Jean-Luc Caron: «Je suis choqué de voir Under s'arrêter brutalement»
INTERVIEW. Après six années de succès, le mythique after parisien «Under» se voit contraint de s’arrêter en raison d’une nouvelle loi interdisant aux boîtes de nuit d’ouvrir après 7 heures du matin. Jean-Luc Caron, le promoteur de la soirée, a confié à TÊTU son ras-le-bol.
«Under» est l’after mensuel parisien qui a su rassembler, autour de la house progressive et de la tech trance, un public majoritairement gay venu de Paris, de province et de l’étranger. Au moment où le promoteur Jean-Luc Caron s’apprête à fêter le sixième anniversaire d’«Under», on apprend que cette édition spéciale marquera la fin de cet after mythique. TÊTU l’a rencontré pour connaître les raisons d’une telle décision.
Pourquoi avez-vous décidé d’arrêter «Under»?
Jean-Luc Caron (photo): Les inspecteurs de la brigade mondaine se sont présentés au 1er janvier dernier pour me demander d’arrêter. J’ai tout de même continué jusqu’à la convocation de tous les organisateurs de soirées et patrons de discothèques à Paris à la Préfecture de Police le 23 février. Là, nous avons pris connaissance de la nouvelle loi selon laquelle les discothèques à Paris et en province devaient toutes fermer à 7 heures du matin.
Le Préfet a ajouté qu’il n’y aurait pas de tolérance d’ouverture jusqu’à 9 heures. Je lui ai donc expliqué que «Under» ne rentrait pas dans cette case puisque cet after débutait à 6 heures. Le responsable de la brigade des stups est intervenu à ce moment-là pour dire qu’il ne voulait plus d’afters à Paris puisqu’il savait très bien ce qui s’y passait.
Quelles sont les raisons de cette loi?
À la base, cette loi visait à prévenir les accidents de la route et protéger les jeunes en province qui roulent, avec un taux d’alcoolémie élevé dans le sang, pour changer de département et profiter des horaires d’ouverture plus tardifs. Aujourd’hui, les discothèques ferment toutes à la même heure et ont l’interdiction de servir de l’alcool une heure et demie avant la fermeture.
Pourquoi, selon vous, en est-on arrivé à cette décision extrême?
Le gouvernement aurait demandé à la Préfecture de tout mettre en œuvre pour lutter contre l’augmentation importante de la consommation de drogues en région parisienne.
Vous qui avez l’habitude de mixer à Barcelone et à Cologne, comment voyez-vous évoluer la nuit à Paris?
Au début de notre entretien, le préfet de police a expliqué qu’il voulait que Paris reste la ville lumière, la ville de la nuit. J’avoue que je ne comprends pas vraiment la démarche. Il me semble que le clubbing en général subit de plein fouet la crise. Mais la réputation du clubbing parisien n’est pas la meilleure.
Outre la problématique des prix très élevés pratiqués dans nos établissements et le service qui laisse à désirer, nous manquons cruellement de lieux pour faire la fête à Paris. J’ai l’impression que les touristes gays plébiscitent plutôt les saunas et les cruising bars parisiens.
La situation peut-elle évoluer?
Aujourd’hui, je suis choqué que les choses s’arrêtent brutalement. Par ailleurs, je remarque que le clubber gay parisien se montre très difficile lorsqu’il est chez lui tandis qu’à l’étranger, il est prêt à toutes les concessions. Au final, je trouve que cette loi, très hypocrite au demeurant, puisqu’elle autorise les bars à servir de l’alcool jusqu’à la fermeture tout en interdisant aux discothèques d’ouvrir après 7 heures, devrait être assouplie.
Il faudrait laisser les gens faire la fête et s’amuser à Paris. Croyez-moi, ils savent le faire. Je ne pourrai jamais oublier l’image de ces clubbers qui ne veulent pas quitter la piste même lorsque la musique s’arrête à midi.
Under (6e anniversaire et dernière édition), le dimanche 21 mars, à 6 heures, au Club 79, à Paris (8e arr.). Plus d'infos sur http://fluidparty.com












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De Lucdf
Non d'un chien...il y en a qui sont vraiment motivés. Au bout d'une demie heure passée dans une disco, je commence à mourir d"ennui mais y rester tout la nuit et remettre ca à 7 heures du matin, c'est de l'abnégation.
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De NémoGizmo
mais tous les gens ne "se shootent pas", quel cliché réac. Et ceux qui le font n'attendent pas 7h pou le faire!!
TUER les afters est une aberration totale.
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De Mistermartoon
Tout le monde ne se shoote évidemment pas mais doit-on attendre que les pompiers ramassent des loques à la pelle tout les dimanche matin pour s'attaquer au problème ? La consommation de drogue dure dans les boîtes parisiennes est un vrai problème et la police n'a pas trente-six solutions pour y mettre un terme.
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De NémoGizmo
mais les afters existent depuis des lustres, sans que pompiers ou policiers aient à "ramasser à la pelle" qui que ce soit!
tu as des infos sanitaires ou policières précises qui indiquent autre chose?
il faut bien sûr lutter contre diverses drogues dangereuses (qui nourrissent aussi diverses mafias, groupes armés et intégristes) dans les clubs hétéros comme homos (notamment le GHB, qui peut être délivré à l'insu d'autrui), OUI, mais généraliser à tous les endroits, à toutes les soirées, est stupide.
et les clubbers qui prennent des trucs n'attendent PAS 7h du mat, c'est évident. Cette fermeture généralisée ne résout donc rien. C'est juste de la communication sécuritaire.
je te signale que, contrairement à Londres, le crystal-meth n'a pas pris en France, et c'est heureux.
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De NémoGizmo
@ Nikos92:
mais non, je ne caricature rien ni là ni "souvent", je te défie de démontrer le contraire, je reste sur les mots, les tiens.
employer le mot "shoot", comme tu l'as fais, n'est d'ailleurs pas du tout innocent (tu le sais), car ce terme renvoie aux drogues injectables/dures...
et puis c'est assez grotesque de dire au sujet de clubbing des "lieux bruyants"!! Les boites de nuit sans son, c'est vrai que c'est rare :o))
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De MysteriouScow
Quel manque de culture de votre part !!!
Aller en after c'est un état d'esprit, c'est l'attrait d'une musique, d'un rythme.
Il faut arrêter de penser que la boite de nuit est le seul territoire des dragueurs.
Que les boites ferment, que les soirées s'arrêtent à cause de lois qu'on peut trouver utiles mais qui restent intransigeantes sacrifiant tout sur l'autel de la sécurité routière, c'est un crève coeur !
C'est une partie de notre patrimoine culturel qui s'évanouit dans la nuit !
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De MysteriouScow
Quel manque de culture de votre part !!!
Aller en after c'est un état d'esprit, c'est l'attrait d'une musique, d'un rythme.
Il faut arrêter de penser que la boite de nuit est le seul territoire des dragueurs.
Que les boites ferment, que les soirées s'arrêtent à cause de lois qu'on peut trouver utiles mais qui restent intransigeantes sacrifiant tout sur l'autel de la sécurité routière, c'est un crève coeur !
C'est une partie de notre patrimoine culturel qui s'évanouit dans la nuit !