La Justice de Lyon reconnaît enfin une agression homophobe
Allant contre le Parquet, le tribunal correctionnel de Lyon a requalifié une «simple» agression en agression homophobe. La Lesbian and gay pride n'hésite pas à parler de «camouflet» pour le procureur de la République.
Après des années de protestations publiques contre le «laxisme» du Parquet (lire notre article), l'association Lesbian and gay pride de Lyon trouve enfin un motif de se réjouir. Jérémy, victime d'une agression homophobe en novembre 2007, vient en effet de gagner son procès au tribunal correctionnel la capitale des Gaules.
Mais ce qui est une «victoire» pour la victime est un «camouflet» pour le Parquet, puisque le tribunal a retenu le caractère homophobe de l'agression… contre l'avis du ministère public.
«Tu as ce que tu mérites, sale pédé!»
Dans la nuit du 30 octobre au 1er novembre 2007, les deux agresseurs, âgés de 22 et 21 ans, avaient pris à partie deux homosexuels, l'un âgé de 23 ans et l'autre mineur, à la sortie d'une boîte de nuit de la ville.
«Sales pédés, sales tarlouzes, on vous aime pas, on va vous faire la fête», avaient-ils lancé à leurs victimes avant de les frapper à plusieurs reprises. «Tu as ce que tu mérites, sale pédé!», avaient-ils dit à Jérémy, le majeur, seul à avoir porté plainte.
Obstination du Parquet
Lors de l'audience du 21 septembre, la substitut du procureur avait écarté le caractère homophobe de l'agression, au motif que «rien ne laissait présupposer que ces personnes étaient homosexuelles», a déclaré Me Gabriel Versini, l'avocat de la victime, qui avait demandé une requalification des faits.
Le président du tribunal lui a donc donné raison lundi: «On ne peut pas tenir de tels propos à l'endroit de quelqu'un que l'on ne suppose pas homosexuel.» Le tribunal a également condamné les deux prévenus à verser 2.500 euros de dommages et intérêts à la victime.
La Garde des Sceaux bientôt saisie
La Lesbian and Gay Pride de Lyon, qui a été reconnue partie civile dans ce dossier et a d'ailleurs obtenu 1.000 euros de dommages et intérêt, accueille «avec soulagement et satisfaction» cette décision «exemplaire». Une «claque» infligée au Parquet de Lyon, selon elle, qui «refuse d'appliquer les lois qui répriment plus sévèrement les infractions à caractère homophobe». Elle va saisir la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie, les parlementaires de la région Rhône-Alpes et la Halde pour mettre un terme à ces agissements qui banalisent l'homophobie et la transphobie. «Nous appelons de nos vœux que le Parquet de Lyon traite enfin ces plaintes avec la célérité et fermeté qu'elles requièrent», écrit-elle.


















De Moi
C'est dommage qu'ils ne donnent pas plus de détails sur les affaires... Je vais pas faire mon cynique hein Raton mais a Lyon et même a Montpellier d'ailleurs il y a des boites "historiquement" gays dans lesquelles plus de la moitié des clients sont hétéros... A Montpellier ce genre d'attaque est "dures" vu la configuration de la boite mais a Lyon c'est dans une pauvre ruelle pour peu que tu te fasses suivre t'es mal...Mais dans ce cas la visiblement le fait d'avoir reconnu le caractère homophobe de l'attaque est très bien en plus il y avait un mineur le pauvre il a du flipper :s mais après je trouve nul de faire prendre ce genre de risque à un mineur sachant que si il n'a pas fait son coming out auprès de sa famille il ne fera rien (porter plainte) parce que dur a justifier...si on ne l'a pas dit of course...
De Raton
Bisous ;-)
De vpi79
Dommage aussi que les parents du mineur qui a été aussi victime de ces faits n'aient pas, eux, porté plainte pour se porter eux-même partie civile. On peut comprendre en effet que le mineur ait fortement eu peur de s'impliquer lui-même poru se porter partie civile (mais je comprends mal la lâcheté des parents).
Car la victime mineure, elle, n'a eu aucune indemnisation.
Mais peut-être que le majeur lui fera cadeau d'une partie de cette indemnisation, sous une forme que ses parents ne pourront pas détourner à leur profit.
Dommage aussi que la boîte de nuit en question ne se soit pas non plus portée partie civile : elle avait pourtant tout intérêt à rappeler que l'admission à son établissement est ouverte et n'admet pas que ses visiteurs y viennent pour y semer le trouble à l'ordre public, proférer des menaces, ou agresser les autres visiteurs.
Là encore les responsables de cette boîte se sont montré lâches dans l'affaire et c'est sans doûte plus grave que l'attitude des parents du mineur (qui ont peut- être eu de bonnes raisons pour ne pas agir, à la demande de leur fils avec qui ils sont bien du parler, espérons-le).
Quant au Ministère public, il aurait du s'en souvenir pour agir aussi dans l'intérêt des mineurs en général, qui n'ont pas à se faire agresser en sortie de boîte de nuit. Et au minimum il aurait du s'entretenir avec le mineur ou ses parents pour savoir quelle attitude adopter.