la-Forêt, ouvrait ses portes au public. Une inauguration en présence de Fréderic Mitterrand, ministre de la Culture, et de Pierre Bergé, à l'origine du projet. En avant-première, entre deux pots de peinture, TÊTU a joué les curieux.
Lieu de mémoire et de découverte
Il faut entrer à pas feutré. Et se laisser surprendre. Par le mur d'images qui bouge, qui zappe. Jean Cocteau à la plage, Jean Cocteau à l'Académie française, en costume d'Immortel. Jean Cocteau et Jean Marais et Francine Weisweiller et Édouard Dermit...
«Je voulais préserver les pièces restées intactes au fil des ans, mais aussi pouvoir exposer des œuvres dans de nouvelles conditions, explique Pierre Bergé. Il a fallu trouver un juste compromis. Faire de cette maison un lieu de mémoire mais aussi de découvertes.»
Cocteau achète cette maison, en 1947. Le poète tombe littéralement sous le charme de cette demeure de campagne qu'il découvre avec Jean Marais. Très vite cependant, c'est Édouard Dermit, son nouveau protégé, qui l'y rejoint! Un jeune homme, beau comme un orage, qu'il impose au cinéma dans Les enfants terribles - adapté de son roman par Jean-Pierre Melville - et puis dans Orphée. Ensemble, loin de l'agitation de Paris, entourés de quelques proches, ils passent des fins de semaines à deux, à écrire, peindre, dessiner et à s'aimer.
Huit ans pour faire aboutir le projet
À la mort de Cocteau, le 11 octobre 1963, c'est Édouard Dermit - le poète a fini par l'adopter - qui hérite de cette maison souvenirs. Au lendemain des obsèques, Doudou ferme les portes et veille sur la mémoire, sur les objets, dessins, esquisses, photos, manuscrits... «Doudou avait mis plus de 300 œuvres de côté, commente Pierre Bergé, ce qui explique la richesse de ce fonds. Il rêvait de construire un musée Cocteau.» Il disparaît, en 1995, avant que son vœu ne se réalise. Pierre Bergé rachète la maison en 2001.
Il lui faudra convaincre les collectivités locales et la griffe Cartier de le suivre dans ce projet. Huit années et cinq millions d'euros seront nécessaires pour redonner sa mémoire aux lieux. Une restauration idéalement réussie. La restitution ne se limite pas à la mélancolie, au fétichisme mortifère. Tout y est montré. Dessins, lithographies, calligrammes sont accrochés aux murs, jetés sur les bureaux, les consoles.
«Je reste avec vous»
Le grand salon, au rez-de-chaussée, égayé d'objets ramenés de brocantes, le bureau, tendu d'un imprimé zèbre, et la chambre à coucher, à l'étage, sont restés intacts depuis sa mort. Dans la chambre, le lit à baldaquin a été replacé en travers de la pièce pour profiter de la vue. Sous le christ, un godemiché; aux murs, des étoiles de mer. Les couloirs sont imprimés de dessins réalisés de la main du maître. Des portraits, Marcel Proust, Max Jacob, Pablo Picasso... D'autres, plus éclectiques, sont signés Warhol, Buffet, Modigliani, Picasso...
Un conseil, ultime, en sortant, perdez-vous dans les rues pavées, sinueuses, jusqu'à la chapelle Saint-Blaise-des Simples, décorée par Cocteau. Sur la pierre blanche, quelques mots gravés de sa main: «Je reste avec vous». Le prince des poètes y est allongé aux côtés d'Édouard Dermit, pour l'éternité.
Maison Jean Cocteau, 15, rue du Lau, 91490 Milly-la-Forêt. Plus d'infos sur www.jeancocteau.net
























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De GWENDAL34
Pour avoir decouvert l'existance de la petite chapelle dans les années 70 et y etre retourné plusieurs fois depuis, je peux dire que j'y ai toujours ressenti une enorme emotion.D'ailleurs je suis totalement seduit par cet homme.