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La déprogrammation d'Orelsan sème la zizanie dans les Francofolies

Par Rédaction lundi 13 juillet 2009, à 17h43 | 4845 vues
Plus de: Orelsan, Francofolies

Des chansons homophobes et mysogines pour les uns, de la censure et du chantage pour les autres... L'éviction du rappeur du festival rochelais déchaîne les passions dans la classe politique et parmi les artistes. Morceaux choisis.

La déprogrammation du rappeur Orelsan des Francofolies a pris un tour politique, les critiques se concentrant sur la socialiste Ségolène Royal, qui avait, en tant que «sponsor» du festival, souhaité que le rappeur controversé ne se produise pas à La Rochelle.

Chantage à la subvention

L'UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre et de son adjoint Dominique Paillé, a jugé dimanche «intolérable» que le rappeur, auteur du morceau controversé Sale pute (chanson qui ne figure pas dans l'album du rappeur, dans laquelle il accable d'injures et de menaces une jeune femme qui l'a trompé) ne soit pas autorisé à se produire. Il accuse la présidente de Poitou-Charentes d'avoir exercé «un chantage à la subvention». «Il est regrettable qu'une grande région française, la région Poitou-Charentes, porte ainsi, du fait de sa présidente Ségolène Royal, atteinte à la liberté d'expression», a commenté l'UMP.

Le parti de la majorité a fondé ses attaques sur des déclarations de Jean-Louis Foulquier, créateur du festival, qui le premier a accusé Mme Royal de s'être «positionnée en maître-chanteuse», menaçant selon lui de priver les Francofolies de subventions si le rappeur était présent. Si le festival a nié toute pression, l'ex-candidate PS à la présidentielle n'avait pas caché sa satisfaction après la déprogrammation d'Orelsan, expliquant avoir demandé des «clarifications» aux Francofolies sur sa présence.

Jack Lang s'invite dans la polémique
«En tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n'ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes», avait-elle déclaré. S'invitant dans la polémique, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang a grossi la défense du chanteur, dénonçant «une censure morale», «une atteinte à la liberté de communication et d'expression» d'autant plus surprenante que «les Francofolies sont réputées pour leur ouverture d'esprit».

«L'appel à l'interdit et à la censure proféré par la présidente du Poitou-Charente tourne le dos à tous les combats que nous avons menés avec François Mitterrand», dit-il, dénonçant une «attitude régressive». La région finance à hauteur de 200.000 euros le festival, auxquels s'ajoutent 200.000 euros pour les «Chantiers des Francos», qui durent toute l'année. Ces sommes ont déjà été versées pour 2009.

«Lieux muselés»
L'absence du rappeur, prévu mardi, a suscité une levée de boucliers parmi les artistes du festival, qui ont presque unanimemement dénoncé une atteinte à «la liberté d'expression». En vedette samedi, Olivia Ruiz a même dédié son concert à «celui qui n'est pas là, monsieur Orelsan».  Hors festival, le chanteur Cali, soutien traditionnel de Ségolène Royal, pour laquelle il a chanté notamment lors de la célèbre «Fête de la fraternité» en septembre 2008, a fustigé un «acharnement insupportable sur Orelsan», annonçant qu'il boycotterait «avec tristesse mais conviction, tous ces lieux muselés».

«Une censure»
Au Printemps de Bourges, en avril, le cas du jeune chanteur avait déjà posé problème. La région Centre avait retiré une partie de sa subvention pour protester contre sa présence, mais le festival avait choisi de le maintenir. Début juin, la mairie de Paris avait retiré de ses 60 bibliothèques le disque d'Orelsan «Perdu d'avance», estimant que ses textes «insultent les homosexuels et glorifient la violence faite aux femmes», selon Christophe Girard, adjoint PS à la Culture.

La Ligue des droits de l'homme (LDH) s'était d'ailleurs opposée à ce retrait des bibliothèques parisiennes, en y voyant une «censure». «Ce CD (...) n'enfreint aucune loi et aucun juge n'a été saisi de son contenu. Il ne peut donc être retiré: la censure des textes évoque irrésistiblement les pratiques de municipalités d'une toute autre couleur politique», affirmait la LDH.

Avec AFP. Photo: DR.

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91 réactions de la communauté

 
NémoGizmo

De NémoGizmo

Le 13 juillet à 17h50

Jack Lang a perdu une occasion de se taire (il n'a d'ailleurs pas dû écouter ces disques), à 69 ans, il devrait peut-être changer de méthode?... La Liberté d'expression, même d'un "artiste", est quand même imitée au respect MINIMAL des autres, nltamment quand justification de discriminations ou appels à la violences sont inclus (cf reggae façon Sizzla et autres). Sinon, avec cette logique, à quand les chansons néo-nazies dans les médiathèques publiques?

 
hector dumas

De GWENDAL34

Le 13 juillet à 19h11

Il faut arretter avec les subventions payés par ceux qui bossent,il faut arretter avec ces connards qui veullent toucher de la tune en insultant les autres, il faut arretter avec ces soits disant artistes de merde.Allez vous faire enculer zonnards musicos de mes deux.Mes insultes ne sont pas virtuelles mais réelles non déguisées et je ne me cache pas derriere la liberte d'expression pour vous couvrir de merde.Vous n'etes que cela : de la merde et soit disant ARTISTE.J'vais faire caca chez paul.

 
hector dumas

De Canaval

Le 13 juillet à 19h26

@GWENDAL34 Je pense que ce genre de propos vont être censuré...
Tu devrais en effet mettre une casquette et faire une chanson dans laquelle tu pourras librement verser ta haine...
Il me font rire les artistes bobos de crier à l'atteinte à la liberté d'expression, ça la fout mal après le soutient massif des artistes français à HADOPI....

 
LeBenji

De LeBenji

Le 13 juillet à 18h28

Bon, on va pas refaire le débat à chaque fois qu'un article sur Orelsan est publié dans tetu.com (cf. article sur le retrait du disque des médiathèques parisiennes), mais je maintiens qu'il s'agit d'une censure, et qu'interdire Orelsan est CONTREPRODUCTIF (puisqu'on en parle toujours plus, toujours plus, toujours plus.) Franchement, Je suis moins choqué par les PAROLES crues et fortes d'Orelsan que par le silence assourdissant sur les trois cas de VIOLENCES lesbophobes ces dernières semaines.

 
hector dumas

De bearamber

Le 16 juillet à 22h41

"un silence assourdissant": que voilà un bel oximore...

 
fiorella

De fiorella

Le 13 juillet à 18h33

quand on aiguise les mots à la lame,on finit par blesser,pourquoi denonce t il pas l'homophobie dans les banlieues,il a la trouille!!!

 
jeanpaul

De jeanpaul

Le 13 juillet à 19h37

Il est quand même incroyable de constater que des politiques ou la LDH soutiennent un chanteurs qui profère des propos homophobes et mysogines. S'il avait chanté des textes antisémites il y aurait eu unanimité contre lui. On voit bien, une fois de plus, que l'homophobie ou la mysoginie, c'est moins grave que l'antisémitisme ou le racisme. Il y a toujours bien, pour certaines personnes, une hiérarchie dans l'insulte. Et les homos figurent tout en bas de l'échelle. Christophe Girard a bien fait de retirer les disques d'Orelsan des bibliothèques parisiennes. Parce que l'art, oui, je suis le premier à le défendre, mais pas au prix du respect des êtres humains. L'art peut détruire l'ordre établi, oui, mais il ne peut pas détruire la dignité humaine. L'art est fatalement contestataire, mais pas à n'importe quel prix, pas en salissant l'être humain. Il faudrait interdire ce chanteur de toute programmation ou diffusion. On ne peut pas tout tolérer au nom de la liberté d'expression. Ou alors il faut également tolérer les propos antisémites. Je crois que la loi voté sous Chirac et qui pénalise les propos homophobes n'a plus grand sens. On voit bien qu'elle n'est pas appliquée depuis le blanchiment de Vanneste et cette "affaire" Orelsan. Alors, question : à quoi bon voter des lois en notre faveur si elles ne sont jamais appliquées ? Qu'est-ce que c'est que cette société qui tolère qu'on insulte des gens au nom du "droit à l'expression ?" Dans ce cas là, on peut aussi réhabiliter les "vertus" du nazisme pendant qu'on y est !!!!! Pourquoi des artistes, des directeurs de salle de spectacles, des programmateurs, des assocs qui prétendent défendre les droits de l'homme, ou qui y sont sensbibles, programment-ils ou acceptent-ils de programmer des gens de cette sorte ? Parce qu'lis remplissent leurs salles ? Il ne faut pas s'étonner si ensuite des homos ou lesbiennes sont insultés ou plus dans les banlieues difficiles ! D'ailleurs, je constate en lisant cet article que le soutien en faveur d'Orelsan se fait au nom des droits à la liberté d'expression et que la condamnation d'Orelsan se fait au nom du droit au respect des femmes. Nulle part il n'est question du respect des homosexuels. Ségolène Royal précise bien : «En tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n'ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes». Aucune parole sur les insultes faites aux homos. Les propos de la Ligue des droits de l'Homme qui prétend que "la censure des textes évoque irrésistiblement les pratiques de municipalités d'une toute autre couleur politique" est à proprement parler intolérable. Aucune municipalité n'aura des pratiques intolérantes et extrêmes si elle défend la dignité humaine. Comment la LDH peut-elle cautionner l'insulte faite aux femmes et aux homos et prétendre en même temps défendre les droits de l'homme ! Quant à Jack Lang, il participe à la gay pride de Paris mais soutient un chanteur homophobe ! Quant à l'UMP, son porte-parole Frédéric Lefebvre et son adjoint Dominique Paillé, ce n'est guère mieux. On voit le cas qu'il font des homosexuels à l'UMP. Une fois de plus, en matière de défense des droits des homos, UMP, PS et les autres, c'est la même chose ! Ils nous considèrent tous comme de la merde ! L'avenir, pour les homos, c'est le communautarisme, rien d'autre ! Nous ne devons pas accepter d'être en permanence sali(e)s !

 
AL1

De AL1

Le 13 juillet à 19h44

Merci, LeBenji, de relever ici le débat ! Déjà la polémique politicienne Royal Lefebvre et consorts est abjecte, mais trouver sur Têtu.com les propos "anti-rappeur" lus ci-dessus est intolérable. Sans doute y a-t-il beaucoup à redire sur le contenu des textes d'Orelsan mais de là à en faire un martyr du rap par des critiques ou des positions aussi radicales il y a des fois où je me demande si les défenseurs des droits de la femme ou des homosexuel(le)s ne sont pas leurs propres fossoyeurs. La censure, oui, mais avec discernement. Aujourd'hui, avec Orelsan, il y a erreur...

 
vitrolles13127

De vitrolles13127

Le 13 juillet à 19h45

assez de politiquement correct, on étouffe,!! même la ligue des droits de l'homme s'en est émue au point de faire une lettre ouverte à monsieur christophe GIRARD pour censure abusive.....

 
hector dumas

De jeanpaul

Le 13 juillet à 19h56

@vitrolles, donc la ligue des droits de l'homme défend les chanteurs homophobes et mysogines au nom du droit à l'expression ! Et après ça vient prétendre défendre les droits de l'homme ! Je suis désolé, le droit à l'expression oui, politique, artistique, oui... mais pas si cette expression ne respecte pas la dignité humaine. Tout chanteur, tout artiste, a le droit d'être politiquement incorrect, mais tout être humain a droit au respect et à la dignité. Il faut interdire, condamer, ce genre "d'artiste". Mais apparemment, ce n'est pas évident pour tout le monde.

 
hector dumas

De Numa

Le 13 juillet à 21h18

Il est de notoriété publique que la LDH n'en a rien strictement à foutre des homos, et ce depuis belle lurette.

 
AL1

De AL1

Le 13 juillet à 20h09

@ JeanPaul : tu sembles oublier qu'à ce jour personne, aucun individu, aucune association de défense des droits des uns ou des autres, n'a porté plainte contre Orelsan. Or le rappeur chante et s'exprime depuis quelques mois, quelques années déjà. Doit-on en déduire que rien ne peut lui être reproché ? Et puis en parler comme on le fait actuellement (la déprogrammation d'Orelsan aux Francofolies fait la Une du 20 heures !) c'est lui faire de la publicité. La meilleure réponse à son homophobie et à sa misogynie aurait été un silence médiatique marginalisant l'artiste, puisqu'apparemment rien ne peut lui être reproché pénalement...

 
hector dumas

De jeanpaul

Le 13 juillet à 21h24

@AL1. La meilleure réponse à l'homophobie et à la misogynie n'est pas et ne peut pas être le silence, comme tu le prétends. Il faut TOUJOURS dénoncer l'homophobie et la misogynie. Ne pas en parler c'est les approuver, c'est les tolérer. Quant à Lebenji qui est "moins choqué par les PAROLES crues et fortes d'Orelsan que par le silence assourdissant sur les trois cas de VIOLENCES lesbophobes ces dernières semaines", c'est peut-être parce que certains s'autorisent le droit de chanter des paroles homophobes et misogynes, que des esprits faibles s'uatorisent le droit de passer à l'acte. Imagine les ravages que les propos homophobes et misogynes de certains rappeurs peuvent faire sur les jeunes oreilles qui les écoutent. Chanter l'homophobie, c'est légitimer les actes homophobes dont certains homos et lesbiennes sont victimes. Il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures, interdire d'un côté et autoriser de l'autre. Cela montre une seule chose : certains propos sont interdits (les chants antisémites ou racistes) et d'autres sont tolérés (homophobes ou misogynes) car jugés moins graves. C'est tout. Il y a bien une échelle de valeur, et les homos sont tout en bas. On ne peut pas, au nom de la liberté d'expression, et de l'expression artistique, tout tolérer, on ne peut pas tolérer que certains en salissent d'autres. Il y a bien une loi qui pénalise les propos homophobes, votée sous Chirac, mais on voit bien, avec le blanchiment de Vanneste, qu'elle n'est pas appliquée, au nom de la liberté d'expression. Alors la liberté d'expression, je suis entièrement pour évidemment, mais peut-être qu'il faudrait poser des barrières. Mais Orelsan n'est qu'un élément d'un vaste problème. Derrière Orelsan, il y a internet. Les paroles d'Orelsan et consorts, on les retrouve par sites entiers sur internet...

 
benjamin

De benjamin

Le 13 juillet à 21h24

pas de place pour la haine, on banalise déjà assez la violence. j'ai honte pour ces pseudos "artistes" qui le soutienne c'est vrai que ces intermittents du spectacle sont de vrais parasites alors non l'argent public ne doit pas etre utilsé pour promouvoir un "artiste" tel que lui

 
benjamin

De benjamin

Le 13 juillet à 21h24

pas de place pour la haine, on banalise déjà assez la violence. j'ai honte pour ces pseudos "artistes" qui le soutienne c'est vrai que ces intermittents du spectacle sont de vrais parasites alors non l'argent public ne doit pas etre utilsé pour promouvoir un "artiste" tel que lui

 
yaki

De yaki

Le 13 juillet à 21h47

Rien d'étonnant dans les propos de F. Lefebvre. Ceux de S. Royal non plus (ça confirme qu'elle s'est "ralliée" au mariage homo du bout des lèvres). Et J. Lang revendique qu'il est bien passé à droite... Rien de nouveau sous le soleil sauf la LDH : bien sûr que c'est de la censure. Mais l'interdiction de propos antisémite ou raciste, c'est quoi ? De la censure également, contre la propagation d'idées haineuses. La LDH a pourtant bien réagi quand un négationniste à voulu s'exprimer à Toulon... A-t-elle été corrompue par le pouvoir pour ne plus faire un travail impartial ?

 
hector dumas

De Numa

Le 13 juillet à 21h56

J'ai donné la réponse au-dessus : la LDH n'en a rien à carrer des homos, depuis quasiment sa création.

 
hector dumas

De jeanpaul

Le 14 juillet à 14h38

Je suis d'accord avec Numa, la Ligue des droits de l'homme n'a rien à foutre des droits des homos. Elle est à proprement parler homophobe. Elle ne tolère pas les propos antisémites et racistes mais elle tolère les propos homophobes. Elle est donc homophobe. D'ailleurs, lors de l'affaire du Queen Boat en Egypte, la LDH s'était ralliée derrière la justice égyptienne et avait laissé condamner les homos égyptiens sans rien dire. Ce qui prouve bien - exemple parmi d'autres - que la LDH est homophobe. La LDH ne devrait plus avoir le droit de s'appeler la Ligue des droits de l'homme. Il faudrait également revoir son subventionnement. D'ailleurs l'UMP, le PS (à l'exception de Delanoë et de quelques-uns) n'en ont rien à foutre non plus des droits des homos : Royal défend les femmes, mais pas les homos, J. Lang défile à la gay pride mais soutient un chanteur homophobe ! Aubry ne dit rien, et l'UMP non plus. Tout ça ça se vaut ! Pour le moment, on nous insulte sans que personne n'y trouve rien à redire, mais soyez sans crainte, on nous brûlerait en place publique que personne n'y trouverait rien à redire non plus ! Toute cette société hétéro me dégoûte, et je suis de plus en plus favorable au communautarisme !

 
hector dumas

De PATRICKMONTEAU

Le 14 juillet à 14h55

C'est tout de même curieux de tout ramener à sa sexualité....à sa chapelle... Tu vois je suis gay et j'assume bien et j'ai pas besoin du tout de me sentir en "communauté , en vase clos : pour une raison simple, je n'ai jamais été victime d'homophobie ni indirecte ni directe.

Et puis à titre personnel, je connais des jeunes homosexuels du 16ème à Paris qui ne se reconnaissent pas du tout dans les marches gays et vivent, par ailleurs, fort bien, leur homosexualité. Je ne citerai pas ici des noms bien connus mais vous pourriez en être étonné...

Je ne puis comprendre votre communautarisme qui je vous le signale, appellera d'autres communautarismes et c'est dans une FRANCE divisée en communautés que le terreau du fascisme prend le mieux .... J'ai des amis professeurs d'histoire en prépa qui confirment mon analyse.

SARKOZY veut diviser nos communautés pour asseoir son règne sécuritaire.

LA REPUBLIQUE est notre salut et Dominique De Villepin son rempart.

 
hector dumas

De vpi79

Le 15 juillet à 11h19

Patrick, il est curieux de constater que tu critiques les chapelles que tu crois percevoir, en ayant finalement une vue assez étriquée de "nos communautés" telles que tu les perçois depuis ton quartier finalement plutôt favorisé, qui ne subit aucune difficulté d'intégration, finalement assez homogène car suffisamment dense pour que vous vous retrouviez presque entre vous. Ce monde te parait plus divisé car justement il semble bien qu'il y a un rempart invisible qui t'empêche d'en sortir et de ton petit monde qui te ressemble. L'extérieur tu sembles ne le connaître qu'indirectement par voie de presse ou par des articles de blogues encore plus orientés et facilement défamés par quelques imbéciles qui y répandent leurs insanités.
La réalité est que "nos communautés" sont bien plus diversifiées que tu l'imagine, et plus disséminée, et c'est en fait ce qui en fait leur force et les réunit en "une" communauté bien plus vivante et plus ouverte que tu l'imagines.
Bref, nous dans nos provinces, malgré les difficultés liées au fait qu'on y soit plus facilement ultra-minoritaire et isolé, on est amené justement à faire fi des différences tant de races, religions, couleurs de peaux, ou d'age et même d'opinions politiques et de conditions sociales. Il reste qu'on aura tous nos préférences, qu'on sera attiré par certains et pas par d'autres, mais c'est le cas de tout le monde, homo ou pas. Il y a des choses intéressantes même chez nos "adversaires" (qu'ils soient politiques ou sociaux) et même chez ceux qui ne nous plaisent pas au premier abord, car on ne juge pas non plus qu'à travers l'attirance sexuelle. Il y a des lieux où tout bonnement on se sent bien, même si on n'y connait personne en particulier, ou bien d'autres où même il n'y a aucun homo affirmé (ou en tout cas qui ne s'y affichent pas comme tels) et pourtant ces lieux sont aussi intéressants, que ce soit le petit bar-PMU où on va prendre un café et lire un journal local tout en discutant de la pluie et du beau temps, ou des résultats scolaires de la fille du voisin, ou pour un prendre une simple pression sur le coin du comptoir entre l'artisan peintre qui finit sa journée, le pompier du quartier qui vient chercher ses cigarettes, la grand-mème qui bient d'acheter son pain et vient faire son loto, et finalement la vie de tous les jours qui raconte les histoires de toutes les familles, des petits copains des enfants, des soirées ratées, de la meilleure recette pour préparer les courgettes ou les tomates farcies. Et au milieu de tout ça, on trouve des gens de toutes les conditions, du cadre, au à l'employé de banque d'à côté, de la dame qui tient sa boutique de pizzas à emporter et surveille ses enfants qui rentrent de l'école et font leurs devoirs sur une des tables du petit restaurant, et du gendarme qui va prendre son service, ou du SDF qui vient prendre un ballon, ou fait la manche devant les commerces. et tout ce monde c'est celui de tous les jours, on y trouve toutes les opinions, et finalement tout le monde s'entend relativement bien et rencontre les mêmes problèmes, les mêmes difficicultés. On y voit aussi la petite délinquance du coin, les dégradations de tous les jours. Et tout le modne sait finalement que les homos sont partout et dans toutes les familles, ou en connait de façon assez proche sans forcément en parler. Et tout le monde comprend que finalement il n'y a pas "des" communautés, mais une communauté vivante comprenant des tas de gens très différents, et que malgré le fait qu'il y existe aussi des tas de perturbateurs, ils sont une minorité elle aussi disséminée et souvent aussi paumé que tout le monde, souvent touchée par des problèmes difficiles d'exclusion sociale, puisque tout le monde sait qu'il est facile de basculer d'un état à l'autre, et tout le monde peut se sentir à la fois concerné, avoir peur de se retrouver dans ces situations difficiles, peut être tenté parfois par des discours expéditifs, croit connaitre toujours "une" solution qui résoudrait tout, mais chacun sait aussi ce qu'il n'a pas fait et ne dira pas, en se refusant de croire à sa responsabilité sur ce qui lui est arrivé, ou en en chargeant un "les autres" mal défini. Et chacun se retrouvera ensuite dans son petit monde, cocoonant chez lui et selon ses propres intérêts pour sa propre famille ou son propre foyer qu'il perçoit comme une frontière protectrice.
Mais finalement tout le monde se cotoie assez facilement et peut se rencontrer directement alors que dans le même temps on s'identifie à "une" communauté en opposition avec une autre bien qu'on y trouve tout de suite des exceptions avec des tas de gens avec qui on s'entends et vit très bien tous les jours et qui pourtant appartiennent à ces autres "communautés" qui théoriquement nous font peur.
Et c'est vrai que ce qui fait peur ce n'est que très rarement l'individu (sauf quelques-uns assez dangereux pour qu'il faut qu'il y ait un système efficace et formé de police, de justice ou de traitement médical pour s'en occuper), mais ces communautés qu'on tente de bâtir autour de nous.
Dans ton milieu, malheureusement, tu sembles bien vivre dans une communauté bien formée et ghettoïsée par elle-même, qui semble s'être repliée sur des critères sociologiques et géographiques. Il est grand temps que tu t'attèles à en sortir plus souvent. Ce n'est pas Sarkozy ou Le Pen ou le "milieu" gay qui a construit ta chapelle, c'est toi qui l'a construite autour de ton monde.
Et je sais de quoi je parles, ayant vécu assez longtemps à Paris pour me rendre compte que ces chapelles existent et épousent assez fidèlement les limites communales de Paris et de la petite ceinture, et même dans Paris certains arrondissements et parfois quelques rues seulement (avec des ilots en dehors finalement très peu nombreux et toujours les mêmes, en dehors desquels le monde parait tout à coup carrément hostile, voire homophobe).

L'homophobie est, faut-il le rappeler, une peur vicérale, que finalement même ceux qui la propage n'en ont pas conscience. Hors la peur se construit toujours de l'ignorance, qui n'est que le résultat du repli d'un certain groupe de personnes sur un monde homogénéisé basé sur certains modèles. Lequel monde croit toujours être indemne de toutes les intolérances, alors que l'intolérance il la met en pratique tous les jours en bâtissant autout de lui des barrières invisibles. Et la violence est pratiquement toujours le fruit de la peur, c'est une réaction humaine qu'il faut comprendre, pas seulement condamner, mais aussi combattre en sortant justement de ses châteaux de cartes dans lequel on vit et qu'un vent pourrait balayer.

Pour lever ces barrières pourtant, il faut lever ce vent, il faut aussi accepter de se mettre un peu en danger ou en échec. On ne réussit pas toujours, mais c'est justement en se montrant tous, tels qu'on est, avec nos différences, nos gouts et même en disant clairement ce qu'on n'aime pas et admettant ce qu'on ne connait pas, et en n'oubliant pas de chercher chez les autres des guides, en les interrogeant, et en les écoutant, qu'on peut combattre l'ignorance, puis les peurs diffuses qu'on a tous en nous, et enfin les violences qui semblent souvent gratuites et incompréhensibles ou inadmissibles au départ, en les voyant comme des réactions humaines presque normales, qui éclatent comme des soupapes de sécurité sur un réservoir de carburant surchauffé pendant trop longtemps.
Il faut être humble et aussi admettre qu'on y est tous pour quelquechose, ce "tous" commençant d'abord par soi-même et tout ce qu'on ne fait pas, en croyant qu'on pourra le faire aussi bien le lendemain ou en ne changeant rien à son existence ou en n'osant jamais se mettre un peu en danger pour progresser. Et tant pis si on se casse la gueule: c'est toujours de cette façon que les enfants apprennent, et on doit admettre qu'on est tous restés un peu des gamins (sauf qu'en tant qu'adultes, on croit ne plus faire soi-même des erreurs et ce sont les autres qui les font, on est de vrais entêtés).

Tes phrases démontrent à l'évidence que tu vis justement en vase clos et que tu ne vois rien du tout de ce qui se passe à l'extérieur. Tu as l'impression de vivre en milieu sûr car ton monde est très homogène autour de toi. Tu es pourtant persuadé n'appartenir à aucune communauté (et ton discours démontre le contraire), tu crois n'avoir été victime d'aucune intolérance tout bonnement car l'intolérance t'a fait construire la chapelle dans laquelle tu vis. Rends-toi compte que "tes amis" appartiennent finalement à des catégories plutôt favorisées, plutôt mieux éduquées que la moyenne, mais que ton éducation t'a servi juste à t'enfermer dans une zone étriquée dont tu ne perçois l'extérieur que par les échos diffus et déformés qui te reviennent par voie de presse (où on ne trouve que les mauvaises nouvelles de l'autre bout du monde mais pas forcément la détresse qui existe à côté de toi, et peut-être même parmi ceux que tu vois dans ta chapelle) ou de blogues et forums internet.

Encore une fois, meêm si je n'ai pas le sentiment de vouloir m'afficher selon les codes gays affichés avec outrance sur les chars de la gay pride, ça ne m'empêche pas de soutenir cette manifestation et de m'y rendre en curieux, en m'intéressant bien plus à voir ce qui se passe autour et comment elle s'insère dans le reste de la vie de la cité qui la regarde passer. Et je suis moins pessismiste que beaucoup le disent.

Oui l'homophonie existe, mais pas là où on la désigne et d'abord pas parmi ceux qu'on désigne comme des boucs émissaires responsables de tout, malgré leurs propos qu'on peut juger ici publiquement comme inacceptable, et qui pourtant traduisent autre chose: nos propres intolérances, nos ignorances, et nos propres échecs à communiquer hors de nos chapelles.

Une fois qu'on a compris ça, on peut vivre pleinement son homosexualité et l'assumer (ce qui ne veut pas dire qu'on va la crier en permanence sur les toits à tout le monde, car cela touche aussi à des sujets intimes pour lesquels l'intrusion par la force des autres qui crient trop forts autour de nous peut être vécu à juste titre comme une agression) !

On aura donc aussi une vie intime, certains la connaitront, pas tout le monde, mais le reste du temps la plupart des gens finalement s'en fichent, ou vont en parler par oui-dires déformés qui n'ont finalement aucune importance (et passent aussi vite que les derniers potains dans Voici remplacés la semaine suivante, pratiquement toujours augmentés d'histoires inventées qui racontent une autre histoire pour simplement réponde à une envie des lecteurs de justement sortir de leur ordinaire) ; c'est pareil que dans le goût pour le cinéma, la musique, même le porno: on se raconte des histoires, ce n'est pas la vie qui est autour de nous qui est finalement plus riche et plus intéressante que celle qu'on vit nous même dans nos tours d'ivoire.

Bref je suis totalement favorable au fait qu'on laisse les homophobes s'exprimer sur leurs craintes ou leurs protestations contre des mesures légales prises, tant qu'ils ne s'en prennent pas physiquement aux personnees ou ne les menacent pas directement. On doit être là pour les écouter, même si on n'a pas envie de leur répondre (et le plus souvent justement il ne faut pas leur répondre, sauf quand ils passent à l'acte mais surtout dès qu'ils font des menaces avant que ça arrive, car les menaces sont souvent exprimées par certains mais exécutées ensuite par d'autres qui on mal écouté ou se sont mis des oeillères en s'enfermant eux aussi dans leurs tours d'ivoire pour n'écouter ailleurs que ceux chez qui ils cherchent une justification à leurs actes sans vouloir comprendre ou admettre les raisons de leurs peurs: leurs ignorances).

Donc contrairement à toi, je ne mettrai pas de majuscules à nos attaquants ou défenseurs politiques, je ne citerai aucun "rempart" (contre quoi et contre qui ? contre nous-même ?), et je personnaliserai aucun "Dieu" pour pousser les autres à le suivre.

Contrairement à toi, les amis ne sont d'aucun milieu particulier, et en fait je m'en fiche pas mal, je ne les choisis pas et je peux facilement m'insérer partout, même chez ceux que certains jugent infréquentables ou ceux qui théoriquement nous soutiennent le plus ardemment. Je me sent libre, ce qui ne m'empêche pas de m'engager (par des actions concrètes, même si presque personne ne le voit ou sait que ça peut venir de moi, l'important étant que je sache que je l'ai effectivement réalisé sans me mentir à moi-même ni aux autres si on devait me le demander).

Si j'ai besoin de m'afficher comme gay, je le ferai si ça peut aider, mais je refuse que cela devienne un mode de vie, même si tout le monde sait que je ne me suis jamais marié et vit en célibataire et ne se fait aucune illusion s'il prend un peu de temps pour réfléchir pourquoi. J'ai mes défauts aussi, je peux aussi être difficile à vivre pour d'autres, j'ai des choses à partager, mais pas tout le temps ou pour tout.

Et je fais aussi des tas d'erreurs comme tout le monde, et j'accepte qu'on me critique (et je souhaite qu'on le fasse au lieu de vivre dans un monde de "faux-culs" ou stéréotypé avec des phrases toutes faites issues du discours "politiquement correct").

Et d'une façon générale j'ai toujours un grand besoin de parler et m'exprimer, mais je ne trouve pas toujours d'auditeur. Je suis sûr d'aileurs que ce message trop long ne sera parcouru en entier par personne, juste survolé: ce n'est pas grave si chacun y lit une chose un peu différente, ce n'est pas des conseils que je donne, mais un peu comme une analyse de moi-même à un moment donné par rapport à une actualité où je me sens concerné (je pourrai aussi bien voir un psy pour faire ça, à la différence que je ne trouve jamais rien à lui dire en y étant coupé du reste du monde)...

 
hector dumas

De PATRICKMONTEAU

Le 15 juillet à 22h54

@ vpi79,

Aide-Comptable, je suis à 1400 € nets par mois, mon père est retraité SNCF au smic et ma mère touche 51 € par mois de retraite. Je suis à Salon de Provence. J'ai des amis partout issus de tous les milieux sociaux et de tous les bords politiques : du FN au NPA en passant par le MODEM, l'UMP, LE PS, etc...
J'ai 48 ans et je vie mon homosexualité depuis mes 15/16 ans avec l'assentiment de tout le monde : famille, parents, amis(es), employeurs, collègues de travail, Maire, Député (M. KERT, UMP), que je connais.

J'ai été militant des causes LGBT pendant de longues années 1979/1997.

J'ai été volontaire à AIDES en 1997 (AIX EN PROVENCE).

J'ai défendu aussi les filles contre le sexisme et la lesbophobie.

J'ai participé à la création du PaCS et de la loi de novembre 2004 interdisant certains propos de nature "homophobe".

Cependant, j'estime qu'Orelsan n'a pas tenu de propos homophobes, ni de propos sexistes et qu'il serait plus intelligent de replacer les propos tenus dans ces chansons qui parlent du monde actuel , violent, sexiste et souvent homophobe (notre société).

Nicolas Sarkozy veut une France divisée où les communautés se disputent des prérogatives, moi non !

J'estime que notre République peut intégrer tous ses enfants et je ne pratique point l'ethno différentialisme comme les idéologues d'Alain de Benoit de la Nouvelle Droite.

Nous devons nous unir contre une idéologie où le "politiquement correct" tient lieu d'échanges et de débats.

 
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