Johanne version karaoké au Rive Gauche
Samedi prochain, Johanne, reine de la nuit lesbienne parisienne, qui mixe depuis deux mois, quasiment dans tous les lieux lesbiens, remettra à l'honneur ses fameux «singing show live». Pour la 1ère fois au Rive Gauche, à 23H. Interview à coeur ouvert sur la nuit lesbienne...
Tu fais une soirée karaoké pour une spéciale Before Christmas samedi prochain...
Quand je travaillais Chez Moune, à l'époque lesbienne aujourd'hui révolue, tous les samedis soirs il y avait différents shows cabaret (transformiste, ventriloque, danseuse orientale, charmeuse de serpent etc... et chant). Pendant 7 ans et demi, j'ai chanté différents titres de tous styles. C'est même mon métier de base, j'ai 14 ans de pratique du chant classique (Maitrise de Radio-France, oui Madame!) et j'ai démarré à l'âge de 8 ans, je chantais dans la rue, dans les bals populaires, les bars, les casinos, les soirées.
Pourquoi organiser ta soirée karaoké au Rive Gauche?
Depuis l'arrêt des soirées filles et mon départ de Chez Moune, j'ai reçu beaucoup de demandes de filles au cours de ses différentes soirées pour qu'elle chante à nouveau, mais l'occasion ou la configuration de la salle ne s'y prêtait pas. Désormais, j'officie au Rive gauche en tant qu'organisatrice de soirées, chargée des Relations Publiques et DJ, depuis le mois d'octobre dernier, y insufflant une ambiance conviviale sans équivalent, un sens de la fête explosif, et la valeur de la mémoire (j'ai été la 1ère au Rive gauche, en 10 ans d'existence lesbienne à y organiser une soirée en l'honneur d'Elula Perrin, grande figure du monde de la nuit lesbienne et marrainne du Rive Gauche!), j'ai décidé de rechanter le samedi 19 décembre au Rive Gauche, avec un show Rock pour l'occasion (Shania Twain, K.T Tunstall!).
Que penses-tu de la nuit lesbienne actuelle qui est plus variée que jamais?
La nuit lesbienne est variée car la nuit en générale a changé. Les filles sont très différentes et l'opportunité de créer des rendez-vous lesbiens qui leur correspond est devenu une manne pour beaucoup de gens. Il y a beaucoup de soirées à thèmes pour diversifier les propositions. Les établissements d'ailleurs ont compris ce phénomène et s'engouffrent dans la brèche pour ne pas sombrer dans l'oubli. D'ailleurs, si ces mêmes établissements avaient continuer à maintenir une communication variée et dynamique, il n'y aurait pas eu autant de soirées.
C'est la fermeture du Pulp qui aurait tout déclenché?
Oui, les filles se sont retrouvées abandonnées dans la nuit parisienne, le Rive Gauche ou Chez Moune ne correspondant pas à leur style plutôt électro. Puis Chez Moune a été vendu et une autre style de lesbiennes plus généralistes se sont retrouvées abandonnées à leur tour. Puis Maryse a quitté le Rive Gauche qui a sombré dans l'oubli. Les filles se sont rabattues dans les bars d'ambiance comme le Troisième Lieu ou encore le 3W Kafé qui ont compris l'intérêt de dynamiser leurs lieux avec des DJ's et des thèmes et ont répondu présentes aux soirées de la Womexx, la Primanotte, la Babydoll ou encore de la Samesex (pourtant clairement mixte), soirées toutes adaptées à leurs demandes.
La nuit lesbienne est ainsi devenu une sacrée opportunité financière pour des gens non-professionnels ou peu soucieux du qualitatif... même des hommes se cachant sous des pseudos féminins ont «investi» dans les lesbiennes c'est dire si l'affaire est juteuse! Il devrait d'ailleurs exister une charte de la nuit lesbienne pour qu'on puisse reconnaître une vraie soirée organisée par des femmes pour les femmes (et pas une soirée annoncée lesbienne avec au final une mixité exagérée), de vrais établissements créés par des femmes pour des femmes, qui se donnent du mal pour exister et faire exister une nuit lesbienne qui n'est pas galvaudée.
C'est quoi ta vision de la fête?
Depuis que j'ai quitté Chez Moune, je m'investis dans ce milieu de la nuit lesbienne pour proposer des soirées généralistes aux filles, parce que j'ai une vision conviviale et festive d'une soirée où tous les styles de filles, et tous leurs goûts musicaux peuvent se mélanger.Et ça marche! Du coup, depuis début Octobre que j'organise mes soirées, les deux derniers samedis de chaque mois, le Rive Gauche a retrouvé un second souffle, les filles redécouvrent le lieu sous un angle plus chaleureux et le réinvestissent avec plaisir. Quant à la soirée Womexx aux Caves St Sabin, un samedi par mois, elle n'a jamais été aussi bondée que ces derniers temps. Récemment j'ai eu l'occasion d'organiser quelques soirées au 3W KAFÉ qui ont rempli largement leurs objectifs, et je ne compte pas en rester là. D'autres grands projets sont en préparation pour 2010!












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De Cassandre
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